Un film italien récent, « La Petite Dernière », réalisé par Hafsia Herzi, a été interdit aux spectateurs de moins de 14 ans en Italie, une décision prise par le ministère de la Culture transalpin. Selon Libération, cette mesure est justifiée par des arguments liés à un risque d’influence négative sur le « développement émotionnel » des jeunes publics, notamment en raison de la représentation d’une héroïne musulmane lesbienne.
Ce qu'il faut retenir
- « La Petite Dernière », réalisé par Hafsia Herzi, est interdit aux moins de 14 ans en Italie pour des raisons liées au « développement émotionnel » des jeunes.
- Le film met en scène une héroïne musulmane lesbienne, un choix narratif au cœur des critiques.
- Les associations LGBTQ+ y voient une continuité de l’offensive idéologique portée par la majorité politique italienne actuelle.
- Cette interdiction s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions culturelles et médiatiques en Italie.
Selon les autorités italiennes, la décision repose sur une évaluation des risques que le film pourrait représenter pour les mineurs. « Le film est accusé d’influencer négativement leur développement émotionnel », précise Libération. Une justification qui ne convainc pas les défenseurs des droits LGBTQ+, pour qui cette mesure relève davantage d’une volonté de censure que d’une protection de la jeunesse.
Le long-métrage, salué par la critique pour sa représentation d’une histoire d’amour et d’identité au sein d’une famille issue de l’immigration, devient ainsi le symbole des tensions autour des questions sociétales en Italie. Hafsia Herzi, réalisatrice franco-algérienne, a elle-même réagi à cette interdiction, dénonçant une décision qui « n’a rien à voir avec la protection des mineurs, mais tout avec la censure ». Une position partagée par de nombreuses associations, qui y voient une attaque contre la liberté d’expression artistique et culturelle.
Cette affaire s’ajoute à une série de mesures restrictives adoptées par le gouvernement italien ces dernières années. Depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition de droite, les restrictions sur les contenus culturels et médiatiques jugés « subversifs » ou « contraires aux valeurs traditionnelles » se sont multipliées. En 2024 déjà, des débats houleux avaient entouré la diffusion de films et séries abordant des thèmes LGBTQ+ ou féministes, sous prétexte de « protéger les valeurs familiales ».
« La décision du ministère n’est pas une protection des mineurs, c’est de la censure », a affirmé une porte-parole de l’association Arcilesbica, l’une des organisations LGBTQ+ les plus actives en Italie. « Ils veulent effacer notre existence des écrans, et cela passe par des interdictions comme celle-ci. »
Les opposants à cette mesure rappellent que « La Petite Dernière » a déjà été projeté dans plusieurs festivals européens sans susciter de polémiques majeures, hormis en Italie où il a été classé « non adapté aux moins de 14 ans » dès sa sortie. Une décision qui, selon certains observateurs, pourrait aussi avoir des répercussions économiques, les salles de cinéma et les plateformes en ligne devant désormais appliquer cette restriction.
Cette interdiction illustre les divisions croissantes au sein de l’Union européenne sur les questions de droits sociétaux. Alors que certains pays, comme l’Espagne ou les Pays-Bas, renforcent les protections pour les minorités, d’autres, comme l’Italie, adoptent des politiques plus restrictives. Un contraste qui pourrait alimenter les tensions lors des prochains sommets européens.
Le ministère italien de la Culture a justifié cette décision en invoquant un risque d’influence négative sur le « développement émotionnel » des mineurs, notamment en raison de la représentation d’une héroïne musulmane lesbienne. Selon les autorités, le film ne serait pas adapté à un public jeune en raison de son contenu.