Une opération médicale inédite a permis à quatre patients en attente d’un rein de bénéficier d’une greffe simultanée, grâce à un système de dons croisés coordonné par une intelligence artificielle. Huit interventions ont été réalisées dans quatre hôpitaux situés en France et en Suisse, mobilisant une centaine de soignants. Cette prouesse, rapportée par Franceinfo - Santé, ouvre de nouvelles perspectives pour les quelque 10 800 patients inscrits sur la liste d’attente en France.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre greffes simultanées réalisées le même jour dans les hôpitaux de Toulouse, Montpellier, Genève et Reims.
- Un système de dons croisés rendu possible par une IA analysant les compatibilités entre donneurs et receveurs incompatibles entre eux.
- Cent soignants mobilisés pour huit prélèvements et quatre transplantations.
- 10 800 patients en attente d’un rein en France, selon les dernières données disponibles.
- Une renaissance pour Françoise Delrez, 77 ans, greffée grâce à ce dispositif après des années d’attente.
Un dispositif médical exceptionnel
Le 21 juin 2026, quatre patients ont bénéficié d’une greffe de rein dans des hôpitaux répartis entre la France et la Suisse. À Toulouse, Montpellier, Genève et Reims, les équipes médicales ont coordonné leurs efforts pour réaliser huit prélèvements et quatre transplantations en une seule journée. Un défi logistique et médical de taille, rendu possible grâce à un système de dons croisés.
Ce principe repose sur l’échange de donneurs vivants incompatibles avec leur proche, mais compatibles avec un autre patient en attente. « L’IA a scanné les données de plusieurs centaines de personnes dans la même situation », explique le médecin coordonnateur de la greffe de Françoise Delrez. Quatre cas ont été identifiés : chacun des donneurs a pu offrir son rein à un patient différent, permettant à chacun d’être greffé. « Entre eux, ils n’étaient pas compatibles, mais en les séparant, ça matche », précise-t-il.
Françoise Delrez : « Une renaissance »
À 77 ans, Françoise Delrez faisait partie des patients pour qui le don croisé était la seule option viable. Après des mois d’anxiété et de fatigue, elle a finalement pu recevoir un nouveau rein grâce à ce système. «
Je suis cool, je suis bien, je suis bien dans mon corps. C’est une renaissance, oui. Il y a un an, j’étais anxieuse, fatiguée, je n’avais pas trop envie, je faisais le minimum.» Son mari, Daniel, a accepté de donner un de ses reins à un inconnu pour lui permettre de bénéficier d’une greffe. «
J’ai rendu modestement la chose possible», confie-t-il avec humilité.
Selon les médecins, l’âge de Françoise jouait en faveur de cette solution. « Au regard de votre âge, la durée d’attente pour avoir un donneur décédé était trop longue », explique le spécialiste. « Et puis, le greffon issu d’un don vivant est de meilleure qualité. » En France, où la liste d’attente pour un rein peut s’étendre sur plusieurs années, cette méthode représente un espoir concret pour de nombreux malades.
Un espoir pour les 10 800 patients en attente
En 2026, près de 10 800 personnes sont inscrites sur la liste d’attente pour une greffe de rein en France. Le système de dons croisés, bien que encore marginal, pourrait s’étendre grâce aux avancées technologiques. L’intelligence artificielle permet d’optimiser les compatibilités entre donneurs et receveurs, réduisant ainsi les délais d’attente et améliorant les chances de survie des patients.
Les experts soulignent que cette méthode présente plusieurs avantages. D’abord, elle réduit le temps d’attente pour les patients, souvent contraints de subir des dialyses pendant des années. Ensuite, elle augmente la qualité des greffons, issus de donneurs vivants. Enfin, elle limite les risques de rejet, puisque les reins transplantés proviennent de donneurs compatibles.
Logistique et coordination : un ballet médical
Organiser huit opérations simultanées dans quatre pays n’a pas été une mince affaire. Les équipes médicales ont dû coordonner les prélèvements, les transports et les transplantations en temps réel. Les reins ont même été acheminés par avion pour certains hôpitaux. Une logistique complexe, mais maîtrisée, qui a permis de sauver quatre vies en une seule journée.
Les hôpitaux impliqués – Toulouse, Montpellier, Genève et Reims – ont travaillé en étroite collaboration pour synchroniser leurs interventions. Chaque détail comptait : de l’heure des prélèvements à la préparation des salles d’opération, en passant par le suivi post-opératoire. « Une centaine de soignants ont été mobilisés », précise le rapport de Franceinfo - Santé. « Sans cette coordination exceptionnelle, rien n’aurait été possible. »
En attendant, Françoise et Daniel Delrez préparent un voyage au Japon, une nouvelle aventure à deux après 54 ans de mariage. Leur histoire illustre non seulement le succès de cette opération, mais aussi l’espoir que représentent les innovations médicales pour des milliers de patients en attente d’une greffe.