Deux ressortissantes australiennes, une mère et sa fille, viennent d’être inculpées pour « détention sciemment d’une esclave » alors qu’elles vivaient sous l’autorité du groupe État islamique (EI) en Syrie. Selon Ouest France, ces accusations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour crimes contre l’humanité, révélant ainsi l’un des aspects les plus sombres de l’endoctrinement et de la radicalisation au sein du califat autoproclamé.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux Australiennes, une mère et sa fille, sont inculpées pour avoir détenu une esclave alors qu’elles vivaient sous le régime de l’EI en Syrie.
  • Les faits remontent à leur séjour dans un camp syrien contrôlé par le groupe terroriste entre 2014 et 2019.
  • Elles sont poursuivies pour crimes contre l’humanité, un chef d’accusation grave qui pourrait entraîner une peine de prison à perpétuité.
  • Cette affaire illustre la participation active de certains Occidentaux au système esclavagiste mis en place par l’EI.

Les deux femmes, dont les noms n’ont pas été divulgués, ont été interpellées à leur retour en Australie après avoir fui les zones contrôlées par l’EI. D’après Ouest France, l’enquête a révélé qu’elles avaient « sciemment détenu une personne réduite en esclavage » entre 2017 et 2019, période durant laquelle le califat était à son apogée territorial. Les autorités judiciaires australiennes ont confirmé l’ouverture d’une procédure judiciaire, bien que le lieu exact du procès n’ait pas encore été précisé.

Cette affaire s’ajoute à une série d’enquêtes menées à l’échelle internationale pour traquer les ressortissants occidentaux ayant collaboré avec l’EI. Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Australie, ont rapatrié des dizaines de leurs ressortissants ayant vécu sous le régime du califat, souvent dans des camps de déplacés ou des zones de combat. Selon les services de renseignement, des centaines de femmes et d’enfants étrangers avaient été recrutés ou avaient rejoint volontairement les territoires contrôlés par l’EI, participant parfois activement à ses structures administratives ou judiciaires.

Le système esclavagiste mis en place par l’EI a été largement documenté par l’ONU et plusieurs ONG. Des milliers de Yazidis, principalement des femmes et des enfants, avaient été réduits en esclavage après la prise de contrôle de la région de Sinjar en 2014. Le groupe terroriste avait justifié ces pratiques par une interprétation extrémiste de la charia. Les accusées australiennes pourraient donc être jugées pour complicité dans ce système, en plus de la détention illégale d’une personne.

« Ces deux femmes ont non seulement soutenu un régime criminel, mais elles ont aussi participé activement à ses crimes les plus graves. Leur inculpation marque une étape importante dans la lutte contre l’impunité des ressortissants étrangers ayant collaboré avec l’EI. »
— Une source judiciaire citée par Ouest France

Les avocats de la défense n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations. Cependant, des associations de défense des droits humains ont salué cette décision, soulignant qu’elle envoie un signal fort contre la participation à des crimes internationaux. Selon les estimations, plus de 40 000 étrangers, dont environ 5 000 femmes, avaient rejoint les rangs de l’EI ou ses zones d’influence entre 2013 et 2017. Parmi eux, une minorité a depuis été rapatriée, jugée ou extradée vers leur pays d’origine.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires devraient inclure l’examen des preuves recueillies par les enquêteurs, notamment les témoignages de la victime présumée et les documents récupérés sur place. Une audience préliminaire est prévue d’ici la fin du mois de juin 2026, au cours de laquelle les charges seront officiellement confirmées ou ajustées. Si elles sont reconnues coupables, les deux Australiennes risquent une peine de prison à perpétuité, conformément au droit australien en matière de crimes contre l’humanité.

Cette affaire soulève à nouveau la question du traitement judiciaire des ressortissants ayant vécu sous l’EI. Plusieurs pays hésitent entre la prison, la déchéance de nationalité ou des programmes de réinsertion, en fonction du degré de participation aux crimes du groupe. En Australie, où ce dossier est suivi de près, le gouvernement a déjà annoncé son intention de renforcer les mesures de surveillance des individus rapatriés pour éviter toute récidive.

Par ailleurs, cette inculpation rappelle l’ampleur des souffrances endurées par les victimes de l’EI, notamment les Yazidis, dont la communauté continue de réclamer justice. Plusieurs organisations internationales appellent à une coopération accrue entre les États pour traduire en justice l’ensemble des responsables, où qu’ils se trouvent.

Elles sont poursuivies pour « détention sciemment d’une esclave » et complicité dans des crimes contre l’humanité, en vertu du droit australien qui criminalise la participation à des organisations terroristes comme l’EI.