Selon RFI, l’Irak, voisin de l’Iran, subit de plein fouet les répercussions économiques de la guerre qui déchire le Moyen-Orient depuis plusieurs années. Parmi les secteurs les plus touchés figure le tourisme religieux, une manne financière essentielle pour le pays, désormais en forte baisse.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Irak, frontalier de l’Iran, subit un contrecoup économique majeur en raison des conflits régionaux en cours.
  • Le tourisme religieux, source majeure de revenus, est particulièrement affecté.
  • La ville de Kerbala, haut lieu de pèlerinage pour les chiites, enregistre une baisse significative du nombre de visiteurs cette année.
  • Les professionnels du secteur expriment leur inquiétude face à cette situation.

Un secteur économique clé en difficulté

L’Irak, déjà fragilisé par des années de conflits internes et régionaux, voit son économie, notamment le tourisme religieux, s’essouffler. Ce secteur représente traditionnellement une part importante des recettes du pays, attirant des millions de pèlerins chaque année. Pourtant, comme le rapporte RFI, cette année, la fréquentation des sites sacrés est en net recul. Les professionnels du tourisme, habituellement en effervescence à l’approche des grandes dates religieuses, affichent une inquiétude palpable face à cette situation.

Kerbala, épicentre du pèlerinage chiite

Au cœur de ce déclin se trouve Kerbala, ville irakienne située à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Bagdad, considérée comme l’une des plus saintes pour les musulmans chiites. Chaque année, des centaines de milliers de fidèles s’y rendent pour commémorer le martyr de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, lors de la célèbre commémoration de l’Achoura. Selon les estimations locales, ces rassemblements génèrent des centaines de millions de dollars de revenus pour la région. Pourtant, cette année, comme le souligne RFI, les hôtels, les restaurants et les commerces locaux peinent à attirer la même affluence.

Les raisons d’un désengagement

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de fréquentation. D’abord, la persistance des tensions régionales, notamment entre l’Iran et ses adversaires, dissuade une partie des pèlerins potentiels. Les craintes liées à l’insécurité et aux risques d’attentats jouent également un rôle. Par ailleurs, la crise économique qui frappe le pays depuis des années limite la capacité des Irakiens à financer des déplacements onéreux. Les professionnels du secteur, interrogés par RFI, confirment que « les réservations sont en chute libre cette année », sans pour autant pouvoir quantifier précisément le manque à gagner.

Et maintenant ?

Les autorités irakiennes et les acteurs du tourisme religieux tentent de réagir face à cette situation. Des campagnes de promotion ont été lancées pour rassurer les pèlerins, tandis que des mesures de sécurité renforcées sont déployées autour des sites sacrés. Pour autant, la reprise reste incertaine tant que les conflits régionaux ne s’apaisent pas. Les prochaines grandes dates religieuses, prévues dans les mois à venir, pourraient donner une première indication de l’ampleur des dégâts.

Les responsables locaux, comme l’a indiqué un représentant du ministère du Tourisme irakien à RFI, appellent à une mobilisation collective pour sauver ce secteur vital. « Sans pèlerins, c’est toute une économie qui s’effondre », a-t-il rappelé. Pour l’instant, aucune solution miracle ne semble émerger, et la situation reste suspendue à l’évolution des tensions au Moyen-Orient.

Le tourisme religieux représente une source majeure de revenus pour l’Irak, notamment grâce aux pèlerinages dans des villes comme Kerbala, Nadjaf ou Samarra. Ces déplacements génèrent des retombées économiques directes et indirectes pour les hôtels, les restaurants, les commerces et les transports locaux. Selon les années, jusqu’à plusieurs millions de pèlerins visitent ces sites, assurant des entrées de devises significatives.