Adopté en mars 2026 par la Conférence des évêques de France, le dispositif Renaître, destiné à l'écoute et à l'accompagnement des victimes de violences sexuelles au sein de l'Église, suscite une opposition virulente parmi les collectifs de victimes. Selon Ouest France, ces derniers dénoncent une « régression » dans la prise en charge des dossiers, alors que l'institution religieuse affirme vouloir rassurer sur sa volonté de transparence.

Ce qu'il faut retenir

  • Le protocole Renaître a été validé par les évêques en mars 2026 pour traiter les signalements de pédocriminalité dans l'Église.
  • Plusieurs collectifs de victimes dénoncent un rejet massif du dispositif, le qualifiant de « régression » dans la gestion des affaires.
  • L'Église insiste sur sa volonté de rassurer et de montrer une démarche proactive, malgré les critiques.
  • Les associations exigent une révision complète du processus, jugeant qu'il ne répond pas à leurs attentes en matière de justice.

Un protocole perçu comme une tentative de contrôle interne

Le dispositif Renaître, présenté comme une avancée par la hiérarchie catholique, est accusé par les victimes de minimiser les responsabilités de l'Église. Selon les témoignages recueillis par Ouest France, le protocole centraliserait les signalements au sein même de l'institution, sans garantie d'indépendance dans les enquêtes. La Coordination des associations de victimes de l'Église (CAVE), l'une des principales organisations mobilisées, a réagi avec fermeté : « On nous demande de faire confiance à ceux qui nous ont trahis pendant des décennies », a déclaré son porte-parole, Pierre-Emmanuel Germain, lors d'une conférence de presse le 3 mai 2026.

Des victimes dénoncent un manque de transparence et d'efficacité

Les associations critiquent notamment le fait que le dispositif ne prévoit pas de mécanisme de contrôle externe, comme le réclamaient plusieurs rapports parlementaires depuis 2021. D'après les estimations des collectifs, plus de 3 500 victimes se seraient manifestées depuis 2018, mais seulement 12 % des dossiers auraient abouti à des condamnations. « Comment peut-on croire que l'Église va se juger elle-même ? », s'interroge Marie-José Fort, présidente de l'association Parler et Revivre, citée par Ouest France. Pour les victimes, l'absence de sanctions systématiques contre les auteurs présumés reste un point de blocage majeur.

L'Église maintient sa position malgré les critiques

Face à la polémique, la Conférence des évêques de France a réaffirmé, dans un communiqué publié le 5 mai 2026, que Renaître était « un outil nécessaire pour avancer ensemble ». Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de l'institution, a souligné que le dispositif s'appuyait sur des « recommandations internationales » et des « retours d'expérience » de pays voisins. Pourtant, les chiffres avancés par l'Église restent flous : aucun bilan détaillé des signalements traités via Renaître n'a encore été rendu public.

Et maintenant ?

Plusieurs associations ont annoncé des actions en justice pour contester la légitimité du protocole, tandis que des parlementaires pourraient s'emparer du dossier lors de la prochaine session de l'Assemblée nationale, prévue en juin 2026. Une réunion entre les évêques et les collectifs de victimes est également programmée pour le 15 mai, mais aucun accord n'est attendu à court terme. Le gouvernement, de son côté, a rappelé qu'il ne s'immiscerait pas dans les affaires internes de l'Église, tout en réaffirmant son soutien aux victimes.

Reste à voir si le dispositif Renaître parviendra à apaiser les tensions ou s'il deviendra un nouveau symbole des dysfonctionnements persistants dans la gestion des affaires de pédocriminalité au sein de l'Église catholique.

Les associations de victimes lui reprochent de centraliser les signalements au sein de l'Église, de manquer de transparence et de ne pas prévoir de contrôle indépendant. Elles dénoncent aussi l'absence de sanctions systématiques contre les auteurs présumés et critiquent le fait que le protocole ne réponde pas à leurs exigences en matière de justice.