Le président américain Donald Trump a de nouveau attaqué publiquement la Première ministre italienne Giorgia Meloni sur Truth Social, qualifiant sa popularité en Italie de « faible » et l’accusant de chercher à se rapprocher de Washington uniquement pour améliorer son image politique. Ces déclarations, rapportées samedi 15 juin 2026 par Euronews FR, s’inscrivent dans un conflit diplomatique plus large remontant à plusieurs mois entre les deux dirigeants.
Dans un message publié sur son réseau social, Trump a affirmé que Meloni lui avait « à plusieurs reprises » demandé de poser à ses côtés lors du sommet du G7 organisé en France. Selon le président américain, cette demande refléterait les difficultés de la dirigeante italienne à conserver le soutien de son électorat après avoir refusé, en mars dernier, de soutenir les opérations américaines visant à empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire. « Sa popularité en Italie est faible, peut-être parce qu’elle a refusé l’offre des États-Unis d’Amérique, un pays qui aime et protège vraiment l’Italie, lorsqu’il s’est agi d’empêcher l’Iran d’obtenir ou de développer une arme nucléaire », a-t-il écrit, ajoutant que l’OTAN avait également joué un rôle dans cette initiative.
Ce qu’il faut retenir
- Donald Trump a critiqué la Première ministre italienne Giorgia Meloni sur Truth Social, évoquant une « popularité faible » en Italie et une stratégie de rapprochement opportuniste.
- Selon le président américain, Meloni lui aurait « à plusieurs reprises » demandé une photo lors du sommet du G7 en France pour des raisons politiques.
- Le différend remonte à mars 2026, lorsque Rome a refusé de soutenir les opérations américaines contre l’Iran, tout en refusant l’accès des bases italiennes aux forces américaines.
- Trump reproche à l’Italie de ne pas avoir autorisé l’utilisation de ses pistes d’atterrissage, « un énorme inconvénient logistique » malgré les contributions financières américaines à l’OTAN.
- Meloni a réagi avec fermeté après des propos tenus par Trump dans une interview, affirmant que l’Italie « ne supplie personne ».
Un différend diplomatique de longue date
Les tensions entre les deux dirigeants ne datent pas d’hier. Dès le mois de mars 2026, l’Italie de Giorgia Meloni avait refusé de s’associer aux frappes américaines contre l’Iran, malgré les pressions de Washington. Un choix qui avait été justifié par Rome comme une volonté de préserver une position de neutralité dans un conflit jugé trop risqué. « Elle ne nous a même pas permis d’utiliser les pistes d’atterrissage italiennes, un énorme inconvénient logistique », a rappelé Trump, soulignant que les États-Unis dépensent « chaque année des centaines de milliards de dollars » pour la protection de l’Italie et de ses alliés au sein de l’OTAN.
Parallèlement, la relation entre les deux pays s’est encore dégradée après que le Vatican a pris position contre les politiques de Trump, notamment en matière de guerre et d’immigration. Le pape Léon XIV, élu en 2024, a multiplié les prises de parole critiques envers l’administration américaine, une position soutenue publiquement par Meloni. Une alliance qui a encore irrité Trump, dont l’équipe avait déjà ciblé le souverain pontife pour ses déclarations jugées hostiles.
« Aujourd’hui, après la défaite militaire de l’Iran par les États-Unis, elle veut redevenir amie pour « faire remonter sa cote de popularité ». Non merci !!! »
Donald Trump, sur Truth Social, 15 juin 2026
Meloni réplique avec fermeté : « L’Italie ne supplie personne »
La cheffe du gouvernement italien a immédiatement réagi aux propos de Trump, après qu’il avait déclaré dans une interview accordée à une journaliste italienne avoir « éprouvé de la pitié » pour elle. Une formulation qui avait suscité l’indignation de Meloni, l’accusant de mépris. « L’Italie ne supplie personne », avait-elle rétorqué, réaffirmant la souveraineté de son pays face aux critiques américaines.
Cette réplique s’inscrit dans une stratégie plus large de Meloni, qui cherche à afficher une image d’indépendance face aux grandes puissances. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, elle a souvent défendu une ligne euro-atlantiste modérée, tout en refusant de s’aligner aveuglément sur les positions de Washington. Une position qui lui vaut des tensions récurrentes avec l’administration Trump, mais qui renforce son image de dirigeante pragmatique en Italie.
Pour autant, les déclarations de Trump pourraient avoir des répercussions sur les relations transatlantiques. L’Italie, membre fondateur de l’OTAN, joue un rôle clé dans la stabilité européenne. Une dégradation durable des relations avec les États-Unis pourrait affaiblir la cohésion de l’Alliance, déjà mise à l’épreuve par les positions de Trump sur l’Ukraine et les dépenses de défense.
Le Vatican et l’Italie : une alliance sous tension
Le soutien apporté par Meloni au pape Léon XIV a également alimenté les tensions avec l’administration Trump. Depuis son élection, le souverain pontife a multiplié les discours critiques envers la politique étrangère américaine, notamment en ce qui concerne les conflits armés et la gestion des migrations. Une position qui contraste avec la ligne pro-américaine de Meloni, mais que la Première ministre a choisie de défendre publiquement.
Cette alliance entre Rome et le Vatican pourrait se renforcer dans les prochains mois. Selon des sources diplomatiques citées par Euronews FR, un sommet entre le pape et Meloni est prévu dans les semaines à venir. Une rencontre qui pourrait être interprétée comme un signal d’unité face aux pressions extérieures, y compris celles exercées par les États-Unis.
Dans ce contexte, l’Italie se trouve à un carrefour diplomatique. Doit-elle privilégier une alliance stratégique avec les États-Unis, malgré les divergences politiques ? Ou bien renforcer ses liens avec l’Europe et le Vatican pour affirmer son indépendance ? Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments de réponse, alors que les tensions entre Rome et Washington continuent de s’aggraver.
Donald Trump accuse Meloni d’avoir refusé une offre américaine visant à empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire, malgré le soutien de l’OTAN. Il estime que cette décision a nui aux relations entre les deux pays et affaibli la position de l’Italie sur la scène internationale.
Le pape Léon XIV, élu en 2024, a pris position contre les politiques de guerre et d’immigration de l’administration Trump. Meloni a choisi de soutenir publiquement ces prises de parole, ce qui a encore irrité Washington et alimenté les tensions entre les deux dirigeants.