La justice péruvienne a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’encontre de Roberto Sánchez, candidat de gauche qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle face à Keiko Fujimori. Selon Ouest France, cette décision fait suite à une accusation de non-déclaration de certaines contributions financières perçues par le candidat. Le tribunal a examiné les éléments à charge lors d’une audience tenue mardi 12 mai 2026, à Lima.

Ce qu'il faut retenir

  • Peine requise : cinq années de prison ferme contre Roberto Sánchez, selon la justice péruvienne.
  • Accusation principale : omission de déclaration de certaines contributions financières.
  • Contexte politique : Sánchez affronte Keiko Fujimori au second tour de l’élection présidentielle.
  • Procédure : audience tenue le 12 mai 2026 à Lima, dans le cadre d’un procès pour financement illégal.
  • Enjeu : cette décision pourrait influencer le résultat du scrutin présidentiel prévu dans les prochaines semaines.

Une décision judiciaire aux conséquences politiques

Le parquet péruvien a requis une peine de cinq ans de prison contre Roberto Sánchez, une figure de la gauche locale. Selon les éléments présentés par Ouest France, le candidat est soupçonné d’avoir omis de déclarer des dons financiers reçus dans le cadre de sa campagne électorale. Ces contributions, bien que mineures, auraient dû être officiellement enregistrées auprès des autorités électorales péruviennes. « Les règles de transparence financière s’appliquent à tous, y compris aux candidats en lice pour la présidence », a déclaré un porte-parole du parquet à l’issue de l’audience.

Cette affaire survient alors que le Pérou s’apprête à organiser le second tour de son élection présidentielle, prévu pour le 28 mai 2026. Roberto Sánchez et Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, s’affrontent dans une campagne marquée par des tensions politiques et des accusations mutuelles de corruption. Les observateurs soulignent que cette décision judiciaire pourrait peser dans les débats à venir, notamment sur la crédibilité des candidats.

Un candidat de gauche sous pression

Roberto Sánchez, économiste de formation et ancien ministre de la Production, représente une ligne progressiste au sein de la compétition électorale. Son parti, le Frente Amplio, défend des réformes sociales et une lutte accrue contre les inégalités économiques. Pourtant, cette accusation de financement illégal pourrait entacher son image auprès des électeurs. « Nous respectons la décision de la justice, mais nous contestons les faits qui nous sont reprochés », a réagi son avocat lors d’une conférence de presse tenue mercredi 13 mai 2026. Il a ajouté que les contributions en question avaient été déclarées, mais que des erreurs administratives pourraient expliquer cette situation.

Côté opposition, Keiko Fujimori, candidate de la droite et figure du parti Fuerza Popular, a rapidement réagi à cette actualité. « La justice doit être la même pour tous, quels que soient les candidats », a-t-elle commenté lors d’un meeting à Arequipa. Cette affaire rappelle les soupçons de financement illégal qui ont pesé sur sa propre campagne lors des élections de 2016 et 2021, sans que des condamnations définitives ne soient prononcées à ce jour.

Un scrutin sous haute tension

Le second tour de l’élection présidentielle péruvienne, prévu dans deux semaines, s’annonce particulièrement serré. Selon les derniers sondages publiés par Datum Internacional, les deux candidats sont au coude-à-coude, avec un écart inférieur à trois points. Roberto Sánchez bénéficie du soutien des classes populaires et des mouvements syndicaux, tandis que Keiko Fujimori mise sur son ancrage traditionnel dans les régions rurales et conservatrices. « Ce scrutin est un référendum sur l’avenir du Pérou », a analysé l’analyste politique péruvien Santiago Pedraglio dans les colonnes d’El Comercio.

Les enjeux sont multiples : relance économique post-pandémie, lutte contre la corruption généralisée et stabilité institutionnelle. La décision du tribunal concernant Roberto Sánchez intervient à un moment crucial, alors que les Péruviens doivent se prononcer dans un contexte de défiance envers les élites politiques. Les observateurs s’interrogent désormais sur l’impact que pourrait avoir cette affaire sur le vote des électeurs indécis.

Et maintenant ?

La prochaine étape judiciaire pour Roberto Sánchez est prévue pour le 20 mai 2026, date à laquelle le tribunal devra rendre sa décision finale. En cas de condamnation, le candidat pourrait être contraint de se retirer de la course à la présidence, bien que ses avocats aient déjà annoncé leur intention de faire appel. Du côté des électeurs, les débats autour de cette affaire devraient s’intensifier dans les jours à venir, alors que les meetings de campagne se multiplient dans tout le pays. Quant au second tour, il aura lieu comme prévu le 28 mai 2026, sous haute surveillance des observateurs internationaux.

Une question reste en suspens : dans quelle mesure cette affaire judiciaire influencera-t-elle le choix des Péruviens, alors que les deux candidats sont au coude-à-coude ? Le temps imparti à la justice pour trancher coïncide, en effet, avec la dernière ligne droite de la campagne électorale.

Roberto Sánchez doit comparaître à nouveau devant le tribunal péruvien le 20 mai 2026 pour connaître le verdict final. Ses avocats ont déjà annoncé leur intention de faire appel si la condamnation est confirmée, ce qui pourrait retarder toute décision jusqu’après le second tour de l’élection présidentielle, prévu le 28 mai 2026.