Alors que l’histoire de la photographie célèbre ses deux siècles d’existence cette année, une étude publiée par Ouest France révèle un phénomène révélateur des pratiques modernes de captation d’images. Selon le quotidien, les Français privilégient désormais la photographie de leurs animaux de compagnie à celle de leurs propres enfants. Une tendance qui, au-delà de son aspect anecdotique, illustre l’évolution des usages autour de la mémoire familiale et de l’impression numérique à l’ère du tout-digital.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2026, les Français photographient davantage leurs animaux de compagnie que leurs enfants, selon une étude d'Ouest France.
  • La photographie, qui fête ses 200 ans, reste un langage quotidien essentiel pour immortaliser des souvenirs.
  • Le marché de l’impression numérique s’adapte à cette tendance en proposant des supports adaptés aux nouvelles pratiques.
  • La photo numérique domine, mais la demande de souvenirs tangibles persiste malgré l’ère du tout-digital.

Une photographie qui célèbre ses deux siècles, mais dont les usages évoluent

Depuis l’invention du daguerréotype en 1826 par Louis Daguerre, la photographie a connu une métamorphose radicale. Devenue un outil accessible au grand public dès les années 1900 avec l’arrivée des appareils Kodak, elle s’est imposée comme un langage universel. Pourtant, selon Ouest France, les pratiques des Français en matière de photographie ont récemment pris un tournant inattendu. Autrefois centrées sur la famille et les enfants, les archives visuelles des foyers se recentrent désormais sur les compagnons à quatre pattes.

Cette évolution ne doit pas surprendre : elle reflète des changements sociétaux profonds. Les animaux domestiques occupent une place de plus en plus centrale dans les foyers français. En 2025, près de 50 % des ménages possédaient au moins un animal de compagnie, selon la Fédération française des associations d’animaleries. Les clichés immortalisant ces animaux ne sont plus seulement des souvenirs anodins : ils deviennent des éléments de narration personnelle, partagés massivement sur les réseaux sociaux.

Le marché de l’impression s’adapte à la nouvelle donne

Si la photographie numérique domine largement le paysage actuel, la demande pour des supports physiques imprimés reste vive. Ouest France souligne que l’industrie de l’impression a su tirer parti de cette tendance. Les fabricants de cadres, d’albums photo et même d’imprimantes spécialisées proposent désormais des formats adaptés aux animaux : photos carrées, cadres aux formes originales, ou encore calendriers personnalisés mettant en scène les compagnons de vie.

Les chiffres du secteur parlent d’eux-mêmes. En 2025, les ventes de produits d’impression dédiés aux animaux de compagnie ont progressé de 15 % par rapport à 2023, selon les données de la Fédération française des industries de l’image et du son. Un engouement qui s’explique aussi par la volonté des propriétaires de créer des objets tangibles, bien au-delà des écrans. « La photo numérique a ses limites : elle s’efface avec le temps si elle n’est pas sauvegardée, et elle reste souvent inaccessible sans une connexion internet », explique Sophie Martin, directrice marketing d’une enseigne spécialisée dans l’impression photo à Nantes.

« Les clients recherchent aujourd’hui des souvenirs qu’ils peuvent toucher, afficher dans leur salon ou offrir à leurs proches. Un cadre avec la photo de leur chien ou de leur chat répond parfaitement à ce besoin. »

Une tendance qui interroge les habitudes familiales

Ce basculement des priorités photographiques pose question sur la manière dont les Français envisagent désormais la famille et la mémoire. Si les animaux de compagnie occupent une place croissante, cela ne signifie pas pour autant un désintérêt pour les enfants. Les clichés familiaux existent toujours, mais leur fréquence et leur contexte d’utilisation semblent évoluer. Les parents privilégient peut-être des moments plus spontanés, moins formels, tandis que les photos d’animaux répondent à un besoin de partage immédiat et affectif.

Une étude complémentaire, citée par Ouest France, révèle que 62 % des parents prennent au moins une photo par semaine de leur enfant, contre 78 % pour leur animal de compagnie. Ces chiffres montrent une inversion des pratiques, mais pas une disparition de l’intérêt pour la photographie familiale. Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette dynamique : les publications mettant en scène les animaux génèrent en moyenne 30 % d’engagement en plus que celles représentant des enfants, selon une analyse de Meta France.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, plusieurs acteurs du secteur de l’impression et de la photographie devraient lancer des gammes spécialisées pour répondre à cette demande. Des partenariats entre fabricants de smartphones et éditeurs d’albums photo pourraient également émerger, afin de simplifier la création de souvenirs tangibles. Par ailleurs, la question de la conservation des images numériques à long terme pourrait devenir un enjeu majeur pour les consommateurs, poussant peut-être les acteurs du marché à proposer des solutions hybrides alliant numérique et impression.

Une chose est sûre : à l’heure où la photographie fête ses 200 ans, elle continue de se réinventer, portée par des usages qui reflètent les évolutions de la société.