Pour la déclaration des revenus 2026, les contribuables utilisant leur véhicule personnel pour se rendre au travail disposent d’un outil clé : le barème kilométrique. Ce dispositif permet de déduire les frais réels liés à l’usage professionnel d’un véhicule, une option particulièrement intéressante dans un contexte de prix élevés du carburant. Selon Capital, cette solution peut réduire significativement le montant de l’impôt à payer, à condition de bien en maîtriser les règles.
Ce qu'il faut retenir
- Le barème kilométrique 2026 reste identique à celui de 2025, sans revalorisation.
- Pour une voiture de 7 CV et plus, la déduction atteint 0,697 €/km jusqu’à 5 000 km parcourus.
- Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % sur ces montants.
- Les trajets domicile-travail sont déductibles, mais plafonnés à 40 km en principe, sauf justification.
- Opter pour les frais réels plutôt que le forfait de 10 % peut être plus avantageux, mais nécessite des justificatifs détaillés.
Deux options s’offrent aux contribuables pour déclarer leurs frais de transport
Par défaut, l’administration fiscale applique une déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires, censée couvrir les dépenses professionnelles courantes. Aucune démarche n’est requise pour bénéficier de ce dispositif. Cependant, cette solution n’est pas toujours la plus avantageuse, notamment pour les salariés effectuant de longs trajets ou supportant des frais élevés. Selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), les contribuables ont la possibilité de renoncer à ce forfait pour déclarer leurs frais réels : « Les contribuables peuvent renoncer à cette déduction forfaitaire pour déduire leurs frais réels », rappelle l’administration.
Cette alternative implique de détailler l’ensemble des dépenses liées à l’usage professionnel du véhicule : carburant, entretien, réparation, assurance, dépréciation, etc. Une option qui peut s’avérer pertinente pour les gros rouleurs ou les propriétaires de véhicules coûteux à l’usage. Mais attention, cette démarche est plus contraignante : chaque dépense doit être justifiée par des factures, tickets ou relevés, sous peine de redressement en cas de contrôle.
Les règles spécifiques pour les trajets domicile-travail
Les trajets effectués entre le domicile et le lieu de travail sont éligibles à la déduction, mais sous certaines conditions. Selon la DGFiP, trois cas de figure se présentent : si la distance entre les deux points est inférieure ou égale à 40 km (80 km aller-retour), l’intégralité du trajet est prise en compte. Au-delà, la distance est en principe plafonnée, sauf si le contribuable peut justifier cet éloignement par des contraintes professionnelles ou une situation familiale particulière. Dans ce cas, « l’intégralité de la distance peut être retenue si elle est justifiée par des circonstances particulières », précise l’administration, qui exige alors une note explicative jointe à la déclaration.
Ces règles s’appliquent également aux deux-roues motorisés, avec des barèmes spécifiques. Pour un scooter ou une moto de 1 à 2 CV, la déduction est de 0,395 €/km jusqu’à 3 000 km, puis dégressive au-delà. Pour les modèles plus puissants (plus de 5 CV), le taux atteint 0,606 €/km sur la même tranche de kilomètres.
Un barème inchangé en 2026, mais majoré pour les véhicules électriques
Contrairement à d’autres dispositifs fiscaux, le barème kilométrique n’a pas été revalorisé pour l’année 2026. Les montants restent donc identiques à ceux de 2025. Pour les voitures thermiques, le calcul dépend de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus. Par exemple, une voiture de 3 CV et moins permet une déduction de 0,529 €/km jusqu’à 5 000 km, tandis qu’un véhicule de 5 CV bénéficie d’un taux de 0,636 €/km sur la même distance.
En revanche, les propriétaires de véhicules électriques voient leur barème majoré de 20 %. Ainsi, une voiture électrique de 4 CV permet une déduction de 0,727 €/km jusqu’à 5 000 km, contre 0,606 €/km pour un modèle thermique équivalent. La DGFiP précise que « les frais liés à la recharge et à la batterie sont déjà intégrés dans le calcul ».
Des dépenses complémentaires peuvent être ajoutées au barème kilométrique
Le barème kilométrique couvre déjà une large partie des frais liés à l’usage d’un véhicule : carburant, entretien, assurance, usure, etc. Mais certains contribuables peuvent ajouter d’autres dépenses pour augmenter le montant total déductible. C’est notamment le cas des intérêts d’emprunt liés à l’achat du véhicule à crédit, à condition de ne retenir que la part correspondant à l’usage professionnel. Les frais de péage pour les trajets domicile-travail ou les déplacements professionnels, ainsi que les frais de stationnement (parkings, parcmètres, abonnements), sont également éligibles.
Cependant, ces dépenses doivent être strictement justifiées. « L’utilisation du barème kilométrique ne dispense pas d’apporter des justificatifs », insiste la DGFiP. En cas de contrôle, l’administration peut exiger des factures, tickets ou relevés détaillant le kilométrage. Une vigilance indispensable pour éviter tout redressement fiscal.
Frais réels vs barème kilométrique : quel choix faire ?
Opter pour les frais réels plutôt que le barème kilométrique peut être intéressant si les dépenses professionnelles sont particulièrement élevées. Cette option permet de déduire poste par poste : carburant, entretien, réparations, assurance, dépréciation du véhicule, etc. Cependant, elle implique une gestion rigoureuse des justificatifs et une distinction claire entre usage professionnel et personnel. « Ces frais sont plafonnés au montant admis en déduction par le barème kilométrique », rappelle l’administration fiscale. Autrement dit, même en optant pour les frais réels, le contribuable ne peut pas dépasser le montant calculé avec le barème.
En pratique, le barème kilométrique reste donc une solution simple et sécurisée pour la majorité des contribuables. Le recours aux frais réels, plus complexe, est surtout pertinent dans des situations spécifiques, comme pour les très gros rouleurs ou les propriétaires de véhicules coûteux à l’usage. Pour les autres, le barème offre un équilibre entre simplicité et optimisation fiscale.
Pour rappel, les contribuables ont jusqu’au 15 juin 2026 (pour les départements 01 à 19 et 55 à 974/976) pour déposer leur déclaration en ligne. Les autres départements bénéficient d’un délai supplémentaire jusqu’au 30 juin 2026.
Non, le barème kilométrique ne peut pas être cumulé avec d’autres dispositifs fiscaux liés aux frais de transport, comme le forfait mobilités durables. Il s’agit d’une option exclusive : soit vous utilisez le barème kilométrique, soit vous déclarez vos frais réels, soit vous bénéficiez du forfait de 10 %.