Près de 400 kilomètres au-dessus de la Terre, deux astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) s’apprêtent à réaliser une sortie extravéhiculaire de six heures et demie, ce mardi 8 juillet 2026. Selon Franceinfo - Sciences, la mission consistera à remplacer une pièce défectueuse sur le bras robotisé Canadarm2, un équipement essentiel pour les opérations de maintenance et de manipulation d’objets en orbite.

Ce qu'il faut retenir

  • Une sortie extravéhiculaire de 6h30 est prévue pour remplacer un joint d’articulation du bras Canadarm2, pesant plus de 90 kg sur Terre.
  • Les astronautes Jessica Meir et Chris Williams, tous deux américains, sont désignés pour cette opération.
  • La pièce défectueuse a été identifiée fin mai lors d’une inspection de routine, révélant une faiblesse au niveau du poignet du bras.
  • Le bras Canadarm2, long de 17 mètres, est un élément clé pour les activités de l’ISS, utilisé pour capturer des vaisseaux cargo ou assister les astronautes lors de leurs sorties.
  • L’équipage, dont fait partie la Française Sophie Adenot, assurera le soutien logistique et la sécurité depuis l’intérieur de la station.

La sortie extravéhiculaire, ou EVA (ExtraVehicular Activity), est programmée pour remplacer un joint d’articulation au niveau du poignet du bras robotisé Canadarm2. Selon les informations communiquées par la Nasa, ce joint présentait des signes de faiblesse lors d’une inspection de routine menée fin mai. « On s’est rendu compte que le bras ne bougeait pas comme d’habitude », a expliqué Bill Spetch, l’un des responsables de la maintenance à la Nasa, cité par Franceinfo - Sciences.

Le bras Canadarm2, long de 17 mètres, est un équipement crucial pour les opérations de l’ISS. Il permet notamment de capturer et d’amarrer les vaisseaux cargo, ainsi que d’assister les astronautes lors de leurs sorties extravéhiculaires. La pièce à remplacer, d’un poids supérieur à 90 kg sur Terre, est cependant disponible en double à bord de la station. Cette opération de maintenance, bien que technique, s’annonce physique et chronophage : les deux astronautes devront démonter l’articulation, extraire la pièce défectueuse et installer son remplacement, le tout en apesanteur et dans un scaphandre rigide.

Une mission technique et physique sous haute surveillance

Les astronautes Jessica Meir et Chris Williams, tous deux issus de la promotion 2013 de la Nasa, ont été sélectionnés pour cette sortie extravéhiculaire. Leur mission débutera par une phase d’habillage, longue et minutieuse, pour enfiler leur combinaison pressurisée. Une fois sortis, ils devront manipuler avec précision le bras articulé, en coordination avec l’équipe restée à l’intérieur de l’ISS. Sophie Adenot, astronaute française de l’Agence spatiale européenne (ESA), fera partie de l’équipage de soutien. Elle sera chargée de piloter le bras robotisé Canadarm2 et d’assurer la sécurité des deux réparateurs.

La durée prévue pour cette EVA dépasse les six heures, un délai standard pour ce type d’intervention. Les astronautes devront notamment démonter l’articulation défectueuse, une opération complexe en raison de la rigidité des scaphandres et de la précision requise. Une fois la pièce remplacée, ils procéderont aux vérifications nécessaires pour s’assurer que le bras robotisé retrouve une mobilité optimale. « Le travail s’annonce long et fatiguant », a souligné Bill Spetch, rappelant que chaque geste doit être calculé pour éviter tout risque de blessure ou de dommage matériel.

Un bras robotisé sous haute tension

Le bras Canadarm2, construit par l’Agence spatiale canadienne (ASC) et livré à l’ISS en 2001, est l’un des équipements les plus sollicités de la station. Il a déjà subi plusieurs réparations par le passé, notamment pour remplacer des actionneurs ou des capteurs défaillants. Sa mobilité est essentielle non seulement pour les opérations de maintenance, mais aussi pour les missions scientifiques et logistiques. Sans lui, l’ISS perdrait une grande partie de son autonomie opérationnelle.

Les responsables de la Nasa ont indiqué que cette panne, bien que gênante, ne mettait pas en péril la sécurité de l’équipage ni les missions en cours. Cependant, une réparation rapide s’imposait pour éviter une dégradation plus importante du système. La pièce de rechange, déjà présente à bord, a été conçue pour être interchangeable sans nécessiter d’outillage spécialisé. Une fois la réparation effectuée, le bras robotisé sera soumis à une série de tests pour valider son bon fonctionnement avant sa réutilisation.

Et maintenant ?

Si la réparation se déroule comme prévu, le bras Canadarm2 devrait retrouver une pleine fonctionnalité d’ici la fin de la semaine. Les responsables de la Nasa ont indiqué qu’une inspection approfondie serait menée dans les jours suivants pour s’assurer qu’aucun autre composant n’est affecté. Cette sortie extravéhiculaire s’inscrit dans le cadre d’une série de missions de maintenance prévues pour maintenir l’ISS en état de fonctionnement jusqu’à la fin de sa durée de vie opérationnelle, actuellement prévue pour 2030.

Cette opération rappelle l’importance des sorties extravéhiculaires, devenues presque routinières pour les équipages de l’ISS, mais toujours aussi exigeantes en termes de préparation et d’exécution. Elle met également en lumière le rôle clé joué par les bras robotisés dans les missions spatiales, un équipement dont la fiabilité est indispensable au bon déroulement des activités en orbite.

Reste à savoir si cette réparation permettra d’éviter d’autres interventions dans les mois à venir. Le vieillissement des équipements de l’ISS, certains en service depuis plus de vingt ans, pose en effet des défis croissants pour les agences spatiales. Une question se pose désormais : quelles seront les prochaines pièces à remplacer, et dans quel délai ?