Le président américain Donald Trump a relancé l’idée d’instaurer un système de crédits fiscaux fédéraux afin d’inciter les studios hollywoodiens à rapatrier leurs productions aux États-Unis. Une initiative présentée comme un moyen de dynamiser l’industrie cinématographique nationale, tout en répondant à des enjeux économiques et politiques.
Selon nos confrères du Monde, cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la souveraineté culturelle et économique des États-Unis. Pour Donald Trump, une solution bipartisane pourrait émerger au Congrès, malgré les divisions politiques actuelles.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump souhaite mettre en place des crédits fiscaux fédéraux pour encourager les studios à tourner aux États-Unis.
- L’objectif affiché est de rapatrier la production cinématographique, aujourd’hui largement délocalisée à l’étranger pour des raisons budgétaires.
- Le président mise sur un soutien bipartisan au Congrès, alors que le climat politique reste très polarisé.
- Cette mesure s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté culturelle américaine.
Une mesure économique avant tout
La proposition de Donald Trump s’appuie sur un constat simple : une part croissante des tournages hollywoodiens s’effectue désormais à l’étranger, notamment en Europe ou en Asie, en raison de coûts de production souvent moins élevés. Les crédits fiscaux fédéraux, déjà utilisés par certains États comme la Californie ou la Géorgie, visent à inverser cette tendance en offrant des avantages fiscaux aux studios qui choisissent de tourner sur le sol américain.
D’après le Monde, cette initiative pourrait coûter plusieurs centaines de millions de dollars au budget fédéral. Cependant, ses partisans estiment que les retombées économiques – emplois, recettes fiscales locales et nationales – compenseraient largement cet investissement. « Les crédits fiscaux fonctionnent déjà à l’échelle des États, a rappelé un conseiller économique de la Maison-Blanche. Nous voulons étendre cette logique à l’ensemble du pays », a-t-il précisé.
Un contexte politique complexe
Alors que Donald Trump mise sur un soutien bipartisan, les divisions au Congrès rendent cette perspective incertaine. Les démocrates, souvent sensibles aux questions de compétitivité économique, pourraient trouver un terrain d’entente sur les crédits fiscaux. En revanche, certains républicains pourraient s’opposer à une mesure perçue comme une ingérence fédérale dans un domaine traditionnellement géré par les États.
Le président a néanmoins insisté sur la nécessité de cette réforme lors d’un discours à Los Angeles en août 2026. « Nous devons ramener ces emplois et cette richesse aux États-Unis, a-t-il déclaré. Hollywood peut être un pilier de notre redressement économique ». Une rhétorique qui s’inscrit dans sa campagne pour un second mandat, axée sur la relance industrielle et le protectionnisme.
Pour l’heure, l’industrie cinématographique américaine, déjà en pleine mutation avec l’essor des plateformes de streaming, observe cette proposition avec prudence. Certains producteurs soulignent que les crédits fiscaux, bien que bienvenus, ne résoudront pas à eux seuls les défis structurels du secteur.
Plusieurs États, comme la Californie, la Géorgie, la Louisiane ou l’État de New York, proposent des crédits fiscaux pour attirer les productions cinématographiques. Ces dispositifs varient en fonction des budgets alloués et des critères d’éligibilité, mais ils ont déjà permis à certaines régions de devenir des pôles majeurs du tournage aux États-Unis.
Théoriquement, oui. Les crédits fiscaux seraient réservés aux productions américaines ou aux coproductions internationales qui engagent une part significative de dépenses locales. Les studios étrangers pourraient donc être incités à augmenter leurs investissements aux États-Unis pour en bénéficier, ce qui modifierait la répartition des tournages entre continents.