Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, était l’invité de l’émission Tech & Co sur BFM Business ce lundi 1er juin 2026. Il y a détaillé le rapprochement stratégique entre Bull et Foxconn, deux acteurs majeurs dans le domaine des infrastructures technologiques. L’objectif affiché : développer en Europe des solutions d’intelligence artificielle souveraines, une priorité alors que le Vieux Continent cherche à réduire sa dépendance aux acteurs américains et asiatiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Partenariat Bull-Foxconn : les deux entreprises unissent leurs forces pour créer des infrastructures d’IA souveraines en Europe, selon BFM Business.
  • Émission Tech & Co : l’interview d’Emmanuel Le Roux a été diffusée dans le cadre de cette quotidienne présentée par François Sorel.
  • IA souveraine : l’enjeu est de permettre à l’Europe de maîtriser ses propres technologies d’IA, en réponse aux tensions géopolitiques et économiques.
  • Contexte technologique : ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de relocalisation industrielle et technologique en Europe.

Un rapprochement stratégique pour l’autonomie technologique européenne

Emmanuel Le Roux a expliqué lors de son passage dans Tech & Co que le partenariat entre Bull et Foxconn vise à construire des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle, entièrement conçues et opérées en Europe. « Ce rapprochement est essentiel pour garantir notre souveraineté technologique face à la domination des acteurs américains et chinois », a-t-il souligné. Bull, filiale du groupe Atos, apporte son expertise dans les supercalculateurs et les systèmes critiques, tandis que Foxconn, géant taïwanais de l’électronique, contribue avec ses capacités industrielles et logistiques.

L’initiative s’inscrit dans un contexte où l’Europe tente de rattraper son retard dans les semi-conducteurs et les infrastructures cloud, deux secteurs stratégiques. « L’IA souveraine n’est pas une option, mais une nécessité », a rappelé Le Roux, évoquant les risques liés à la dépendance aux technologies étrangères. Selon lui, ce projet pourrait également créer des emplois qualifiés en Europe et renforcer l’attractivité du continent dans la course mondiale à l’IA.

Bull et Foxconn : des profils complémentaires pour une ambition commune

Bull, historiquement spécialisée dans les superordinateurs et les solutions sécurisées pour les États et les entreprises, apporte une expertise reconnue dans la gestion des données sensibles. De son côté, Foxconn, connu pour ses usines géantes et sa maîtrise de la production électronique à grande échelle, pourrait jouer un rôle clé dans la fabrication des équipements nécessaires à ces infrastructures. « Ensemble, nous pouvons couvrir toute la chaîne de valeur, de la conception à l’exploitation », a précisé le directeur général de Bull.

Ce partenariat intervient alors que l’Europe accélère ses investissements dans les technologies numériques. En mai 2026, la Commission européenne a triplé son budget dédié au rattrapage dans les puces électroniques, un signal fort en faveur de l’autonomie stratégique. Bull et Foxconn ne sont pas les seuls à se positionner sur ce créneau : d’autres acteurs, comme le français Verkor dans les batteries ou l’allemand Infineon dans les semi-conducteurs, participent à cette dynamique.

Tech & Co : une émission au cœur de l’actualité technologique

L’interview d’Emmanuel Le Roux s’est déroulée dans le cadre de Tech & Co, la quotidienne présentée par François Sorel sur BFM Business. L’émission, diffusée du lundi au jeudi, aborde chaque jour les grands enjeux de l’innovation, de l’intelligence artificielle aux nouvelles technologies en passant par les stratégies industrielles. Ce 1er juin 2026, l’émission a également couvert d’autres sujets majeurs, comme le lancement des nouveaux processeurs Nvidia pour ordinateurs Windows ou les investissements records en IA en France.

Selon BFM Business, Tech & Co attire chaque jour un public professionnel et grand public intéressé par les évolutions technologiques. L’émission propose des débats avec des experts, des analyses sectorielles et des interviews exclusives, comme celle d’Emmanuel Le Roux. « Ces échanges sont cruciaux pour comprendre les mutations en cours », a commenté François Sorel lors de l’introduction de l’émission.

Quelles perspectives pour l’IA souveraine en Europe ?

Le projet porté par Bull et Foxconn s’annonce comme un levier majeur pour l’Europe, mais son succès dépendra de plusieurs facteurs. D’abord, la capacité à mobiliser des financements publics et privés, dans un contexte budgétaire contraint. Ensuite, la coordination entre les États membres, souvent divisés sur les priorités technologiques. Enfin, la compétitivité face aux géants américains et asiatiques, qui dominent déjà une grande partie du marché.

Emmanuel Le Roux a indiqué que des discussions étaient en cours avec plusieurs gouvernements européens pour sécuriser des partenariats publics. « Nous avons besoin d’un cadre réglementaire clair et d’incitations fiscales pour attirer les investissements », a-t-il expliqué. Par ailleurs, le directeur général de Bull a souligné l’importance de former une main-d’œuvre qualifiée, un défi de taille dans un secteur en tension.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes du projet Bull-Foxconn pourraient être annoncées d’ici la fin de l’année 2026, avec notamment des investissements concrets dans des centres de données ou des laboratoires de recherche. La Commission européenne devrait également préciser les modalités de son plan de soutien aux infrastructures d’IA, un dossier suivi de près par les industriels. Reste à voir si ces initiatives suffiront à combler le retard européen face aux États-Unis et à la Chine.

L’interview d’Emmanuel Le Roux dans Tech & Co rappelle que la souveraineté technologique n’est plus un simple concept, mais une course contre la montre. Avec Bull et Foxconn, l’Europe mise sur un duo capable de rivaliser avec les leaders mondiaux, à condition de transformer cette ambition en actions concrètes.

Une infrastructure d’IA souveraine désigne un ensemble de technologies, de données et de services d’intelligence artificielle conçus, hébergés et contrôlés par des acteurs européens, sans dépendre de solutions étrangères. L’objectif est de garantir l’autonomie stratégique, la sécurité des données et la résilience face aux tensions géopolitiques ou aux restrictions commerciales imposées par d’autres pays.