Des chercheurs viennent de mettre en évidence un phénomène météorologique des plus surprenants sur une exoplanète située à plus de 2 000 années-lumière de la Terre. Selon Franceinfo - Sciences, des nuages composés de particules de pierre, et non d’eau ou de glace, ont été détectés pour la première fois sur une planète en dehors de notre système solaire.
Ce qu'il faut retenir
- Des nuages de pierres ont été observés sur l’exoplanète WASP-178b, située à 1 300 années-lumière de la Terre.
- Cette planète, classée parmi les « Jupiter chauds », présente des températures extrêmes dépassant 1 700 °C.
- Les scientifiques ont identifié la présence de monoxyde de silicium dans son atmosphère, composant principal de ces nuages rocheux.
- Les observations ont été réalisées grâce au télescope spatial Hubble.
Une planète aux conditions extrêmes
WASP-178b, découverte en 2015, est une géante gazeuse comparable à Jupiter mais en orbite extrêmement proche de son étoile. Autant dire que les conditions y sont infernales. Selon les données recueillies, la température à sa surface dépasse les 1 700 °C, une fournaise où même les métaux se vaporisent. « Sur Terre, nous avons des nuages composés d’eau, mais sur WASP-178b, le ciel est littéralement rempli de roches vaporisées », a expliqué Josh Lothringer, astronome à l’Université d’Utah Valley et auteur principal de l’étude, dans un communiqué diffusé par Franceinfo - Sciences.
Les chercheurs ont utilisé le spectrographe du télescope Hubble pour analyser la composition de son atmosphère. Leurs observations ont révélé la présence de monoxyde de silicium, un composé chimique qui, en se condensant, forme des nuages de minuscules particules de pierre. Ce phénomène, jamais observé auparavant, ouvre une nouvelle perspective sur la diversité des conditions atmosphériques possibles dans l’univers.
Un cycle météorologique inédit
Sur WASP-178b, le cycle météorologique est radicalement différent de tout ce qui existe dans notre système solaire. En raison des températures extrêmes, les roches en fusion s’évaporent du côté jour de la planète, où il fait jour en permanence. Elles sont ensuite transportées par des vents violents vers la face nocturne, où elles se recondensent en nuages de pierres avant de retomber sous forme de « pluie de roches ».
Ce processus, décrit par les astronomes comme un « cycle de roches », est rendu possible par l’absence de surface solide sur cette géante gazeuse. « La face nocturne de WASP-178b pourrait être le théâtre d’un spectacle spectaculaire, avec des pluies de pierres en fusion », a précisé Josh Lothringer. Ces conditions, bien que hostiles à toute forme de vie connue, offrent aux scientifiques un terrain d’étude unique pour comprendre les mécanismes atmosphériques des exoplanètes.
Une avancée pour l’astrophysique
Cette découverte, publiée dans la revue scientifique Nature, marque une étape importante dans l’étude des exoplanètes. Jusqu’à présent, les astronomes avaient principalement détecté des atmosphères riches en hydrogène, en hélium ou en vapeur d’eau. La présence de nuages de pierres, comme sur WASP-178b, élargit considérablement le spectre des compositions atmosphériques possibles dans l’univers.
« WASP-178b est un exemple extrême de ce que peut être une atmosphère d’exoplanète », a souligné Josh Lothringer. Cette étude pourrait ainsi servir de référence pour analyser d’autres Jupiter chauds et affiner les modèles théoriques des atmosphères planétaires.
Non, les scientifiques n’ont pas observé de précipitations de pierres au sens strict. Les particules de pierre se recondensent en nuages et pourraient retomber sous forme de fines particules, mais il ne s’agit pas d’une pluie au sens terrestre du terme.