Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient depuis plusieurs semaines, la question des représailles américaines en cas d’escalade devient centrale. Selon BMF - International, Washington envisagerait de cibler des infrastructures spécifiques en Iran, dont les forces des Gardiens de la Révolution, également connus sous le nom de Pasdaran. Cette hypothèse intervient dans un contexte où les deux pays multiplient les menaces et les démonstrations de force.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Gardiens de la Révolution iraniens (Pasdaran) figurent parmi les cibles potentielles d’une riposte américaine, selon BMF - International.
  • Téhéran a prévenu qu’une frappe des États-Unis entraînerait une réponse « écrasante », militaire et symbolique.
  • Les États-Unis ont déjà utilisé la moitié de leur stock de missiles pour défendre Israël contre des attaques iraniennes en avril.
  • Un incident récent a révélé la présence d’un Irakien lié aux Gardiens de la Révolution, soupçonné d’avoir préparé une attaque contre la fille de Donald Trump.
  • L’Iran a dévoilé un nouveau missile, le Rastakhiz, présenté comme une arme de dissuasion majeure.

Un arsenal iranien sous surveillance américaine

Depuis le début du conflit ouvert entre Israël et le Hamas, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient. Selon BMF - International, Washington scrute particulièrement les infrastructures liées aux Gardiens de la Révolution, une force paramilitaire qui joue un rôle clé dans la politique intérieure et extérieure de l’Iran. Ces miliciens sont accusés par Washington de soutenir des groupes armés au Liban (Hezbollah), en Syrie, au Yémen et en Irak. Leur neutralisation, si elle était décidée, pourrait prendre la forme de frappes ciblées sur des bases logistiques ou des centres de commandement.

Téhéran menace d’une riposte « écrasante »

Face aux rumeurs d’une possible frappe américaine, les autorités iraniennes ont réagi avec fermeté. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a mis en garde contre une réponse « écrasante » en cas d’attaque. « L’Iran ne restera pas les bras croisés », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, lors d’une conférence de presse à Téhéran. Ces déclarations interviennent après plusieurs incidents frontaliers et maritimes, dont une altercation au large du Yémen impliquant un cargo non identifié.

Les Gardiens de la Révolution, qui contrôlent une partie de l’économie iranienne, sont aussi responsables de la sécurité des sites nucléaires et balistiques du pays. Leur destruction ou affaiblissement affaiblirait considérablement les capacités de dissuasion de l’Iran, autant dire que toute action américaine sur ce front serait considérée comme un acte de guerre par Téhéran.

Un contexte régional explosif

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont encore aggravées après l’utilisation par Washington de 50 % de ses stocks de missiles pour soutenir Israël lors d’une frappe iranienne en avril. Selon des sources militaires citées par BMF - International, l’administration Trump a accéléré le réapprovisionnement de ses arsenaux pour faire face à une éventuelle escalade. Parallèlement, l’Iran a testé en mai un nouveau missile balistique, le Rastakhiz (« Résurrection »), présenté comme le « missile de l’enfer » par les médias d’État iraniens en raison de sa portée et de sa charge explosive.

Les États-Unis craignent également que le conflit ne s’étende au-delà du Moyen-Orient. Des sources diplomatiques américaines ont évoqué le risque d’une intrusion du conflit dans l’espace du Mondial de football 2026, notamment via des cyberattaques ou des actions de groupes affiliés à Téhéran.

Un Irakien lié aux Gardiens de la Révolution arrêté aux États-Unis

Un élément supplémentaire a alimenté les tensions : l’arrestation, début mai, d’un Irakien soupçonné d’avoir préparé une attaque contre la fille de Donald Trump. Ce dernier, identifié comme un membre des Gardiens de la Révolution, aurait agi depuis l’Irak avant d’être intercepté par les services de renseignement américains. Cette affaire a été révélée par le FBI, qui a confirmé l’implication de réseaux pro-iraniens dans des projets d’attentats transfrontaliers.

« Les Gardiens de la Révolution continuent de représenter une menace directe pour la sécurité des États-Unis et de leurs alliés », a déclaré un porte-parole du département de la Défense à Washington. Cette arrestation renforce la détermination de l’administration Trump à agir contre les infrastructures iraniennes, y compris celles gérées par les Pasdaran.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios sont désormais sur la table. Une frappe américaine contre les Gardiens de la Révolution pourrait intervenir dans les prochaines semaines, en réponse à une nouvelle provocation iranienne. Les États-Unis devraient également finaliser d’ici juin le réapprovisionnement de leurs stocks d’armes, notamment de missiles de croisière, pour éviter une nouvelle pénurie. Côté iranien, Téhéran pourrait riposter par des attaques asymétriques, via des proxys régionaux ou des cyberopérations, ce qui compliquerait toute escalade directe.

La communauté internationale, notamment l’Union européenne, appelle à la retenue. « Une escalade militaire n’apporterait aucune solution durable », a rappelé le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell. Reste à savoir si Washington et Téhéran parviendront à éviter un embrasement total.

Alors que les négociations diplomatiques restent au point mort, la région se trouve plus que jamais sous haute tension. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la communauté internationale parviendra à éviter un conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens (Pasdaran) sont considérés par Washington comme une force paramilitaire responsable de la plupart des activités déstabilisatrices de l’Iran au Moyen-Orient. Ils soutiennent militairement et financièrement des groupes armés comme le Hezbollah au Liban ou les Houthis au Yémen. Leur neutralisation limiterait la capacité de l’Iran à projeter sa puissance dans la région, selon des analystes cités par BMF - International.