Depuis le 19 juin 2026, les entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et notamment celles de Lyon Métropole, disposent d’un nouvel outil pour faire face à la montée des cybermenaces. Selon Le Figaro, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne a lancé le premier dispositif régional de cyberassistance, en collaboration avec Orange Cyberdéfense et sous l’égide de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Ce service inédit en Auvergne-Rhône-Alpes s’appuie sur une ligne d’urgence accessible 24h/24 et 7j/7 au 04 72 40 56 56. Il vise à accompagner les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, confrontées à des cyberattaques telles que les rançongiciels ou les tentatives de phishing. Une initiative qui intervient dans un contexte où la cybercriminalité touche de plus en plus les structures de taille modeste, souvent moins armées pour y faire face.

Ce qu'il faut retenir

  • La CCI de Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne et Orange Cyberdéfense lancent un dispositif régional de cyberassistance, le premier du genre en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Une ligne d’urgence 24h/24 (04 72 40 56 56) est mise à disposition de toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
  • Le service couvre les attaques par rançongiciels, phishing et piratage, avec un premier niveau d’intervention assuré par la CCI et un accompagnement plus poussé par Orange Cyberdéfense si nécessaire.
  • En 2025, la France a enregistré 453 200 atteintes numériques, soit une hausse de 87 % en cinq ans, selon le dernier rapport sur la cybercriminalité.
  • Les PME, TPE et ETI représentaient 37 % des attaques par rançongiciels en 2025, soulignant leur vulnérabilité croissante.

Un besoin criant pour les entreprises face à l’explosion des attaques

La création de cette ligne d’urgence répond à un besoin pressant des chefs d’entreprise de la région. Selon Le Figaro, le phishing a été multiplié par cinq depuis 2022, touchant désormais toutes les tailles d’entreprises. « Aujourd’hui, la cybersécurité ne concerne plus uniquement les grandes entreprises. Les PME sont en première ligne, notamment face au phishing », a déclaré Gérard Vallet, directeur régional d’Orange Cyberdéfense.

L’expérience de Gérald Ferraro, dirigeant de la société Solware, illustre cette vulnérabilité. En 2021, son entreprise a subi une cyberattaque russe via un rançongiciel. Bien que Solware ait réussi à surmonter l’incident grâce à des protocoles internes, il souligne l’absence d’un soutien public à l’époque : « Quand ce genre de chose arrive, on est livrés à nous-mêmes. D’où l’utilité d’avoir un centre public qui prend les premiers appels et qui, quelque part, rassure les dirigeants. Dans ces moments, ce dont on a besoin, c’est de savoir quelles actions mettre en place rapidement lors des deux premiers jours. »

Un dispositif en deux niveaux pour une réponse adaptée

Lorsqu’un incident est signalé au numéro d’urgence, la CCI assure un premier niveau d’intervention : qualification de l’alerte, diagnostic initial, recueil des informations essentielles et accompagnement au dépôt de plainte. Si la situation l’exige, Orange Cyberdéfense prend le relais pour une analyse approfondie des incidents les plus complexes. Une fois l’incident maîtrisé, la CCI clôt le dossier et oriente l’entreprise vers des prestataires spécialisés, des démarches assurantielles ou juridiques, ou encore vers des recommandations de protection préventive.

« Il ne faudrait pas que, parce que ce numéro de cyberassistance existe, les gens se disent qu’ils n’ont pas besoin de se protéger en amont parce que quelqu’un va s’occuper d’eux au téléphone s’ils sont attaqués », met en garde Gérald Ferraro, soulignant l’importance de la prévention. Chaque jour, 3,5 milliards de mails de phishing circulent dans le monde, selon les dernières données disponibles. En France, ces attaques ont paralysé près de 350 000 entreprises en 2023.

Une menace en constante augmentation

Les chiffres récents confirment l’ampleur du phénomène. Selon le dernier rapport annuel sur la cybercriminalité, 453 200 atteintes numériques ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de 87 % en cinq ans. Parmi les cibles privilégiées, les PME, TPE et ETI représentent 37 % des attaques par rançongiciels l’an dernier. Par ailleurs, 100 700 personnes physiques ont été mises en cause pour des atteintes numériques, témoignant de la structuration croissante de cette menace.

Dans ce contexte, le lancement de cette ligne d’urgence s’inscrit comme une réponse concrète à une problématique qui touche désormais l’ensemble du tissu économique régional. « Les PME sont en première ligne, et ce dispositif vient combler un vide », souligne Gérard Vallet. Pourtant, malgré cette avancée, les experts rappellent que la vigilance doit rester de mise. La cybercriminalité, de plus en plus sophistiquée, nécessite une approche à la fois réactive et préventive.

Et maintenant ?

Pour l’heure, le dispositif est opérationnel, mais son efficacité dépendra de son appropriation par les entreprises. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer son impact réel sur le terrain. La CCI et Orange Cyberdéfense prévoient de réaliser un bilan d’étape d’ici la fin de l’année 2026, afin d’ajuster si nécessaire le dispositif. Par ailleurs, d’autres régions pourraient s’inspirer de cette initiative, alors que la cybermenace continue de s’étendre sur l’ensemble du territoire national.

Alors que les attaques se multiplient et que les techniques des cybercriminels gagnent en complexité, cette ligne d’urgence représente une avancée notable pour les entreprises régionales. Reste à savoir si ce modèle pourra essaimer au-delà des frontières de l’Auvergne-Rhône-Alpes, ou si d’autres régions suivront l’exemple lyonnais dans les mois à venir.

La ligne d’urgence prend en charge les attaques par rançongiciels, les tentatives de phishing, les piratages de systèmes informatiques et toute autre forme d’atteinte numérique signalée par les entreprises. Le dispositif couvre l’ensemble des incidents relevant de la cybercriminalité, avec une priorité donnée aux situations les plus urgentes.