Selon BMF - International, le président américain Donald Trump a indiqué vouloir désormais se concentrer sur la « question nord-coréenne » après avoir finalisé un protocole d’accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Cette déclaration a été rapportée vendredi 19 juin par le président sud-coréen Lee Jae-myung, à l’issue d’un entretien avec son homologue américain lors du sommet du G7 à Évian.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump souhaite désormais se concentrer sur la Corée du Nord après l’accord conclu avec l’Iran, selon le président sud-coréen Lee Jae-myung.
  • Les sanctions contre Pyongyang seraient moins efficaces en raison de la coopération militaire entre la Corée du Nord et la Russie, liée à la guerre en Ukraine.
  • La Chine et la Corée du Nord ont récemment renforcé leurs liens, sans mentionner explicitement la dénucléarisation nord-coréenne.
  • La Corée du Nord se déclare comme un État nucléaire « irréversible » depuis l’échec du sommet de Hanoï en 2019.
  • Donald Trump a rencontré Kim Jong-un à trois reprises lors de son premier mandat, sans obtenir de progrès tangibles.

Lors d’une conférence de presse à Séoul, Lee Jae-myung a affirmé avoir discuté avec Donald Trump des moyens de rétablir la paix dans la péninsule coréenne et des relations entre les deux pays. « Nous avons eu des conversations approfondies sur la paix dans la péninsule coréenne et les relations entre la Corée et les États-Unis, et des progrès significatifs ont été réalisés », a-t-il écrit sur le réseau social X. Les deux Corées restent techniquement en guerre depuis 1953, à l’issue d’un armistice et non d’un traité de paix, séparées par une zone démilitarisée.

Le président sud-coréen a également souligné que les sanctions imposées à la Corée du Nord en raison de son programme nucléaire étaient devenues « inefficaces ». Il a précisé : « L’efficacité des sanctions a diminué en raison de la coopération militaire entre la Corée du Nord et la Russie liée à la guerre en Ukraine. Même une faible aide de la Russie est d’une grande utilité pour la Corée du Nord. » Selon lui, cette collaboration réduit l’impact des mesures internationales visant à isoler Pyongyang.

Cette prise de position intervient dans un contexte où la Corée du Nord renforce ses alliances. Kim Jong-un a récemment envoyé des troupes et des munitions pour soutenir la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, consolidant ainsi son partenariat avec Moscou. Peu après, le dirigeant nord-coréen a reçu le président chinois Xi Jinping à Pyongyang, quelques semaines après que ce dernier avait organisé à Pékin des sommets consécutifs avec Donald Trump et Vladimir Poutine. Aucune mention de la dénucléarisation n’a été faite lors de ces rencontres, ce qui, selon des experts, pourrait indiquer une acceptation tacite de la Chine concernant le statut nucléaire de la Corée du Nord.

Depuis l’échec du sommet de Hanoï en 2019, où Donald Trump et Kim Jong-un avaient échoué à trouver un accord sur la dénucléarisation et l’allègement des sanctions, Pyongyang s’est officiellement déclaré comme un État nucléaire « irréversible ». Lors de son premier mandat, l’ancien président américain avait rencontré à trois reprises le dirigeant nord-coréen, déclarant une fois qu’ils étaient « tombés amoureux », tout en cherchant à conclure un accord historique. Pourtant, aucun progrès concret n’a été enregistré durant ces échanges.

Dimanche dernier, quelques heures après l’annonce d’un accord avec l’Iran, Donald Trump a partagé sur les réseaux sociaux une photographie de lui-même avec Kim Jong-un, prise lors de leur rencontre à Singapour en 2018, sans fournir de légende. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large : lors d’une tournée en Asie l’an dernier, le président américain avait réaffirmé sa volonté de rencontrer Kim Jong-un, affirmant être ouvert « à 100 % » à un nouvel entretien. Cette proposition est cependant restée sans réponse.

Sur le plan diplomatique, Donald Trump a également marqué une rupture avec la politique américaine traditionnelle en déclarant que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire ». Une position qui contraste avec les positions antérieures des États-Unis, qui considéraient jusqu’ici Pyongyang comme un régime à isoler et à sanctionner pour son programme d’armement.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des États-Unis et de leurs alliés à relancer le dialogue avec la Corée du Nord. Si les sanctions semblent moins efficaces qu’auparavant, une reprise des négociations sur la dénucléarisation pourrait être envisagée, bien que Pyongyang ait jusqu’ici montré peu d’ouverture. Une rencontre entre Trump et Kim Jong-un n’est pas exclue, mais son organisation reste incertaine dans l’immédiat.

Les observateurs soulignent que la Chine et la Russie, deux alliés de la Corée du Nord, joueront un rôle clé dans les prochains mois. Leur soutien accru à Pyongyang pourrait compliquer toute tentative de pression internationale sur le régime. Reste à voir si Washington parviendra à rassembler un front uni face à cette nouvelle donne géopolitique.