La plateforme Epic Games Store, connue pour sa politique d’offres promotionnelles agressives, parvient à attirer ponctuellement un grand nombre de joueurs, mais échoue à les conserver sur la durée. C’est ce que révèlent d’anciens employés de l’entreprise, interrogés par Frandroid. Selon eux, cette stratégie commerciale, bien que efficace pour générer des pics d’utilisateurs, ne suffit pas à garantir une fidélisation à long terme.
Ce qu'il faut retenir
- L’Epic Games Store mise sur des offres gratuites régulières pour attirer les joueurs en masse, mais cette approche ne garantit pas leur rétention.
- D’anciens employés de la plateforme soulignent que les joueurs reviennent principalement pour les promotions, puis quittent la plateforme une fois celles-ci terminées.
- Contrairement à son concurrent Steam, Epic Games n’a pas encore réussi à créer un écosystème suffisamment attractif pour fidéliser sa base d’utilisateurs.
- La plateforme enregistre des pics d’utilisateurs simultanés lors des distributions de jeux gratuits, mais ces chiffres chutent rapidement par la suite.
Une stratégie commerciale axée sur le court terme
L’Epic Games Store s’est distinguée dès son lancement en proposant régulièrement des jeux gratuits à ses utilisateurs. Une stratégie qui, selon d’anciens salariés du géant du jeu vidéo, permet de générer des pics d’utilisateurs simultanés significatifs. « Les distributions gratuites de jeux comme *GTA V* ou *Civilization VI* ont permis à la plateforme d’enregistrer des records de connexions en simultané », précise un ancien responsable marketing de l’entreprise.
Pourtant, cette approche commerciale, bien que efficace pour attirer l’attention, ne semble pas suffisante pour convertir ces utilisateurs occasionnels en joueurs réguliers. « Le problème, c’est que les joueurs viennent surtout pour les cadeaux, puis repartent une fois la promotion terminée », explique un ex-employé. Autant dire que la rétention reste un défi majeur pour Epic Games.
Steam, un modèle plus attractif pour les joueurs
Face à l’Epic Games Store, Steam continue de dominer le marché des plateformes de distribution de jeux vidéo. Contrairement à son concurrent, Steam mise davantage sur son écosystème communautaire, ses outils de modding et son catalogue historique pour fidéliser sa base d’utilisateurs. « Steam a l’avantage d’être perçu comme une référence par les joueurs, grâce à sa bibliothèque quasi illimitée et ses fonctionnalités sociales », indique un analyste du secteur.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Steam enregistre en moyenne 120 millions d’utilisateurs actifs mensuels, contre environ 60 millions pour l’Epic Games Store. Un écart qui s’explique en partie par la fidélité des joueurs envers la plateforme historique, mais aussi par son modèle économique moins dépendant des promotions ponctuelles.
Un écosystème encore en construction
Malgré ses efforts, l’Epic Games Store peine à se différencier durablement. Si la plateforme a réussi à attirer des éditeurs majeurs comme Ubisoft ou Bandai Namco, son catalogue reste moins varié que celui de Steam. « Epic a encore du travail pour convaincre les joueurs de rester, notamment en développant des fonctionnalités sociales ou des services exclusifs », souligne un ancien employé.
Pourtant, la plateforme ne manque pas d’atouts. Son intégration avec le moteur Unreal Engine et ses partenariats avec des studios indépendants pourraient, à terme, lui permettre de se forger une identité plus forte. « La clé du succès réside dans la capacité d’Epic à créer un écosystème cohérent, et pas seulement dans les promotions », analyse un expert du secteur.
Pour l’instant, l’Epic Games Store reste un acteur marginal face à Steam, malgré ses ambitions affichées. Son avenir dépendra de sa capacité à transformer ses utilisateurs occasionnels en clients réguliers — un défi qui s’annonce plus complexe qu’une simple distribution de jeux gratuits.
Selon d’anciens employés, les joueurs reviennent principalement pour les offres gratuites, comme les distributions de jeux. Une fois ces promotions terminées, ils n’ont aucune raison de rester, faute d’un écosystème aussi attractif que celui de Steam.
