Alors que les tensions géopolitiques dans le Golfe et la flambée des prix du kérosène faisaient craindre des pénuries cet été, le secteur aérien français peut désormais souffler. « Il n’y aura pas de pénurie pendant la période estivale », a rassuré Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, lors d’une intervention sur RMC ce jeudi 7 mai 2026. Une déclaration qui intervient après des semaines d’incertitudes, notamment liées au blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour l’approvisionnement en hydrocarbures. Selon Le Figaro, cette annonce marque un répit pour les compagnies aériennes et les voyageurs, mais le soulagement reste de courte durée : le secteur craint désormais un « contrecoup » à l’automne, avec des répercussions structurelles sur les coûts et l’offre de vols.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, a confirmé qu’aucune pénurie de carburant n’est à prévoir cet été, malgré les tensions géopolitiques dans le Golfe.
  • Le secteur redoute un « contrecoup » à l’automne, notamment en raison du triplement de la taxe sur les billets d’avion (TSBA), que les acteurs aériens demandent à supprimer.
  • Le prix du kérosène, qui représentait un quart du coût d’un billet il y a encore quelques mois, atteint désormais jusqu’à 40 % du prix, selon Thomas Juin.
  • En 2025, le triplement de la TSBA avait conduit à la suppression d’un million de sièges dans les aéroports français, un scénario que le secteur craint de voir se reproduire.
  • Le gouvernement a réuni les acteurs économiques et énergéticiens le 6 avril 2026 pour trouver des solutions, avec un succès partiel : les approvisionnements en kérosène sont désormais plus diversifiés, grâce à des importations accrues depuis les États-Unis et l’Afrique de l’Ouest.

Un été sans pénurie, mais des coûts en hausse

Les compagnies aériennes françaises et européennes vont pouvoir assurer leurs vols cet été sans crainte de coupures de carburant. « Les approvisionnements sont plus diversifiés depuis le blocage d’Ormuz », a détaillé Thomas Juin auprès du Figaro. Cette diversification, combinée à une hausse des importations en provenance des États-Unis et de l’Afrique de l’Ouest, a permis d’éviter le pire scénario d’une pénurie de kérosène. « Tout le secteur se projette vers un été sans pénurie », s’est-il réjoui. Pourtant, cette accalmie ne signifie pas une baisse des coûts pour les voyageurs. Bien au contraire : le prix du carburant pèse désormais jusqu’à 40 % du tarif d’un billet, contre un quart il y a seulement quelques mois.

Cette flambée des prix du kérosène se répercute directement sur les tarifs proposés par les compagnies. Les réservations restent soutenues, mais les passagers devront s’attendre à des billets plus chers. « Les réservations sont bonnes, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s’annonce structurelle », a prévenu Thomas Juin. Autant dire que l’été sera moins clément pour les portefeuilles que pour le calendrier météorologique.

La taxe sur les billets d’avion, épine dans le pied du secteur

Alors que le carburant pèse lourdement sur les comptes des compagnies, c’est une autre mesure qui inquiète le secteur : le triplement de la taxe sur les billets d’avion (TSBA). Lors d’une réunion avec le gouvernement la veille, les acteurs de l’aérien ont demandé l’annulation de cette hausse, qui avait déjà entraîné la suppression d’un million de sièges dans les aéroports français en 2025. « On s’achemine vers une situation où les compagnies aériennes, fragilisées, seront amenées à faire des arbitrages sévères sur les aéroports français », a expliqué Thomas Juin.

Pour le gouvernement, « ce n’est pas le moment d’aborder ce sujet », selon les propos rapportés par le président de l’Union des aéroports. Pourtant, les professionnels du secteur estiment que cette taxe aggrave une situation déjà tendue. « Tout le secteur sortira très fragilisé de cette crise énergétique. Ce qui est à craindre, c’est qu’on subisse le contrecoup à l’automne », a-t-il insisté. La crainte ? Une nouvelle vague de suppressions de lignes, comme en 2025, lorsque la TSBA avait été triplée. Les compagnies pourraient alors réduire leurs dessertes ou augmenter encore les prix, au risque de décourager une partie de la clientèle.

Des pratiques commerciales contestées et des suppressions de vols limitées pour l’instant

Face à la hausse des coûts, certaines compagnies commencent à adopter des mesures controversées. L’espagnol Volotea a récemment imposé un complément tarifaire à des clients déjà détenteurs de leur billet, une pratique dont la légalité est actuellement en cours de vérification. « Je n’ai pas la réponse », a reconnu Thomas Juin, tout en n’excluant pas que cette initiative fasse des émules. « Cela va dépendre de la vérification de l’administration », a-t-il précisé. Une chose est sûre : si cette tendance se généralise, elle pourrait renforcer la méfiance des voyageurs envers les compagnies aériennes.

Pour l’heure, les suppressions de vols restent marginales. « C’est très contenu », a confirmé le président de l’Union des aéroports. Les compagnies organisent leurs plans de vol plusieurs mois à l’avance, ce qui limite les annonces de dernière minute. Toutefois, si la flambée du kérosène se poursuit, certaines lignes pourraient devenir non rentables. « Les compagnies feront des arbitrages assez sévères », a mis en garde Thomas Juin. Une chose est sûre : l’automne s’annonce comme une période décisive pour le secteur, entre suppressions de lignes et hausse des tarifs.

Et maintenant ?

Le secteur aérien français devra composer avec une équation complexe d’ici la fin de l’année. D’un côté, les approvisionnements en kérosène semblent sécurisés pour l’été, mais de l’autre, la fragilité financière des compagnies et la pression fiscale pourraient pousser à des réductions drastiques d’offre. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de la crise énergétique sur les dessertes et les prix. Une chose est certaine : les voyageurs devraient anticiper leurs réservations, au vu des fluctuations tarifaires actuelles.

Du côté du gouvernement, aucune annonce n’a été faite concernant une éventuelle révision de la TSBA. Les acteurs de l’aérien ont pourtant plaidé leur cause, sans succès pour l’instant. « Ce n’est pas le moment d’aborder ce sujet », leur aurait-on répondu à Bercy. Une position qui laisse planer le doute sur l’évolution des coûts pour les passagers d’ici l’automne.

La hausse du prix du kérosène s’explique principalement par les tensions géopolitiques dans le Golfe, notamment le blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour l’approvisionnement en hydrocarbures. Ces tensions ont perturbé les chaînes d’approvisionnement traditionnelles, forçant les compagnies à se tourner vers des sources plus coûteuses, comme les importations depuis les États-Unis ou l’Afrique de l’Ouest. Résultat : le kérosène représente désormais jusqu’à 40 % du prix d’un billet, contre un quart il y a quelques mois, selon les déclarations de Thomas Juin rapportées par Le Figaro.

En 2025, le triplement de la taxe sur les billets d’avion (TSBA) avait entraîné la suppression d’un million de sièges dans les aéroports français. Les professionnels du secteur craignent un scénario similaire à l’automne 2026, avec des suppressions de lignes et une réduction de l’offre de vols. Thomas Juin a prévenu que les compagnies aériennes, déjà fragilisées par la crise énergétique, pourraient être contraintes de faire des arbitrages sévères, notamment sur les dessertes moins rentables. La mesure pourrait aussi aggraver la hausse des prix des billets pour les passagers.