Deux œuvres majeures du cinéaste italien Giuseppe De Santis, « Riz amer » et « Pâques sanglantes », font l’objet d’une ressortie en salles. Selon Libération, ces films illustrent une hybridation audacieuse entre le néoréalisme italien et des genres populaires comme le polar ou le western, offrant ainsi une vision unique du cinéma transalpin des années 1940 et 1950.
Ce qu'il faut retenir
- Deux films de Giuseppe De Santis, « Riz amer » (1949) et « Pâques sanglantes » (1950), ressortent en salles cet été.
- Ces œuvres mêlent néoréalisme italien et genres populaires comme le polar ou le western.
- De Santis, souvent associé au néoréalisme, innove par cette fusion stylistique et thématique.
- Les deux films sont disponibles en version restaurée, permettant une redécouverte de leur puissance visuelle et narrative.
Un réalisateur entre tradition et modernité
Giuseppe De Santis, né en 1917 et disparu en 1997, reste l’une des figures emblématiques du cinéma italien de l’après-guerre. Selon Libération, il a marqué l’histoire du 7e art en intégrant des éléments de réalisme social à des récits plus spectaculaires, une démarche qui a séduit autant les critiques que le public. Ses films, souvent centrés sur des luttes sociales et des drames humains, transcendent les codes du néoréalisme pur pour embrasser des influences venues du cinéma américain.
« Riz amer », son premier grand succès, plonge le spectateur dans les rizières de la vallée du Pô, où les conditions de travail des ouvrières agricoles deviennent le cadre d’une intrigue mêlant romance et conflit social. Quant à « Pâques sanglantes », il explore les tensions politiques et familiales dans un village du sud de l’Italie, en pleine période de transition post-fasciste.
Une hybridation générique audacieuse
Ce qui frappe dans ces deux films, c’est la manière dont De Santis superpose des couches narratives et esthétiques. D’après Libération, il emprunte au polar ses structures dramatiques et ses cliffhangers, tout en s’inspirant du western pour ses décors naturels et ses scènes de tension collective. Le résultat ? Une œuvre à la fois ancrée dans le réel et portée par une énergie presque fantastique, comme si le quotidien italien basculait soudain dans une épopée.
Les critiques de l’époque, rappelle Libération, ont parfois reproché à De Santis cette hybridation jugée trop ambitieuse. Pourtant, c’est précisément cette audace qui fait aujourd’hui la richesse de ses films. Les scènes de « Riz amer », tournées en extérieurs réels avec des figurants non professionnels, côtoient des séquences plus théâtrales, voire expressionnistes, dans « Pâques sanglantes ».
Une redécouverte nécessaire pour les amateurs de cinéma
La ressortie de ces deux films s’inscrit dans une dynamique plus large de restauration et de promotion du patrimoine cinématographique italien. Les copies projetées en salles ont bénéficié d’un travail de numérisation et de correction des couleurs, permettant de redécouvrir des plans et des détails jusqu’alors perdus ou altérés. Pour Libération, cette initiative répond à un double impératif : préserver des œuvres majeures et offrir aux nouvelles générations un accès à un cinéma souvent cité, mais rarement vu dans des conditions optimales.
Les salles parisiennes et lyonnaises, parmi d’autres, accueillent ces projections dans le cadre de cycles dédiés au néoréalisme ou au cinéma italien. Les organisateurs soulignent l’importance de ces films pour comprendre l’évolution des courants artistiques européens après la Seconde Guerre mondiale. « Ces œuvres sont des ponts entre le passé et le présent du cinéma », a déclaré un programmateur interrogé par Libération.
Reste à voir si cette ressortie suscitera un regain d’intérêt durable pour De Santis, ou si elle restera un événement ponctuel pour cinéphiles avertis. Une chose est sûre : ces films, avec leur mélange de réalisme et de lyrisme, continuent de parler aux spectateurs d’aujourd’hui, comme ils l’ont fait il y a près de soixante-dix ans.
Les deux films sont actuellement projetés dans plusieurs salles en France, notamment à Paris (au Cinéma Saint-André-des-Arts et à la Cinémathèque française) et à Lyon (au Comoedia). Les séances sont organisées jusqu’à la fin du mois de juillet, avec une reprise possible en septembre selon la demande.