En France, le 8 mai est un jour férié marqué par la commémoration de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie en 1945. Ce vendredi, les administrations publiques, les écoles et de nombreux commerces restent fermés pour laisser place aux hommages envers les combattants et victimes de la Seconde Guerre mondiale. Une date symbolique qui rappelle aussi un détail historique méconnu : deux capitulations allemandes en l’espace de 24 heures, comme le rapporte France 24.
Ce qu'il faut retenir
- 8 mai 1945 : l’Allemagne nazie capitule pour la première fois à Reims, signant la fin des combats en Europe.
- Moins de 24 heures plus tard, le 9 mai à Berlin, une seconde capitulation est officialisée sous la pression soviétique.
- La France commémore cet événement chaque année par des cérémonies officielles et des moments de silence.
- Ce jour férié, hérité de la Libération, honore aussi les résistants, soldats et civils ayant lutté contre le nazisme.
- En 2026, les célébrations s’inscrivent dans un contexte de transmission mémorielle face au vieillissement des derniers témoins.
Une double capitulation pour clore le conflit en Europe
Le 7 mai 1945 à 2h41, dans une salle du Collège technique et moderne de Reims, le général Alfred Jodl, chef d’état-major des forces allemandes, signe l’acte de reddition sans condition des troupes du Troisième Reich. Cette première capitulation est acceptée par les Alliés, représentés par le général Dwight D. Eisenhower. Elle entre en vigueur le 8 mai à minuit, mettant un terme aux combats sur le front ouest.
Cependant, l’Union soviétique, qui a subi l’essentiel des pertes humaines lors de la guerre en Europe, exige une seconde cérémonie. Sous la pression de Staline, une nouvelle capitulation est organisée le 9 mai à 0h16 dans la banlieue de Berlin, en présence du maréchal Gueorgui Joukov. Ce décalage s’explique par les fuseaux horaires et les exigences politiques de l’époque, autant dire que la victoire sur l’Allemagne nazie s’est jouée sur deux temps forts en une seule journée.
Le 8 mai, un jour férié chargé de symboles en France
En France, le 8 mai est devenu un jour férié en 1953, puis a été déplacé au dimanche en 1959 avant d’être rétabli comme jour chômé en 1968. Aujourd’hui, il marque non seulement la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, mais aussi le souvenir des plus de 50 millions de morts du conflit, dont 6 millions de Juifs exterminés dans la Shoah. Selon France 24, les cérémonies officielles rassemblent chaque année des représentants politiques, des anciens combattants et des associations mémorielles, souvent dans l’ombre des dernières générations ayant connu la guerre.
Les hommages se concentrent notamment sur les places publiques des grandes villes, où des gerbes sont déposées devant les monuments aux morts. Les écoles organisent aussi des activités pédagogiques pour sensibiliser les jeunes générations à l’histoire de cette période, alors que les derniers témoins directs disparaissent peu à peu.
Transmettre la mémoire face à l’érosion du temps
Alors que les commémorations du 8 mai 1945 s’inscrivent dans la durée, le défi de la transmission se pose avec acuité. Les derniers vétérans et déportés sont aujourd’hui âgés de plus de 90 ans, et leur nombre diminue chaque année. Selon France 24, les associations mémorielles insistent sur l’importance des archives, des témoignages oraux et des musées pour perpétuer le souvenir. En 2026, plusieurs initiatives locales visent à impliquer les jeunes, notamment via des projets numériques ou des rencontres avec des historiens.
Par ailleurs, les débats sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale restent vifs en Europe, entre reconnaissance des crimes du nazisme et divisions historiques persistantes. En France, la journée du 8 mai permet chaque année de rappeler que la paix en Europe, aujourd’hui incarnée par l’Union européenne, est le fruit d’un combat commun contre la barbarie.
Le 8 mai 1945 reste ainsi une date charnière, entre deux capitulations en 24 heures et un continent à reconstruire. Une journée qui, chaque année, rappelle que la paix n’est jamais acquise définitivement.