Un ancien responsable du mouvement sportif français s’est retrouvé au cœur d’une affaire judiciaire après être tombé dans un piège tendu par un chasseur de pédocriminels. Selon RMC Sport, Dominique Bouvet, 66 ans, ancien vice-président du comité départemental olympique et sportif de Haute-Saône, s’est présenté de lui-même au commissariat de Vesoul ce mercredi 13 mai 2026. Il y a été placé en garde à vue, tandis qu’une perquisition était menée à son domicile dans le cadre d’une enquête pour des faits graves impliquant des mineurs.

Cette affaire éclate alors que Dominique Bouvet, qui pensait s’entretenir avec une adolescente de 14 ans via une conversation en ligne, était en réalité victime d’un montage orchestré par un streamer connu sous le pseudonyme « Finnyzzy ». Le piège a été révélé par une vidéo devenue virale, suscitant une vive réaction du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui a fait part de son « effroi » face à cette situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Dominique Bouvet, 66 ans, ancien vice-président du comité départemental olympique et sportif de Haute-Saône, s’est rendu de lui-même au commissariat de Vesoul le 13 mai 2026, où il a été placé en garde à vue.
  • Il a été piégé par un streamer utilisant une intelligence artificielle pour simuler une conversation avec une mineure de 14 ans.
  • En 2020, il avait déjà été arrêté pour des échanges avec des lycéennes via Instagram, sous le compte de l’UNSS 70.
  • En 2025, il avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis et une obligation de soins pour des faits liés à des images à caractère pornographique impliquant des mineurs.
  • L’enquête en cours vise notamment à exploiter les supports informatiques saisis lors de la perquisition à son domicile.
  • Plusieurs chefs d’accusation pèsent contre lui, dont des propositions sexuelles faites à un mineur de quinze ans via un moyen de communication électronique.

Un piège en ligne aux conséquences judiciaires

Dominique Bouvet est accusé d’avoir engagé une conversation en ligne avec une personne qu’il croyait être une mineure de 14 ans, mais qui était en réalité le streamer « Finnyzzy ». Ce dernier, spécialisé dans la traque des pédocriminels, a utilisé une intelligence artificielle pour simuler la voix et l’apparence d’une adolescente. Les échanges, partagés sur les réseaux sociaux, ont rapidement circulé, provoquant l’indignation du CNOSF.

Dans une séquence audio diffusée, on entend Dominique Bouvet poser des questions explicites à son interlocutrice supposée : « Si on se voit et que je t'emmène au Parc (le Parc des Princes), est-ce que je pourrais t'embrasser par exemple ? (...) Est-ce que ça te ferait envie, d'abord ? Réponds à la question : quelque part, est-ce que ça te ferait envie ou pas ? ». Ces propos, tenus dans un cadre qui se voulait anodin, ont été interprétés comme des propositions sexuelles à l’égard d’une mineure, un délit sévèrement réprimé par la loi.

Un passé judiciaire déjà marqué par des affaires impliquant des mineurs

Cette affaire n’est pas la première dans laquelle Dominique Bouvet est impliqué. Selon RMC Sport, en 2020, il avait déjà été arrêté et placé en détention provisoire après avoir discuté sur Instagram avec des lycéennes, sous le compte de l’UNSS 70. Ces échanges avaient conduit à une enquête pour suspicion de manipulation de mineures.

Cinq ans plus tard, en 2025, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Vesoul à 18 mois de prison avec sursis probatoire sur deux ans, assortis d’une obligation de soins. Le tribunal avait également prononcé une interdiction d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs. Ces mesures n’ont visiblement pas suffi à l’empêcher de récidiver, selon les éléments de l’enquête en cours.

Une procédure judiciaire en cours et des investigations approfondies

Le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt, a confirmé dans un communiqué que Dominique Bouvet s’était présenté spontanément au commissariat et qu’il avait été immédiatement placé en garde à vue. La mesure a été prolongée par le parquet de Vesoul, qui a précisé que l’enquête se poursuivait pour exploiter les supports informatiques saisis lors de la perquisition effectuée à son domicile ce mercredi 13 mai 2026.

Parmi les chefs d’accusation retenus contre lui figurent notamment la « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur », ainsi que des « propositions sexuelles faites à un mineur de quinze ans par un majeur utilisant un moyen de communication électronique ». Ces infractions, si elles étaient confirmées, pourraient entraîner des peines lourdes, conformément au code pénal.

Et maintenant ?

L’enquête en cours devrait permettre de déterminer l’ampleur des faits reprochés à Dominique Bouvet et d’évaluer si d’autres victimes pourraient émerger dans le cadre de cette affaire. Les investigations menées sur les supports informatiques saisis pourraient révéler des éléments supplémentaires, tandis que le parquet de Vesoul devra se prononcer sur la suite à donner à la procédure. Une audience devant le tribunal correctionnel pourrait être envisagée dans les prochains mois, en fonction des conclusions de l’enquête.

Cette affaire rappelle, une fois de plus, les dangers liés aux échanges en ligne avec des mineurs et l’importance de la vigilance dans l’utilisation des outils numériques. Le CNOSF, qui a réagi avec « effroi » face à cette situation, devrait également tirer les enseignements de cet incident pour renforcer ses dispositifs de prévention et de protection au sein des structures sportives.

Dominique Bouvet risque plusieurs chefs d’accusation : la diffusion de messages à caractère pornographique ou violent accessible à un mineur, ainsi que des propositions sexuelles à un mineur de moins de 15 ans via un moyen de communication électronique. Ces infractions sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à plusieurs années de prison et des amendes, selon les articles 227-22 et suivants du code pénal.

Le Comité national olympique et sportif français a exprimé son « effroi » car cette affaire implique un ancien responsable sportif en position de confiance, qui a utilisé son statut pour approcher une mineure présumée. Cela porte atteinte à l’image et aux valeurs du mouvement sportif, qui place la protection des mineurs au cœur de ses priorités.