Alors que près d’un cinquième de l’emmental consommé en France provient de l’étranger, les acteurs de la grande distribution s’engagent ce mardi 19 mai 2026 à privilégier le fromage français dans les produits sous marque distributeur. Une charte signée en présence des représentants du secteur laitier vise ainsi à soutenir la filière locale, qui emploie directement ou indirectement près de 10 500 personnes.

Ce qu'il faut retenir

  • 20 % de l’emmental consommé en France est importé, selon Ouest France
  • Une charte est signée aujourd’hui, mardi 19 mai 2026, par la grande distribution
  • 7 200 éleveurs et 3 300 salariés** dépendent directement de la filière emmental française
  • L’objectif est de réserver l’emmental français aux produits sous marque distributeur

Une filière en tension face à la concurrence étrangère

Le marché de l’emmental en France reste largement dépendant des importations. Selon les dernières données disponibles, un litre de lait sur cinq utilisé pour produire l’emmental consommé dans l’Hexagone provient d’élevages situés hors des frontières françaises. Cette situation, dénoncée depuis plusieurs années par les professionnels du secteur, met en péril l’équilibre économique de la filière locale.

Pour y remédier, les acteurs de la grande distribution ont accepté de signer une charte destinée à inverser cette tendance. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur les prix, alors que les coûts de production en France, notamment ceux liés à l’alimentation animale ou à la main-d’œuvre, restent plus élevés qu’à l’étranger.

Un engagement qui pourrait redessiner les rayons fromagers

Dès aujourd’hui, les enseignes signataires s’engagent à privilégier l’emmental français dans leurs gammes de produits sous marque distributeur, comme les pâtes à tartiner ou les sandwiches. Cette mesure pourrait concerner plusieurs milliers de références en supermarché, même si les détails précis des produits concernés n’ont pas encore été communiqués.

« Si on continue comme ça, il y aura de la casse », a alerté un représentant de la filière, cité par Ouest France. Selon lui, le maintien de cette dépendance aux importations menace la pérennité des exploitations laitières françaises, déjà soumises à une concurrence déloyale sur les prix.

Un secteur qui pèse lourd dans l’économie locale

La filière emmental française ne se limite pas à la production fromagère. Elle représente en effet un maillon essentiel de l’économie rurale, avec 7 200 éleveurs et 3 300 salariés répartis sur l’ensemble du territoire. Ces emplois directs et indirects sont concentrés dans des zones souvent fragilisées par la désertification ou le déclin des activités agricoles.

« Choisir l’emmental français, c’est soutenir des emplois et des territoires », a souligné un porte-parole de la Fédération nationale des producteurs de lait. Selon lui, cette charte constitue une première étape, mais elle devra s’accompagner d’autres mesures pour garantir la compétitivité du secteur.

Et maintenant ?

Cette charte doit désormais être déclinée en actions concrètes par les enseignes signataires. Reste à savoir si les consommateurs seront au rendez-vous, leurs choix d’achat jouant un rôle clé dans la réussite de cette initiative. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de cet engagement.

Par ailleurs, la filière emmental française pourrait prochainement demander des mesures complémentaires, comme un étiquetage plus strict ou des aides publiques ciblées, afin de renforcer sa position face à la concurrence étrangère. Une réunion de suivi est déjà prévue pour l’automne 2026.

Les produits sous marque distributeur, comme les pâtes à tartiner ou les sandwiches, sont directement visés par cet engagement. Les enseignes signataires se sont engagées à réserver l’emmental français à ces références, mais les détails précis des gammes concernées n’ont pas encore été communiqués.

Les coûts de production en France sont plus élevés en raison de normes environnementales et sanitaires strictes, ainsi que des charges liées à la main-d’œuvre et à l’alimentation animale. Ces différences de coût rendent le fromage français moins compétitif face aux importations, notamment en provenance d’Allemagne ou des pays de l’Est.