Alors que la polémique enfle autour de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, finalement levée après un appel du président Donald Trump à Gianni Infantino, l’histoire du football offre un précédent troublant. Selon RMC Sport, un cas similaire s’était produit lors de la Coupe du monde 1962 au Chili, où la star brésilienne Garrincha avait pu disputer la finale après avoir été expulsé en demi-finale.

Dans la nuit de lundi à mardi (2h heure locale), l’attaquant de 22 ans devait purger une suspension automatique pour le huitième de finale opposant les États-Unis à la Belgique à Seattle. Pourtant, la Fifa a annoncé dimanche la levée de cette sanction, invoquant l’article 27 du code disciplinaire. Une décision prise après un échange téléphonique entre Donald Trump et le président de la Fifa, Gianni Infantino. Si cette affaire interroge sur l’influence politique au sein du football mondial, elle n’est pas sans rappeler un épisode historique où la pression diplomatique avait également joué un rôle déterminant.

Ce qu’il faut retenir

  • Suspension de Balogun annulée après un appel de Donald Trump à Gianni Infantino, invoquant l’article 27 du code disciplinaire de la Fifa.
  • L’attaquant américain, expulsé face à la Bosnie-Herzégovine, devait initialement rater le match contre la Belgique.
  • En 1962, Garrincha avait lui aussi bénéficié d’une levée de suspension après des pressions politiques.
  • Le premier ministre brésilien Tancredo Neves avait plaidé la cause de son pays auprès de la Fifa.
  • L’arbitre péruvien de la demi-finale Brésil-Chili n’avait finalement pas déclaré la faute de Garrincha dans son rapport.
  • Le Brésil avait remporté la finale 3-1 face à la Tchécoslovaquie.

Une sanction qui bascule sous la pression politique

L’affaire Balogun s’inscrit dans une logique déjà observée en 1962, lorsque la politique avait interféré avec le cours d’une compétition sportive. Selon RMC Sport, l’attaquant américain devait initialement être suspendu pour son expulsion contre la Bosnie-Herzégovine, entraînant une sanction automatique pour le huitième de finale face à la Belgique. Pourtant, la Fifa a décidé de revenir sur cette décision après un échange téléphonique entre Donald Trump et Gianni Infantino. Une intervention qui rappelle, à plus de six décennies d’écart, un précédent historique.

À l’époque, l’expulsion de Garrincha en demi-finale du Mondial chilien aurait dû le priver de la finale face à la Tchécoslovaquie. Pourtant, sous la pression du premier ministre brésilien Tancredo Neves, la sanction avait été annulée. Une décision qui avait suscité des remous au sein de la Fifa, alors présidée par Sir Stanley Rous.

Garrincha, héros malgré lui d’une affaire aux relents diplomatiques

L’épisode de 1962 illustre comment le football peut devenir un terrain d’affrontements indirects entre nations. Garrincha, alors considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde, avait été expulsé pour une altercation avec un adversaire chilien lors de la demi-finale. Pourtant, après des pressions exercées par le gouvernement brésilien, la Commission de la Fifa avait finalement retenu seulement un avertissement. Dans un article daté du 15 juin 1962, le journal Estadao rapportait que « Garrincha a seulement reçu un avertissement de la Commission de la Fifa, réunie ce matin à 11h pour examiner le cas des joueurs expulsés lors du match Brésil-Chili ».

Sir Stanley Rous, président de la Fifa, avait justifié cette décision en déclarant : « Garrincha n’a reçu qu’un avertissement, car la faute qu’il a commise s’est produite lors d’un duel pour le ballon avec Rojas. » Une explication qui avait suscité des critiques, certains estimant que la décision relevait davantage de la diplomatie que du sport. Le Brésil avait finalement remporté le titre mondial en s’imposant 3-1 en finale, avec Garrincha comme acteur clé.

Football et ingérences politiques : un débat récurrent

L’annulation de la suspension de Balogun soulève une nouvelle fois la question des interférences politiques dans les compétitions sportives. Selon RMC Sport, cette décision pourrait ouvrir la voie à des sanctions contre les États-Unis, si la Fifa estime que la pression exercée par Donald Trump contrevient à son code disciplinaire. Une éventualité qui rappelle les tensions autour de l’influence des États sur les instances internationales.

En 1962, le premier ministre brésilien Tancredo Neves avait utilisé son réseau pour plaider la cause de son pays. Aujourd’hui, c’est un président américain qui intervient directement auprès du président de la Fifa. Deux époques, deux contextes géopolitiques, mais une même logique : le football n’échappe pas aux rapports de force internationaux.

Et maintenant ?

La Fifa doit désormais examiner si l’appel de Donald Trump à Gianni Infantino constitue une ingérence inacceptable. Une décision pourrait être prise dans les prochains jours, avant ou après le match des États-Unis face à la Belgique. Par ailleurs, l’instance pourrait renforcer ses règles pour encadrer les pressions politiques sur les suspensions, afin d’éviter de nouvelles polémiques similaires lors des prochaines éditions.

Quelle que soit l’issue, cette affaire rappelle que le football, souvent perçu comme un sport universel, reste un enjeu de pouvoir. Entre 1962 et 2026, les méthodes ont évolué, mais l’intersection entre diplomatie et compétition sportive persiste.

La suspension de l’attaquant américain a été levée après un appel du président Donald Trump à Gianni Infantino, invoquant l’article 27 du code disciplinaire de la Fifa. Cette décision intervient malgré une expulsion avérée lors du match contre la Bosnie-Herzégovine.

La Fifa pourrait infliger une sanction aux États-Unis si elle estime que la pression politique exercée par Donald Trump contrevient à ses règles. Aucune décision n’a encore été rendue à ce stade.