Depuis plus de deux ans, l'île de Cuba est soumise à des coupures massives récurrentes d'électricité, dont certaines ont affecté l'ensemble de l'île. Selon nos confrères de Le Figaro, une nouvelle interruption sur le réseau national est survenue, touchant les deux tiers du territoire, dont La Havane, après une panne dans le réseau national.
Cette nouvelle panne intervient dans un contexte particulièrement tendu en raison de la crise énergétique aiguë qui touche l'île, mise sous pression par Washington. L'île de 9,6 millions d'habitants subit déjà au quotidien l'impact de l'étranglement énergétique imposé par les États-Unis. La compagnie nationale d'électricité (UNE) a annoncé sur les réseaux sociaux qu'une déconnexion du système national s'est produite dans l'ouest et le centre du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Deux tiers du territoire de Cuba, dont La Havane, sont sans électricité après une nouvelle panne dans le réseau national.
- La panne est due à une sortie inattendue de la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, située dans l'ouest de l'île.
- La population subit des coupures géantes récurrentes et de très longs délestages quotidiens, qui se sont aggravés après la capture en janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro.
- Aucun bateau chargé de pétrole n'est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier, ce qui a forcé les autorités à prendre des mesures drastiques.
Contexte énergétique
Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque fréquent de carburant contribue aussi aux fréquentes coupures. Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son réseau électrique, mais des économistes relèvent cependant le sous-investissement chronique de l'État dans ce secteur.
La disponibilité d'électricité a ainsi baissé de 20% dans le pays par rapport à 2025, année au cours de laquelle Cuba avait à peine satisfait la moitié de ses besoins, selon des chiffres officiels compilés et analysés par l'AFP. Les autorités ont été forcées de prendre des mesures drastiques, telles que la suspension de la vente de diesel, le rationnement de l'essence, la réduction de l'offre de soins dans les hôpitaux, les cours universitaires à distance et le télétravail.
Impact sur la population
La population cubaine subit fortement les conséquences de cette crise énergétique. Les prix du transport privé et des aliments ont connu une forte hausse. Les habitants doivent faire face à des délestages de plus de 15 heures, qui peuvent durer plus d'une journée en province. Alfredo Menéndez, un retraité de 67 ans, a déclaré à l'AFP : « Je ne veux même pas y penser, c'est comme ça qu'on vit, dans l'incertitude ».
Beatriz Barrios, une habitante de La Havane de 47 ans, a exprimé son inquiétude pour « les familles nombreuses, qui ont des enfants ou des personnes âgées malades ». Elle a souligné que « c'est une situation vraiment pénible et compliquée pour réussir à conserver la nourriture ».
Reactions et perspectives
La Havane accuse le président américain Donald Trump de vouloir « asphyxier » l'économie de l'île, sous embargo américain depuis 1962 et qui a subi ces dernières années un renforcement des sanctions américaines. Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine.
La communauté internationale reste attentive à la situation à Cuba, et les réactions des différents acteurs seront à suivre dans les prochains jours.
