Selon Top Santé, une étude suédoise publiée en 2025 met en lumière un lien entre les traumatismes vécus dans l’enfance et une augmentation du risque d’endométriose. Cette découverte, encore peu explorée, pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre et prendre en charge cette pathologie qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude suédoise de 2025 révèle un lien entre traumatismes infantiles et risque accru d’endométriose
- L’endométriose concerne 1 femme sur 10 dans le monde
- Cette pathologie, souvent invalidante, reste mal comprise et sous-diagnostiquée
Menée par des chercheurs de l’Institut Karolinska à Stockholm, cette étude s’appuie sur le suivi de plus de 100 000 femmes sur plusieurs décennies. Les résultats, publiés dans la revue Human Reproduction, indiquent que les femmes ayant subi des traumatismes dans leur enfance (violences physiques, abus émotionnels ou négligence) présentent un risque jusqu’à 30 % plus élevé de développer une endométriose à l’âge adulte.
Pour le Dr. Anna Svensson, auteure principale de l’étude et spécialiste en gynécologie, ces conclusions soulignent l’importance d’une approche globale dans la prise en charge de l’endométriose. « Nos données montrent que le stress précoce peut influencer la santé reproductive bien plus tard dans la vie », a-t-elle expliqué. « Cela ne signifie pas que chaque femme ayant vécu un traumatisme développera une endométriose, mais cela suggère que ce facteur doit être pris en compte dans les stratégies de prévention et de diagnostic. »
L’endométriose, caractérisée par la présence de tissus similaires à l’endomètre en dehors de l’utérus, provoque des douleurs chroniques, des règles abondantes et, dans certains cas, une infertilité. Malgré sa fréquence, cette maladie reste difficile à diagnostiquer, avec un délai moyen de 7 à 10 ans entre les premiers symptômes et la confirmation médicale. Selon l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), environ 2,5 millions de femmes seraient concernées en France.
Les mécanismes biologiques reliant les traumatismes infantiles à l’endométriose restent à éclaircir. Plusieurs hypothèses sont avancées : l’hypothèse d’un dérèglement du système immunitaire dû au stress prolongé, ou encore celle d’une modification de la réponse inflammatoire dans l’organisme. « Ces pistes méritent d’être approfondies », a souligné le Dr. Svensson. « Nous travaillons désormais sur l’identification de marqueurs biologiques qui pourraient aider à prédire quelles femmes sont les plus à risque. »
En France, où l’endométriose est désormais reconnue comme une affection de longue durée (ALD), la ministre de la Santé a annoncé en mars 2026 le lancement d’un plan national de sensibilisation incluant une meilleure formation des professionnels de santé aux liens entre santé mentale et santé reproductive. « Nous devons sortir de la vision fragmentée de la médecine », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse. « Le corps et l’esprit sont indissociables, et cette étude le prouve une fois de plus. »
Reste à savoir si ces avancées se traduiront par une amélioration concrète des délais de diagnostic et des prises en charge, un enjeu majeur pour les millions de femmes concernées.
Selon l’étude suédoise, les violences physiques, les abus émotionnels et la négligence sont les traumatismes les plus significativement liés à un risque accru. Les chercheurs précisent que ce n’est pas le type de traumatisme en soi qui compte, mais plutôt la durée et l’intensité du stress subi pendant l’enfance.