Pour clore sa tournée africaine, Emmanuel Macron a choisi l’Éthiopie comme dernière étape, confirmant ainsi le soutien de la France à Abiy Ahmed. Le président français a réaffirmé sa confiance envers le Premier ministre éthiopien, malgré les critiques internationales portées à son encontre concernant la gestion du conflit dans la région du Tigré, entre 2020 et 2022. Selon Le Monde, cette visite s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens diplomatiques entre les deux pays, malgré les tensions liées aux exactions commises durant la guerre.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron a effectué une visite officielle en Éthiopie pour conclure sa tournée africaine.
- Le président français a réitéré son soutien à Abiy Ahmed, malgré les controverses entourant le conflit au Tigré.
- Le conflit au Tigré, qui s’est déroulé entre 2020 et 2022, a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
- Des rapports internationaux ont pointé des violations des droits humains imputées aux forces éthiopiennes et aux milices alliées.
Un conflit dévastateur et ses conséquences
Le conflit au Tigré, qui a opposé le gouvernement fédéral éthiopien aux forces régionales du Front de libération du Tigré (TPLF), s’est soldé par une crise humanitaire majeure. Selon les estimations relayées par Le Monde, ce conflit aurait causé la mort de plus de 600 000 personnes, dont une grande partie de civils. Les rapports des Nations unies et d’ONG comme Amnesty International ont documenté des exactions, incluant des massacres, des violences sexuelles systématiques et des déplacements forcés de populations. Abiy Ahmed, Prix Nobel de la paix en 2019, a été critiqué pour son rôle dans l’escalade de ce conflit.
La communauté internationale, notamment les États-Unis et l’Union européenne, a plusieurs fois appelé à un arrêt des violences et à des enquêtes indépendantes sur les crimes commis. Malgré ces pressions, le gouvernement éthiopien a toujours nié toute responsabilité dans les exactions, attribuant les violences à des « éléments incontrôlés ». La visite de Macron intervient donc dans un contexte où les critiques envers Addis-Abeba restent vives, sans que cela n’entame la volonté française de maintenir une relation privilégiée avec l’Éthiopie.
Macron et Abiy Ahmed : une alliance stratégique malgré les divergences
Emmanuel Macron a choisi l’Éthiopie comme étape finale de sa tournée africaine, un choix qui n’est pas anodin. Le pays, dirigé par Abiy Ahmed depuis 2018, occupe une place centrale dans la Corne de l’Afrique, tant sur le plan géopolitique qu’économique. La France, qui cherche à renforcer son influence sur le continent, voit dans cette relation un moyen de consolider ses partenariats en Afrique de l’Est. Lors de sa visite, Macron a évoqué des projets de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et de la sécurité.
Abiy Ahmed, pour sa part, a salué le soutien français, le qualifiant de « preuve de la solidarité entre nos deux nations ». Dans un communiqué diffusé après sa rencontre avec Macron, il a déclaré : « La France est un partenaire historique de l’Éthiopie, et cette visite renforce notre détermination à travailler ensemble pour un avenir prospère. » Pourtant, les observateurs soulignent que cette alliance reste fragile, tant les questions liées aux droits humains continuent de peser sur les relations internationales de l’Éthiopie.
« La France et l’Éthiopie partagent des intérêts communs, mais les questions de droits humains ne peuvent être ignorées. »
— Un diplomate français sous couvert d’anonymat, selon Le Monde
Dans les prochains mois, plusieurs ONG et observateurs internationaux attendent des gestes concrets de la part du gouvernement éthiopien. La nomination d’un envoyé spécial de l’ONU pour le Tigré, évoquée fin 2025, pourrait également jouer un rôle clé dans l’apaisement des tensions. Pour l’heure, Abiy Ahmed semble déterminé à poursuivre sa politique, malgré les critiques, tandis que Macron maintient son soutien, au nom de la stabilité régionale.
Les principaux reproches concernent les violations massives des droits humains attribuées aux forces éthiopiennes et à leurs alliés, notamment des massacres de civils, des violences sexuelles systématiques et des blocages d’aide humanitaire. Des rapports de l’ONU et d’ONG comme Amnesty International ont documenté ces exactions, soulignant une responsabilité directe du gouvernement dans la gestion du conflit.