Une nouvelle enquête de l'organisation de défense animale L214 révèle des scènes de maltraitance dans un élevage intensif de dindes destiné à la grande distribution, notamment à Carrefour. Les images, diffusées ce 20 mai 2026, montrent des animaux sales, blessés, voire morts, entassés dans des conditions insalubres. L'élevage incriminé appartient à la coopérative Terrena et est situé à Sèvremoine, dans le Maine-et-Loire.
Ce qu'il faut retenir
- Un élevage de dindes appartenant à la coopérative Terrena, situé à Sèvremoine (Maine-et-Loire), est au cœur d’une enquête de L214.
- Les images publiées montrent des dindes et dindons sales, déplumés, blessés ou morts, entassés dans des conditions insalubres.
- L214 dénonce un entassement de milliers d’animaux sur leurs déjections, illustrant des pratiques d’élevage intensif controversées.
- Les images et vidéos ont été transmises à la grande distribution, dont Carrefour, qui commercialise ces produits sous sa marque.
Une enquête menée par L214 sur les pratiques d’élevage intensif
Comme le rapporte Reporterre, l’organisation de défense animale L214 a mené une nouvelle enquête sur les conditions de vie des animaux d’élevage. Après avoir documenté des maltraitances sur des lapins, des cailles ou encore des cochons, cette fois, l’association s’est concentrée sur les dindes. Les images collectées dans un élevage de la coopérative Terrena, à Sèvremoine, sont accablantes. Des animaux sales, blessés, et parfois morts, côtoient des milliers de leurs congénères entassés sur des déjections, selon les constats de L214.
L’élevage en question fournit des dindes à plusieurs enseignes de la grande distribution, dont Carrefour. L214 a transmis ces images aux supermarchés concernés pour leur demander des comptes sur leurs pratiques d’approvisionnement. La coopérative Terrena, de son côté, n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations.
Des conditions d’élevage incompatibles avec le bien-être animal
Les images diffusées par L214 illustrent des pratiques d’élevage intensif où les animaux vivent dans des espaces confinés, sans accès à des conditions décentes. « Les dindes et dindons sont entassés par milliers sur leurs déjections », souligne l’organisation dans un communiqué. Ces conditions favorisent la propagation de maladies, augmentent le stress des animaux et peuvent conduire à des morts prématurées. Autant dire que les standards de bien-être animal, même minimaux, ne sont pas respectés.
Selon L214, ces pratiques sont récurrentes dans les élevages intensifs, où la rentabilité prime souvent sur le respect de la vie animale. L’association rappelle que la France est le premier pays européen producteur de dinde, avec une production annuelle de plus de 100 millions d’oiseaux. Pourtant, les réglementations en matière de bien-être animal restent floues et peu contraignantes pour les éleveurs.
Carrefour interpellé sur ses pratiques d’approvisionnement
Les images de maltraitance ont été transmises à plusieurs enseignes de la grande distribution, dont Carrefour, qui commercialise des dindes issues de cet élevage sous sa marque distributeur. La question se pose donc : quelles garanties ces enseignes offrent-elles à leurs clients sur les conditions d’élevage des animaux qu’elles vendent ? Carrefour, contacté par Reporterre, n’a pas encore réagi officiellement. L’enseigne pourrait être amenée à suspendre ses commandes auprès de la coopérative Terrena en attendant les résultats d’une éventuelle enquête interne.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où la grande distribution est de plus en plus critiquée pour son manque de transparence sur ses filières d’approvisionnement. Plusieurs associations, dont L214, réclament une réforme des pratiques d’élevage et une meilleure traçabilité des produits animaux vendus en supermarché.
Cette nouvelle enquête rappelle l’urgence d’une régulation plus stricte des pratiques d’élevage en France. Alors que les attentes des consommateurs en matière de bien-être animal grandissent, les acteurs de la grande distribution et les éleveurs devront tôt ou tard rendre des comptes.
En France, la maltraitance animale est punie par la loi. Selon le code rural, un éleveur reconnu coupable de maltraitance peut écoper d’une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros, et jusqu’à deux ans de prison en cas de sévices graves ou d’actes de cruauté. L’élevage pourrait également être fermé temporairement ou définitivement, et les animaux saisis pourraient être placés dans des refuges.