Alors que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’étend dans l’est du pays, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ce mercredi 20 mai 2026 une évaluation actualisée du risque épidémique. Selon BMF - International, l’agence sanitaire onusienne confirme que la flambée ne répond pas aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale. Pourtant, le risque est désormais qualifié de « élevé » aux niveaux national et régional, tandis qu’il reste « faible » à l’échelle mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- L’OMS estime que le risque épidémique d’Ebola en RDC est « élevé » aux niveaux national et régional, mais « faible » au niveau mondial.
- L’épidémie ne remplit pas les critères pour être classée comme une urgence pandémique, selon le comité d’urgence de l’agence.
- Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné l’ampleur et la rapidité de la propagation de la maladie.
- L’épidémie touche principalement l’est de la RDC, une région déjà fragilisée par des décennies de conflits et d’instabilité.
Une évaluation en demi-teinte de la part de l’OMS
Dans un communiqué rendu public à Genève, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a détaillé les conclusions du comité d’urgence réuni la veille. « L’OMS a évalué le risque épidémique comme étant élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial », a-t-il déclaré devant la presse. Cette nuance reflète à la fois la gravité de la situation sur place et la relative maîtrise de la propagation à l’échelle internationale.
Le comité d’urgence, composé d’experts indépendants, a également confirmé que la flambée actuelle ne satisfaisait pas aux critères nécessaires pour déclencher une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Une décision qui, bien que rassurante sur le plan global, ne doit pas occulter l’urgence locale. En effet, la RDC, où l’épidémie sévit depuis mai 2025, reste le foyer principal de cette crise sanitaire.
Une épidémie qui s’étend malgré les efforts de containment
L’est de la RDC, une zone déjà marquée par des décennies de violences et de déplacements de populations, est particulièrement touché. Selon les dernières données disponibles, la province du Nord-Kivu et celle de l’Ituri concentrent la majorité des cas confirmés. BMF - International rappelle que le virus Ebola, hautement contagieux, se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou d’un animal malade. La région, où les systèmes de santé sont souvent défaillants, cumule les défis : accès limité aux soins, méfiance des populations envers les mesures sanitaires, et logistique complexe dans un contexte sécuritaire instable.
Le directeur de l’OMS n’a d’ailleurs pas caché son inquiétude face à la vitesse de propagation de la maladie. « Je suis profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité de l’épidémie », a-t-il reconnu, soulignant que la réponse sanitaire doit être intensifiée pour éviter une aggravation de la situation. Plusieurs candidats vaccins et traitements sont actuellement à l’étude pour tenter d’endiguer la flambée.
Des mesures de précaution prises à l’international
Face à la progression de l’épidémie, certains pays voisins ou éloignés ont commencé à prendre des dispositions. Le gouvernement français, par exemple, a indiqué suivre « très attentivement » l’évolution de la situation. Des premières mesures de précaution ont été annoncées pour Mayotte, département français de l’océan Indien situé à proximité de l’Afrique de l’Est. Ces dispositions visent notamment à renforcer la surveillance aux points d’entrée et à sensibiliser les voyageurs en provenance des zones à risque.
D’autres pays, comme le Rwanda ou l’Ouganda, qui partagent des frontières avec la RDC, ont également renforcé leurs protocoles de contrôle sanitaire. Cependant, les experts rappellent que le risque de propagation internationale reste limité, en raison des strictes mesures de biosécurité mises en place dans la plupart des aéroports et ports maritimes.
Cette épidémie rappelle une fois de plus la vulnérabilité des systèmes de santé face aux maladies émergentes, particulièrement dans les régions en proie à des crises humanitaires. Elle interroge aussi sur la capacité de la communauté internationale à coordonner ses actions en cas de menace sanitaire transfrontalière. Alors que les ressources allouées à la lutte contre Ebola restent limitées, la question de l’équité d’accès aux outils de prévention et de traitement se pose avec une acuité particulière.
Une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) est décidée par l’OMS lorsque trois critères sont remplis : la maladie représente un risque pour la santé publique d’autres États en raison de la propagation internationale, elle nécessite une réponse coordonnée et immédiate, et elle pourrait nécessiter des recommandations temporaires. Ebola, bien que grave, n’a pas jusqu’ici satisfait à ces conditions à l’échelle mondiale, selon l’agence onusienne.