Plus de quatre femmes sur dix déclarent avoir été victimes de violences gynécologiques ou obstétricales en consultation, selon une enquête de l’association StopVOG publiée jeudi 18 juin 2026. Ces résultats, obtenus à partir d’un questionnaire en ligne complété par plus de 10 000 personnes entre juillet et décembre 2025, révèlent l’ampleur d’un phénomène que l’association qualifie de « non marginal », mais bien de « violences sexistes en santé ».
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 40 % des femmes interrogées déclarent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales.
- Plus d’une femme sur deux témoigne d’atteintes graves au consentement, pouvant relever de violences sexuelles selon StopVOG.
- Les principaux auteurs cités sont les gynécologues (39,7 %), suivis des médecins (14,8 %), des sages-femmes (12,7 %) et, plus rarement, des internes ou soignants paramédicaux.
- Les mineures rapportent des examens imposés sans consentement effectif ni information adaptée à leur âge.
- Les conséquences incluent un impact délétère sur le suivi médical et des troubles psychiques.
Une enquête révélant des pratiques préoccupantes en consultation
L’enquête menée par StopVOG met en lumière des pratiques variées, allant des examens gynécologiques réalisés sans consentement à l’ignorance des douleurs exprimées par les patientes. Les répondantes dénoncent également des actes contraires aux recommandations médicales en vigueur. « Les atteintes au consentement dans le soin, ainsi que les violences obstétricales et gynécologiques, sont de grande ampleur en France », affirme l’association dans sa synthèse, soulignant que ces actes relèvent de violences sexistes structurelles dans le domaine de la santé.
Parmi les cas les plus préoccupants figurent ceux des mineures, qui rapportent des examens imposés sans explication adaptée à leur âge ou sans leur accord réel. Ces témoignages s’inscrivent dans un contexte où les associations, dont StopVOG, multiplient les appels à une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes, notamment après l’affaire Lyhanna.
Un phénomène touchant toutes les tranches d’âge et tous les professionnels de santé
Les auteurs de ces violences ne se limitent pas aux gynécologues, bien que ceux-ci soient les plus souvent cités (39,7 % des cas). Les médecins généralistes ou spécialistes dans d’autres domaines représentent 14,8 % des auteurs présumés, tandis que les sages-femmes sont impliquées dans 12,7 % des situations rapportées. Les internes et les soignants paramédicaux sont, quant à eux, rarement mis en cause, mais restent concernés par certaines pratiques problématiques.
Les violences ne se limitent pas à un type d’acte spécifique. Les femmes interrogées évoquent des douleurs ignorées, des interventions réalisées sans information préalable, ou encore des remarques inappropriées de la part des professionnels de santé. Ces situations entraînent souvent un rejet du suivi médical ultérieur, avec des conséquences directes sur la santé des patientes.
Des répercussions majeures sur la santé physique et mentale
Les conséquences de ces violences sont multiples et parfois durables. StopVOG alerte particulièrement sur l’impact délétère sur le suivi médical : certaines femmes renoncent à consulter par crainte de revivre des expériences traumatisantes. D’autres développent des troubles psychiques, tels que l’anxiété, la dépression ou des syndromes de stress post-traumatique. « Ces violences laissent des traces profondes, tant sur le plan physique que mental », précise l’association.
Ces résultats interviennent alors que la société civile et les institutions sanitaires sont appelées à renforcer les mécanismes de protection des patientes. L’enquête souligne l’urgence d’une prise de conscience collective et d’une réponse adaptée, tant au niveau individuel que systémique.
Un contexte national marqué par des mobilisations citoyennes
L’enquête de StopVOG s’inscrit dans un mouvement plus large de dénonciation des violences faites aux femmes et aux mineures en France. Après l’affaire Lyhanna, qui a révélé l’ampleur des agressions sexuelles sur mineures, de nombreuses associations ont réclamé une législation plus stricte. Ces revendications ont trouvé un écho auprès de plusieurs groupes parlementaires, qui travaillent actuellement sur des textes visant à renforcer la protection des victimes et à sanctionner les auteurs de ces violences.
StopVOG, créée en 2019, milite depuis plusieurs années pour la reconnaissance des violences gynécologiques et obstétricales comme une forme de violence sexiste. L’association organise régulièrement des campagnes de sensibilisation et propose un accompagnement juridique aux victimes. Ses militantes appellent désormais à une réforme en profondeur du système de santé, afin de garantir le respect des droits des patientes à chaque étape de leur parcours médical.
StopVOG prévoit de transmettre les résultats de son enquête aux autorités sanitaires et aux parlementaires, afin d’alimenter les débats sur une éventuelle loi cadre. L’association organisera également des rencontres avec les victimes pour recueillir des témoignages supplémentaires et renforcer sa légitimité dans les négociations à venir.