Une récente étude du ministère de l’Éducation nationale, révélée par Libération, met en lumière la rémunération des enseignants en France. Le chiffre médiatisé de **3 090 euros brut mensuels** en moyenne masque en réalité des disparités marquées entre les différents niveaux de carrière et statuts. Ces écarts, souvent ignorés, soulèvent des questions sur l’équité salariale au sein de la fonction publique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le salaire moyen brut des enseignants s’élève à 3 090 euros par mois, selon les données du ministère de l’Éducation nationale.
  • Ce chiffre masque des écarts importants entre les enseignants débutants et confirmés, ainsi qu’entre les différents statuts.
  • Les professeurs des écoles et les certifiés perçoivent en moyenne des rémunérations inférieures à celles des agrégés.
  • Les primes et indemnités jouent un rôle clé dans la variation des salaires.
  • La grille indiciaire de la fonction publique, figée depuis des années, limite les évolutions salariales.

Une moyenne qui occulte des réalités contrastées

Le chiffre de 3 090 euros brut par mois, souvent cité pour illustrer la rémunération des enseignants, correspond à une moyenne calculée sur l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale. Pourtant, comme le rappelle Libération, cette moyenne ne reflète pas la diversité des situations. Un professeur des écoles en début de carrière touche généralement entre 2 200 et 2 500 euros brut, tandis qu’un enseignant agrégé expérimenté peut atteindre 4 500 euros ou plus. Ces écarts s’expliquent par les grilles indiciaires, les primes et les évolutions de carrière, qui varient selon le statut et l’ancienneté.

Des statuts qui pèsent sur le niveau de rémunération

Parmi les enseignants, trois principaux statuts coexistent : les professeurs des écoles, les professeurs certifiés et les professeurs agrégés. D’après les données ministérielles, les professeurs des écoles perçoivent en moyenne **2 800 euros brut** par mois, contre **3 200 euros** pour les certifiés et **3 800 euros** pour les agrégés. «

Ces différences s’expliquent par la nature des concours d’accès à ces statuts, ainsi que par les responsabilités qui leur sont associées
», précise un porte-parole du ministère. Les agrégés, recrutés sur concours plus sélectifs, bénéficient ainsi d’une rémunération plus élevée, reflétant leur niveau d’études et leurs missions.

Les primes, qui complètent le salaire de base, jouent également un rôle crucial. Elles incluent des indemnités pour l’enseignement en zone d’éducation prioritaire, des majorations pour heures supplémentaires ou encore des primes spécifiques comme l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE). Ces compléments peuvent représenter jusqu’à 20 % du salaire brut pour certains enseignants, mais leur attribution reste inégale et dépend des académies.

L’impact de l’ancienneté et des évolutions de carrière

L’ancienneté est un autre facteur déterminant dans la variation des salaires. Un enseignant en début de carrière, après cinq ans d’exercice, perçoit en moyenne **2 700 euros brut**, contre **3 500 euros** pour un enseignant ayant atteint le grade de hors classe, soit après 27 ans de service. «

Les grilles indiciaires de la fonction publique sont conçues pour récompenser l’expérience, mais leur rigidité limite les progressions rapides
», souligne un syndicaliste du SNUipp-FSU. Cette lente évolution salariale est souvent pointée du doigt par les enseignants, qui dénoncent une stagnation des rémunérations malgré l’inflation.

Par ailleurs, les enseignants en zone d’éducation prioritaire (REP et REP+) bénéficient d’une prime annuelle supplémentaire pouvant aller jusqu’à 2 000 euros. Cependant, cette indemnité, bien que significative, ne suffit pas à compenser les charges de travail accrues dans ces établissements. «

On nous demande d’enseigner dans des conditions difficiles, mais les primes ne reflètent pas toujours l’engagement nécessaire
», confie une enseignante en REP, citée par Libération.

Et maintenant ?

La publication de ces données pourrait relancer le débat sur la revalorisation des salaires des enseignants, un sujet récurrent dans les négociations entre l’État et les syndicats. Le gouvernement a récemment annoncé une enveloppe de 200 millions d’euros pour revaloriser les primes des enseignants en REP+, mais cette mesure reste insuffisante aux yeux de la plupart des syndicats. Une réunion est prévue pour le **15 septembre 2026** entre le ministère et les représentants des personnels, où la question des grilles salariales devrait être abordée. Reste à voir si cette étude servira de levier pour des négociations plus ambitieuses.

En attendant, la révélation de ces écarts de rémunération pourrait alimenter les revendications des enseignants, alors que le mécontentement persiste dans la profession. Les prochains mois diront si cette étude, largement médiatisée, débouchera sur des mesures concrètes ou restera lettre morte.

Le salaire moyen de 3 090 euros brut par mois correspond à une moyenne calculée sur l’ensemble des enseignants de la fonction publique, tous statuts et niveaux de carrière confondus. Il inclut le salaire de base, les primes et indemnités, mais ne reflète pas les disparités individuelles.

Les enseignants peuvent bénéficier de plusieurs primes, dont l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE), les majorations pour heures supplémentaires, les primes de zone d’éducation prioritaire (REP/REP+), et des indemnités spécifiques comme l’indemnité de direction d’école.