Selon Libération, un couple de perruches élevé en captivité à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, est devenu en seulement deux ans un acteur majeur dans la préservation d’une espèce menacée. Nacho et Trixie, c’est leur nom, ont engendré à eux seuls plus de 10 % de la population totale de kākāriki karaka, un perroquet endémique de l’archipel néo-zélandais classé en danger critique d’extinction.

Ce qu'il faut retenir

  • Nacho et Trixie ont donné naissance à plus de 10 % de la population totale de kākāriki karaka en deux ans seulement.
  • Leur rôle de « super reproducteurs » est déterminant pour la survie de l’espèce, dont la population est en déclin drastique.
  • L’élevage en captivité à Christchurch est au cœur de cette stratégie de conservation.
  • Le kākāriki karaka, originaire de Nouvelle-Zélande, est classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Une espèce au bord de l’extinction

Le kākāriki karaka, ou Cyanoramphus malherbi, est une petite perruche reconnaissable à son plumage vert vif et à son front rouge orangé. Comme le rapporte Libération, cette espèce endémique de Nouvelle-Zélande voit sa population s’effriter depuis des décennies en raison de la destruction de son habitat naturel et de la prédation par des espèces introduites, comme les rats ou les hermines. Aujourd’hui, on estime qu’il ne reste plus que quelques centaines d’individus à l’état sauvage, un chiffre qui en fait l’une des espèces d’oiseaux les plus menacées au monde.

Nacho et Trixie, des reproducteurs hors pair

C’est dans ce contexte que Nacho et Trixie, deux perruches élevées en captivité au sein du centre de conservation Isaac Conservation and Wildlife Trust à Christchurch, ont été sélectionnés pour leur potentiel reproductif exceptionnel. Selon les responsables du programme, ce couple a produit plus de 50 oisillons en deux ans, un chiffre qui représente à lui seul plus d’un dixième de la population actuelle de kākāriki karaka. « Leur contribution est inestimable », a déclaré Nicola Toki, directrice de l’organisme de conservation Forest & Bird, à Libération. « Sans eux, les chances de survie de l’espèce seraient bien moindres. »

Une stratégie de conservation ciblée

L’élevage en captivité de Nacho et Trixie s’inscrit dans une stratégie plus large de conservation du kākāriki karaka. Depuis plusieurs années, des programmes de reproduction en milieu contrôlé sont menés en Nouvelle-Zélande pour tenter de reconstituer les effectifs de l’espèce. Ces efforts s’accompagnent de mesures de protection des habitats restants et de programmes de lutte contre les prédateurs introduits. « Chaque oisillon compte », souligne Toki. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de la Conservation pour maximiser les chances de succès. »

Les oiseaux nés en captivité sont ensuite réintroduits dans des zones sécurisées, où les conditions pour leur survie sont réunies. Ces réintroductions, bien que délicates, ont déjà permis d’observer des signes encourageants, avec des naissances dans la nature chez des individus issus de ces programmes.

Et maintenant ?

Les responsables du programme espèrent que Nacho et Trixie continueront à se reproduire dans les années à venir, tout en soulignant que leur rôle, bien que crucial, ne suffit pas à lui seul à sauver l’espèce. D’autres couples reproducteurs doivent être identifiés et intégrés au programme pour diversifier le patrimoine génétique des kākāriki karaka. Une évaluation de l’impact de ces naissances sur la population sauvage est prévue pour 2027, selon les autorités néo-zélandaises. « Nous devons agir vite, mais sans précipitation », a rappelé Toki. « La survie de cette espèce dépend de notre capacité à maintenir ces efforts sur le long terme. »

En attendant, les équipes du centre de Christchurch continuent de surveiller de près la santé de Nacho et Trixie, tout en préparant l’accueil de nouveaux individus dans le cadre du programme. Leur succès, bien que partiel, offre un répit inespéré à une espèce au bord de l’effacement.

Le kākāriki karaka est principalement menacé par la destruction de son habitat naturel, notamment la déforestation, et par la prédation exercée par des espèces introduites comme les rats, les hermines ou les chats sauvages. Ces prédateurs, absents avant l’arrivée des Européens, déciment les populations d’oiseaux incapables de se défendre. Selon les experts, moins de 500 individus subsisteraient aujourd’hui à l’état sauvage.