Les premiers Enhanced Games, une compétition où le dopage est autorisé et encadré, s’ouvrent ce dimanche 24 mai 2026 à Las Vegas, aux États-Unis. Selon RMC Sport, 42 athlètes — dont 29 hommes et 13 femmes — participeront à cet événement controversé, organisé dans un casino de la ville américaine devant 2 500 spectateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • 42 athlètes (29 hommes, 13 femmes) prennent part aux Enhanced Games 2026 à Las Vegas.
  • L’événement se déroule dans un casino, avec un public de 2 500 personnes.
  • Les épreuves proposées incluent l’athlétisme (100 m), la natation et l’haltérophilie.
  • Jean Galfione, champion olympique 1996, critique vivement cette initiative, la jugeant « sans intérêt sportif ».
  • Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, qualifie ces Jeux de « business de la triche » et de « dégradant pour les athlètes ».

Au programme de cette première édition : des épreuves d’athlétisme (100 mètres), de natation (nage libre et papillon) et d’haltérophilie (arraché, épaule-jeté et soulevé de terre). Si certains y voient une exploration des limites humaines et technologiques, cette compétition suscite une vive opposition dans le monde sportif. Deux figures majeures, Jean Galfione et Amélie Oudéa-Castéra, n’ont pas manqué de s’exprimer sur le sujet.

Une compétition « sans intérêt sportif », selon Jean Galfione

Intervenant samedi 23 mai 2025 sur Public Sénat, Jean Galfione, ancien sauteur à la perche et désormais responsable de la haute performance à la Fédération française d’athlétisme (FFA), a vivement critiqué les Enhanced Games. « Il n’y a aucun intérêt sportif », a-t-il affirmé, ajoutant que « le danger médical est inconscient ». Pour lui, cette compétition ne relève pas du sport traditionnel, mais d’une dérive dangereuse. « Courir le 100 mètres en pente avec une turbine de dix mètres dans le dos ? Ce n’est même pas beau, ce n’est même pas impressionnant en fin de compte », a-t-il lancé.

Galfione a également mis en garde contre les risques encourus par les athlètes. « Outre le danger médical, il n’y a aucun intérêt sportif à participer à ce genre d’événement », a-t-il martelé. Pour lui, ces Jeux légalisés du dopage ne font qu’ouvrir la porte à des dérives incontrôlables, sans apporter de valeur ajoutée au sport. « Quel est l’intérêt de battre des records en étant dopé ? Ce ne sont pas des records, c’est une tricherie », a-t-il conclu.

Amélie Oudéa-Castéra dénonce un « business de la triche »

De son côté, la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Amélie Oudéa-Castéra, a qualifié les Enhanced Games de « pervers », « dégradant » et « dangereux ». Interrogée par RMC Sport, elle a estimé que cette compétition « banalise le dopage sous couvert d’innovation ». « Je n’appelle pas ça du sport. J’appelle ça un business de la triche qui n’a aucun intérêt sportif », a-t-elle déclaré. Selon elle, battre des records en étant dopé revient à falsifier les performances, ce qui porte atteinte à l’éthique sportive.

Oudéa-Castéra a également souligné que ces Jeux ne représentent en rien une avancée pour le sport. « Quand on bat des records en étant dopé, ce ne sont pas des records : c’est une tricherie. Et je trouve que c’est dégradant pour les athlètes qui, eux, respectent les règles », a-t-elle précisé. Pour elle, cette initiative risque de nuire à l’image du sport et de ses valeurs fondamentales, comme le fair-play et l’intégrité.

Un événement controversé qui divise

Les Enhanced Games, portés par leur fondateur Arne Ljungqvist, un ancien membre du Comité international olympique (CIO), se présentent comme une tentative de repousser les limites du corps humain. Pour ses défenseurs, cette compétition permettrait d’étudier les effets des substances dopantes dans un cadre sécurisé et encadré. Cependant, l’absence de consensus autour de cette initiative est flagrante. Plusieurs fédérations sportives et athlètes ont déjà pris leurs distances, dénonçant une violation des principes éthiques du sport.

Parmi les disciplines proposées, la natation et l’athlétisme sont les plus représentées. Les sprinteurs et nageurs, en particulier, sont souvent associés aux scandales de dopage. Leur participation à ces Jeux ne manque pas de surprendre, voire de choquer, une partie du milieu sportif. « Ces athlètes qui tournent le dos au sport traditionnel le font pour des raisons financières ou médiatiques, mais pas pour l’amour du sport », a estimé Galfione.

Et maintenant ?

Alors que les Enhanced Games débutent ce dimanche, les réactions négatives pourraient s’amplifier dans les prochains jours. Plusieurs fédérations internationales pourraient durcir leur position, tandis que des voix s’élèveront pour demander une interdiction pure et simple de ce type d’événements. Pour l’instant, rien n’indique que ces Jeux deviendront une référence. Reste à voir si cette initiative survivra à la polémique ou si elle restera un simple coup médiatique.

Quoi qu’il en soit, ces Enhanced Games soulèvent une question plus large : jusqu’où peut-on aller dans la quête de performance au détriment de l’éthique sportive ? Une réflexion qui dépasse largement le cadre de cette compétition et qui interroge l’avenir du sport mondial.

Les Enhanced Games ont été lancés par Arne Ljungqvist, un ancien membre du Comité international olympique (CIO), selon RMC Sport.

Les épreuves proposées incluent l’athlétisme (100 mètres), la natation (nage libre et papillon) et l’haltérophilie (arraché, épaule-jeté et soulevé de terre).