Deux nouvelles plaintes ont été déposées mardi 12 mai 2026 à l’encontre du chanteur Patrick Bruel pour agression sexuelle et tentative de viol, selon Franceinfo - Culture. Cette initiative intervient après l’échec de procédures initiales engagées en 2019, classées sans suite par le parquet de Nanterre en décembre 2020. Les deux plaignantes, représentées par l’avocate Iris Biehler, ont choisi de relancer le processus judiciaire en déposant des plaintes avec constitution de partie civile, ce qui permettra la saisine d’un juge d’instruction.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux nouvelles plaintes déposées contre Patrick Bruel pour agression sexuelle et tentative de viol le 12 mai 2026.
  • Les faits reprochés remontent à 2019 pour l’une des plaignantes et à 2010 pour l’autre.
  • Les procédures initiales de 2019 avaient été classées sans suite en décembre 2020 par le parquet de Nanterre.
  • Les plaignantes ont choisi de déposer leurs plaintes avec constitution de partie civile, permettant la saisine d’un juge d’instruction.
  • Les deux femmes ont été victimes de faits présumés commis respectivement à Perpignan et à Neuilly-sur-Seine.

Des faits présumés survenus en 2019 et 2010

La première plaignante, une femme de 29 ans, accuse Patrick Bruel d’avoir commis une agression sexuelle en juillet 2019. À cette époque, elle travaillait comme masseuse dans un spa situé près de Perpignan. Elle affirme avoir été victime de gestes déplacés : « Il m’a mis les mains sur les fesses et m’a enlacée de force », a indiqué son avocate Iris Biehler à France Inter. Les circonstances de ce présumé délit restent à éclaircir par l’instruction en cours.

La seconde plaignante, qui visait une carrière de chanteuse, a porté plainte pour tentative de viol. Les faits remontent au printemps 2010 et se seraient déroulés au domicile de Patrick Bruel, situé à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Selon son témoignage, le chanteur aurait tenté de commettre un acte sexuel non consenti : « Il a tenté de la violer en la forçant à lui prodiguer une fellation et a tenté de l’embrasser de force », précise Iris Biehler. Cette dernière souligne que la plaignante s’était rendue chez Patrick Bruel avec l’intention de lui faire écouter des maquettes sonores.

Un contexte judiciaire relancé par des témoignages récents

Les deux plaignantes ont décidé de redéposer plainte après la médiatisation récente de plusieurs témoignages visant Patrick Bruel, comme le rapporte Franceinfo - Culture. Leur avocate explique que ce regain d’attention a permis de « relancer le combat pour poursuivre la démarche qu’elles avaient entamée en 2019 ». Le dépôt de plainte avec constitution de partie civile marque une volonté de voir leur affaire instruite par un juge indépendant, contrairement aux procédures précédentes, classées sans suite il y a près de six ans.

Iris Biehler a confirmé cette information à France Inter le 14 mai 2026, confirmant une révélation initialement publiée par Mediapart. Le parquet de Nanterre avait alors estimé, en décembre 2020, que les éléments à disposition ne permettaient pas de poursuivre Patrick Bruel, sans pour autant clore définitivement le dossier. Cette nouvelle procédure pourrait donc offrir une seconde chance aux plaignantes d’obtenir une reconnaissance judiciaire de leurs accusations.

Et maintenant ?

Les deux plaintes ayant été déposées avec constitution de partie civile, un juge d’instruction va désormais être saisi pour instruire les affaires. Si les charges sont jugées suffisantes, Patrick Bruel pourrait être convoqué pour une mise en examen, puis un éventuel procès. La procédure pourrait s’étaler sur plusieurs mois, voire années, en fonction des éléments recueillis et des éventuelles expertises demandées. Par ailleurs, cette nouvelle vague de plaintes intervient dans un contexte où plusieurs collectifs demandent l’annulation des concerts du chanteur, comme l’a souligné Franceinfo - Culture dans un article complémentaire.

Un dossier déjà marqué par d’autres accusations

Patrick Bruel est visé par plusieurs plaintes et accusations de violences sexuelles en France et en Belgique, comme le rappelle Franceinfo - Culture dans un dossier dédié. En Belgique, une enquête préliminaire avait été ouverte en 2024 avant d’être classée sans suite en 2025, faute de preuves suffisantes. En France, d’autres femmes ont également témoigné de comportements inappropriés ou de violences présumées, sans que ces affaires n’aboutissent à ce stade à des poursuites pénales. Ces éléments contribuent à alimenter le débat public autour des violences sexuelles et de leur traitement judiciaire.

Les prochaines étapes dépendront des investigations menées par le juge d’instruction. Si les plaintes aboutissent à une mise en examen, Patrick Bruel pourrait être contraint de répondre publiquement des accusations portées contre lui. À l’inverse, un classement sans suite pourrait être à nouveau envisagé si les éléments ne sont pas jugés suffisamment probants. Dans tous les cas, cette affaire rappelle l’importance du dépôt de plainte pour les victimes, qui voient parfois dans la justice une voie longue mais nécessaire pour faire reconnaître leur souffrance.

En décembre 2020, le parquet de Nanterre avait estimé que les éléments recueillis ne permettaient pas de poursuivre Patrick Bruel, sans pour autant clore définitivement le dossier. Les raisons exactes de ce classement sans suite n’ont pas été détaillées publiquement, mais ce type de décision intervient généralement lorsque les preuves ou les témoignages ne sont pas jugés suffisants pour engager des poursuites.