Le jury du Festival international de la marmelade a désigné, ce samedi 9 mai 2026, le Britannique David Hinkins comme vainqueur de l’édition annuelle organisée dans un manoir du XVIIe siècle du nord de l’Angleterre. Une consécration attendue depuis plus d’une décennie pour cet amateur de la spécialité anglaise, qui a su imposer sa recette innovante mêlant oranges amères, citrons et une touche de fruits de la passion. Selon Franceinfo - Culture, la compétition a réuni cette année plus de 3 000 pots de marmelade en provenance de tous les continents, avant que le jury ne décerne le titre suprême à Hinkins, après avoir goûté et départagé 2 500 préparations.

Ce qu'il faut retenir

  • David Hinkins, un Anglais passionné, a remporté le titre de « roi de la marmelade 2026 » après onze ans de participation et de perfectionnement de sa recette.
  • Le festival, qui se tient chaque année dans un manoir du XVIIe siècle en Angleterre, a accueilli plus de 3 000 pots de marmelade en provenance de tous les continents.
  • Le jury, composé d’experts intransigeants, a dû départager 2 500 échantillons avant de désigner le vainqueur.
  • La recette gagnante de Hinkins intègre une innovation : une touche de fruits de la passion, tout en conservant la texture gélatineuse traditionnelle de la marmelade.
  • La tenante du titre 2025, une Japonaise, n’a pas conservé son titre, illustrant la compétitivité croissante des participants internationaux.

Un festival ancré dans la tradition britannique, mais ouvert au monde

Chaque printemps, le nord de l’Angleterre devient la capitale mondiale de la marmelade. Dans un manoir du XVIIe siècle, transformé pour l’occasion en temple de la douceur, se tient le Festival international de la marmelade. Une manifestation où se pressent des milliers de visiteurs, venus célébrer une spécialité que les Britanniques considèrent comme un pilier de leur identité. « C’est la quintessence de l’identité anglaise. Il faut de la marmelade sur des toasts », s’enthousiasme une festivalière citée par Franceinfo - Culture. « C’est le grand prix de la marmelade, après tout », sourit un autre visiteur.

« Un bon exemple de l’extravagance britannique »,
résume avec humour une jeune femme présente sur les lieux.

Si la marmelade est indissociable de la culture britannique, le festival n’en est pas moins un événement résolument international. Des compétiteurs venus du Japon, où les agrumes locaux sont réputés pour leur saveur, jusqu’aux États-Unis ou à l’Australie, tous s’affrontent dans cette compétition où la tradition se mêle à l’innovation. Un participant japonais n’hésite pas à lancer, mi-taquin mi-sérieux : « Les Japonais sont les meilleurs. Au Japon, nous avons plein d’excellents agrumes locaux, très savoureux. » Une rivalité amicale qui illustre l’attrait mondial pour cette spécialité, tout en rappelant que la marmelade reste un symbole fort de l’Angleterre.

David Hinkins, onze ans de patience pour une victoire historique

Dans l’ombre de ce festival, David Hinkins, un Anglais passionné, peaufinait depuis onze ans une recette de marmelade qu’il espérait enfin couronner. Son secret ? Un équilibre subtil entre oranges amères, citrons pour apporter du parfum et de l’acidité, et une touche inédite de fruits de la passion. « Les citrons vont apporter du parfum, de l’acidité. C’est un équilibre délicat à trouver quand on veut gagner », explique-t-il à Franceinfo - Culture. Son épouse, Angie, a joué un rôle clé dans ce parcours : c’est elle qui a goûté inlassablement chaque essai, au point de ne plus pouvoir partager ses créations avec sa sœur et sa nièce, peu amateurs de marmelade.

Pour ce concours 2026, Hinkins a misé sur l’innovation tout en respectant les codes traditionnels. « Il faut conserver la texture gélatineuse qui distingue la marmelade d’une simple confiture », précise-t-il. Une démarche qui a convaincu le jury, composé de juges expérimentés et exigeants. Parmi eux, Doreen Cameron, juge en chef, avoue avec humour : « Certains juges disent qu’ils ne peuvent goûter que 50 pots, car après, ils font une overdose de sucre. Moi, je n’ai jamais pensé à ça. » Dan Lepard, membre du jury, rappelle quant à lui l’importance de leur mission : « Nous sommes les gardiens de la tradition britannique. Dans 20 ans, les gens seront très reconnaissants qu’on ait été si attentifs. »

Une compétition où la rigueur le dispute à la passion

Le jour des résultats, David Hinkins porte sa plus belle veste en tweed, un sourire nerveux aux lèvres. « Je suis impatient, mais aussi nerveux », confie-t-il avant l’annonce. Chaque pot de marmelade est scruté, analysé, goûté avec une précision chirurgicale par un jury composé d’experts. En 2026, ce sont 2 500 pots qui ont été départagés, un nombre qui illustre l’ampleur de l’événement. La tenante du titre en 2025, une Japonaise, n’a pas conservé son titre, confirmant la compétitivité accrue des participants internationaux et la difficulté à conserver une victoire d’une année sur l’autre.

Derrière chaque pot se cache des mois, voire des années de travail. Pour Hinkins, cette victoire est l’aboutissement d’un rêve. « Ça faisait si longtemps que j’attendais ça. Il faut que je me trouve une nouvelle passion », déclare-t-il, émouvant, après avoir reçu son trophée. Une phrase qui résume à elle seule l’engagement et la persévérance nécessaires pour s’imposer dans ce festival où la marmelade n’est pas qu’un simple produit, mais une véritable œuvre d’art culinaire.

Et maintenant ?

Si David Hinkins savoure sa victoire, l’avenir du Festival international de la marmelade pourrait bien être marqué par une augmentation de la participation internationale. Les organisateurs pourraient également introduire de nouvelles catégories, comme une récompense pour l’innovation ou la meilleure recette originale, afin de refléter l’évolution des pratiques tout en préservant l’esprit traditionnel de la compétition. Une chose est sûre : en Angleterre, la marmelade reste une affaire sérieuse, et la prochaine édition, prévue pour mai 2027, promet déjà d’être encore plus compétitive.

Alors que le manoir du XVIIe siècle retrouve son calme après l’effervescence du festival, une question se pose : combien de temps faudra-t-il à David Hinkins pour se remettre de cette victoire et trouver une nouvelle passion ? Une chose est certaine, son nom restera à jamais gravé dans l’histoire de ce festival emblématique.

La marmelade se caractérise par l’utilisation d’agrumes entiers (ou en morceaux), incluant la peau, qui apporte une texture gélatineuse et un goût amer caractéristique. Contrairement à la confiture, qui est généralement fabriquée à partir de fruits mixés ou en morceaux dans un sirop, la marmelade doit sa texture à la pectine naturelle des écorces d’agrumes. Elle se distingue également par un équilibre entre douceur et amertume, souvent moins sucrée qu’une confiture traditionnelle.