Une résidence flambant neuve de Saint-Laurent-du-Var, livrée au printemps 2025, accumule déjà les problèmes pour ses résidents. Des nuisances sonores liées à des livraisons de camions frigorifiques en pleine nuit, des défauts de construction et des matériaux dégradés sont signalés par les occupants, selon Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Un appartement T2 de 41 m² acheté 272 000 € dans une résidence de Saint-Laurent-du-Var, livrée en 2025, présente des problèmes majeurs.
- Dix-sept familles ont déjà quitté les lieux en raison des nuisances sonores causées par les camions frigorifiques d’une entreprise située en face.
- Les résidents dénoncent des défauts de construction : carrelage mal posé, rouille, infiltrations d’eau, et des matériaux de mauvaise qualité.
- Le prix du mètre carré à Saint-Laurent-du-Var s’élève à 5 547 €, soit 6,8 % de moins que dans le reste des Alpes-Maritimes, selon Nice Presse (septembre 2025).
- Les habitants réclament des solutions, mais restent dans l’expectative face à l’accumulation des dysfonctionnements.
Un cadre de vie gâché par des nuisances sonores récurrentes
Les habitants de la résidence, située à Saint-Laurent-du-Var dans le Var, subissent depuis des mois des nuisances sonores insupportables. Selon Corrine, locataire du T2 acquis à prix d’or, les allées et venues des camions frigorifiques de l’entreprise Barbero — dont le site de livraison se trouve juste en face — rendent l’appartement invivable. « Les camions affluent en soirée jusqu’à 7 heures du matin, c’est un bourdonnement permanent », explique-t-elle à Nice-Matin, cité par Capital.
Cette situation a poussé plusieurs familles à quitter les lieux. « Il y a déjà 17 familles qui ont quitté la résidence à cause des nuisances », précise Corrine. Les résidents reprochent à leur bailleur de ne pas les avoir informés des risques liés à ces nuisances avant leur emménagement. De son côté, l’entreprise Barbero affirme avoir prévenu le promoteur de ses activités, sans que cela ne se traduise par des mesures concrètes pour protéger les occupants.
Des défauts de construction qui sapent le confort des logements
Outre les nuisances sonores, les résidents dénoncent des problèmes structurels dans leurs logements. Des infiltrations d’eau, du carrelage mal posé, de la rouille apparente sur certains éléments et des finitions de mauvaise qualité sont régulièrement signalés. « Tout est bas de gamme sauf qu’on a payé une blinde », s’indigne Jimmy, propriétaire d’un T2 dans la résidence. Pour lui, l’investissement de 272 000 € ne correspond en rien à la qualité promise lors de l’achat.
Ces dysfonctionnements, apparus en moins d’un an après la livraison du bâtiment, jettent une ombre sur la fiabilité du promoteur. Les conciliations organisées par CDC Habitat, l’un des bailleurs impliqués, n’ont pour l’instant abouti à aucune solution tangible pour les résidents, qui continuent de subir les désagréments au quotidien.
Un marché immobilier attractif, mais des promesses non tenues
Saint-Laurent-du-Var reste une commune prisée pour son accessibilité financière par rapport à d’autres villes de la Côte d’Azur comme Beaulieu-sur-Mer ou Villefranche-sur-Mer. Selon les données exclusives de Nice Presse, publiées en septembre 2025, le prix moyen du mètre carré y est de 5 547 €, soit une baisse de 6,8 % par rapport à la moyenne des Alpes-Maritimes. Ce différentiel attire de nombreux acquéreurs en quête d’un logement neuf à moindre coût.
Pourtant, les problèmes rencontrés par les résidents de cette résidence illustrent les risques liés à l’achat sur plan ou dans des programmes immobiliers récents. Les promesses de confort et de qualité se heurtent parfois à la réalité des chantiers mal maîtrisés ou des environnements mal évalués. Les habitants, comme Jimmy, s’interrogent désormais sur l’évolution de leur cadre de vie une fois leur crédit remboursé : « J’ai fait un prêt sur 25 ans, à quoi va ressembler la résidence quand je l’aurai remboursé ? Elle a un an et les problèmes s’enchaînent déjà », s’inquiète-t-il.
CDC Habitat et l’entreprise Barbero face à leurs responsabilités
Contacté par Capital, CDC Habitat a confirmé la tenue de conciliations pour tenter de résoudre les problèmes liés aux nuisances sonores. Cependant, aucune mesure immédiate n’a été annoncée pour remédier aux défauts de construction ou améliorer l’isolation phonique des logements. De son côté, Barbero assure avoir informé le promoteur de ses activités logistiques, mais n’a pas communiqué sur d’éventuelles adaptations de ses horaires de livraison.
Les résidents, eux, restent dans l’expectative. Certains envisagent des recours juridiques pour faire valoir leurs droits, tandis que d’autres, découragés, songent à quitter définitivement les lieux. La situation met en lumière les lacunes des contrôles post-livraison et la nécessité pour les bailleurs de mieux accompagner les nouveaux propriétaires dans la gestion des problèmes post-achat.
Les associations de consommateurs et les instances locales pourraient également s’emparer du dossier pour rappeler aux promoteurs leurs obligations en matière de qualité et de transparence. À Saint-Laurent-du-Var, comme ailleurs, l’immobilier neuf ne garantit pas toujours l’absence de mauvaises surprises.
Les résidents peuvent saisir le tribunal judiciaire pour faire constater les vices de construction ou les manquements du bailleur, demander une indemnisation ou exiger des travaux de réparation. Une médiation préalable est également possible via un conciliateur de justice. Ils peuvent aussi se tourner vers leur assurance habitation pour couvrir certains dégâts.
L’entreprise n’a pas d’obligation légale à modifier ses horaires, mais elle pourrait le faire sur la base d’un accord à l’amiable avec les résidents ou sous la pression du bailleur. En cas de troubles anormaux de voisinage, les habitants peuvent saisir la mairie ou les services de la préfecture pour faire valoir leurs droits.