Les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord de suspension mutuelle de leurs attaques militaires, malgré des échanges de frappes ces derniers jours qui avaient mis à mal leur fragile cessez-le-feu signé le 17 juin. Selon Le Figaro, cette trêve temporaire doit permettre la reprise de pourparlers techniques et une rencontre officielle prévue mardi au Qatar, dans un contexte où le contrôle du détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions.
Ce qu'il faut retenir
- Suspension des attaques : Les États-Unis et l’Iran ont accepté de cesser « pour le moment » leurs opérations militaires, selon un haut responsable américain cité par Axios.
- Négociations prévues mardi au Qatar : Une rencontre officielle est organisée pour discuter des différends persistants, notamment la gestion du détroit d’Ormuz.
- Reprise des pourparlers techniques : Les discussions doivent se poursuivre sur tous les points du protocole d’accord du 17 juin, avec une liberté de circulation des navires dans le détroit.
- Nouvelle hausse des prix du pétrole : Le baril de Brent a progressé de 0,51 % dimanche, tandis que le WTI a augmenté de 1 %, après une journée de volatilité liée aux tensions.
- Accord-cadre au Liban contesté : Le chef du Parlement libanais, Nabih Berri, a rejeté l’accord-cadre signé vendredi avec Israël, jugé défavorable aux intérêts du Liban.
Une trêve fragile après des semaines d’escalade
Les États-Unis et l’Iran avaient échangé des frappes depuis samedi, s’accusant mutuellement de violations de leur cessez-le-feu du 17 juin. Selon Le Figaro, l’aviation américaine a visé dix cibles stratégiques en Iran, dont des infrastructures militaires, des systèmes de communication et des installations de drones, en représailles à une attaque par drone contre un pétrolier battant pavillon panaméen. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont riposté en lançant des missiles et des drones vers le Koweït et Bahreïn dimanche à l’aube.
Ces hostilités surviennent alors que le protocole d’accord du 17 juin avait rouvert le détroit d’Ormuz, mais sous conditions : l’Iran n’autorise qu’un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de cibler tout navire ne respectant pas cette restriction. « Nous avons décidé d’arrêter toutes les activités cinétiques », a déclaré un haut responsable américain à Axios, employant le terme militaire pour désigner les frappes.
Une rencontre au Qatar pour désamorcer les tensions
Malgré les récents échanges de tirs, les deux pays ont confirmé leur intention de poursuivre les négociations. Selon un responsable américain cité par l’AFP, « les discussions techniques continueront sur tous les points du protocole d’accord ». Une troisième source a confirmé à Axios que les représentants iraniens et américains se retrouveront mardi au Qatar pour tenter de résoudre leurs différends.
Un deuxième responsable américain a précisé que la suspension des attaques permettrait « aux navires de circuler librement » dans le détroit d’Ormuz et ses environs, une mesure saluée par les marchés pétroliers. Le baril de WTI nord-américain a ainsi progressé de 1 %, atteignant 69,92 dollars, tandis que le Brent a gagné 0,51 %, s’établissant à 72,36 dollars dimanche en fin de journée.
Le Liban et Israël : un autre front sous haute tension
Parallèlement aux tensions entre Washington et Téhéran, la situation reste explosive au Liban. L’armée israélienne a détruit un tunnel construit par le Hezbollah dans le sud du pays, selon un communiqué conjoint du Premier ministre Benyamin Netanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz. Le mouvement chiite pro-iranien a réagi en affirmant se réserver « le droit de défendre sa patrie » après ces frappes, malgré un accord-cadre signé vendredi sous l’égide des États-Unis pour une « paix durable » avec Israël.
Le chef du Parlement libanais, Nabih Berri, allié au Hezbollah, a cependant rejeté cet accord. « Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en œuvre dans sa forme actuelle », a-t-il déclaré dans un communiqué, dénonçant un texte imposé et défavorable aux intérêts libanais. Signé vendredi à Washington, cet accord prévoyait notamment le désarmement du Hezbollah, une condition inacceptable pour le mouvement et ses soutiens.
Un contexte économique sous pression
La suspension temporaire des hostilités a permis de modérer la hausse des cours du pétrole, après un rebond marqué en début de semaine. Les marchés asiatiques, en particulier, ont réagi à l’apaisement relatif des tensions. À Tokyo, le Nikkei a perdu 0,70 %, tandis que le Topix est resté stable. À Séoul, le Kospi a reculé de 1,38 %, les investisseurs restant prudents face aux incertitudes persistantes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a, pour sa part, appelé à la mise en place d’un cadre de sécurité régional avec les pays du Golfe, après les frappes iraniennes contre des bases américaines dans le Golfe. Ces attaques étaient une réponse aux bombardements américains en Iran, illustrant la complexité des dynamiques en jeu dans la région.
Dans ce contexte, la communauté internationale observe avec attention l’évolution des pourparlers. La question de la levée des restrictions imposées par l’Iran sur le détroit d’Ormuz et celle du désarmement du Hezbollah figurent parmi les points les plus sensibles. Reste à voir si les parties parviendront à transformer cette trêve temporaire en un cadre stable, évitant ainsi une nouvelle escalade.
Le détroit d’Ormuz est une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole : environ 20 % du pétrole mondial transite par ce passage. Son contrôle est donc un enjeu majeur pour les pays de la région, notamment l’Iran et les États-Unis. L’accord du 17 juin avait rouvert le détroit, mais sous conditions strictes imposées par Téhéran, ce qui a ravivé les tensions.