Depuis la mi-mars 2026, les réseaux sociaux iraniens diffusent des vidéos utilisant les codes visuels de franchises populaires comme Lego®, Minions ou Angry Birds. Comme le rapporte Ouest France, ces contenus, produits à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, visent à ridiculiser les ennemis de la République islamique tout en détournant l’attention des difficultés internes que traverse le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Des vidéos virales depuis la mi-mars 2026 utilisent des éléments de la pop culture (Lego®, Minions, Angry Birds) pour diffuser de la propagande iranienne.
  • Ces contenus, générés par IA, ciblent principalement les opposants à Téhéran et les puissances occidentales.
  • L’objectif affiché est de détourner l’attention des crises socio-économiques en Iran.
  • Les comptes diffusant ces vidéos restent anonymes, mais leur coordination suggère une origine étatique.
  • Cette stratégie s’inscrit dans une longue tradition iranienne d’utilisation des réseaux sociaux pour influencer l’opinion publique.

Une stratégie de communication détournée au service de la propagande

Les vidéos en question reprennent les codes esthétiques et narratifs de licences grand public, mais les adaptent à des fins politiques. Lego®, par exemple, est détourné pour représenter des soldats ennemis sous forme de figurines, tandis que les Minions sont utilisés pour incarner des dirigeants occidentaux ou des opposants iraniens. Selon Ouest France, cette approche vise à rendre le message plus accessible, notamment auprès des jeunes générations, tout en minimisant l’aspect officiel de la propagande.

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour générer ces contenus permet une production rapide et une diffusion massive sur des plateformes comme Telegram, Instagram ou X (ex-Twitter). Les algorithmes de ces réseaux amplifient ensuite leur visibilité, créant un effet viral difficile à contrer. Bref, l’Iran mise sur la viralité des réseaux pour contourner les restrictions traditionnelles de la censure médiatique.

Une diversion face aux tensions internes et externes

Cette campagne intervient dans un contexte de fortes tensions pour le régime iranien. Depuis plusieurs mois, le pays fait face à des manifestations récurrentes contre la dégradation des conditions de vie, aggravée par les sanctions internationales et une inflation galopante. Ouest France souligne que ces vidéos s’inscrivent dans une stratégie plus large de diversion, visant à orienter l’attention des Iraniens vers des cibles extérieures plutôt que sur les dysfonctionnements internes.

Les cibles privilégiées de ces contenus sont les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, présentés comme des ennemis de l’Iran. Certains clips humoristiques mettent en scène des dirigeants de ces pays sous les traits de personnages de dessins animés, les ridiculisant ouvertement. Une tactique qui rappelle les méthodes employées par d’autres régimes autoritaires pour mobiliser leur base militante.

Des comptes anonymes, mais une origine étatique suspectée

Les comptes diffusant ces vidéos restent anonymes, mais leur synchronisation et leur volume laissent peu de doute quant à leur financement. Plusieurs observateurs, cités par Ouest France, estiment que cette opération s’appuie sur des ressources logistiques et humaines importantes, compatibles avec une implication des Gardiens de la révolution ou du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique.

Cette campagne s’ajoute à d’autres initiatives de propagande en ligne, comme les comptes Twitter ou Telegram relayant des fake news ou des théories du complot. Elle illustre la volonté de Téhéran de maîtriser l’espace numérique, un terrain où l’Iran a déjà prouvé son expertise, notamment lors des élections présidentielles de 2024.

Et maintenant ?

Les autorités iraniennes n’ont pas réagi officiellement à ces révélations. D’ici la fin du mois de mai 2026, les plateformes concernées pourraient renforcer leurs modérations pour limiter la diffusion de ces contenus. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits en termes d’influence internationale ou si elle sera contre-productive en alimentant davantage les critiques contre le régime.

Une chose est sûre : l’Iran n’est pas le seul pays à utiliser la pop culture à des fins de propagande. D’autres régimes, comme la Russie ou la Chine, ont déjà exploré des méthodes similaires pour toucher les jeunes publics. La frontière entre divertissement et manipulation devient de plus en plus floue dans l’ère numérique.

Cette stratégie permet de rendre le message plus accessible et viral, notamment auprès des jeunes. Les codes visuels familiers facilitent la diffusion et la mémorisation du contenu, tout en masquant partiellement son aspect politique.

Les comptes à l’origine de ces contenus utilisent des plateformes comme Telegram, Instagram ou X, où les algorithmes favorisent leur viralité. Les réseaux sociaux jouent donc un rôle central dans cette stratégie de propagande.