Selon Franceinfo - Santé, l’association Hope, fondée par Annabel Brourhant, propose des séjours entièrement gratuits aux femmes ayant surmonté un cancer. Ces retreats, organisés dans un haras savoyard, combinent équithérapie et ateliers artistiques pour les aider à retrouver confiance et joie de vivre. Quatre jours pour « se remettre en selle » après une épreuve aussi difficile que la maladie.
Ce qu'il faut retenir
- L’association Hope, créée par Annabel Brourhant, accompagne les femmes après un cancer via des séjours gratuits mêlant équithérapie et art.
- Douze participantes étaient réunies dans un haras savoyard pour une session de quatre jours de thérapie par le cheval et d’ateliers créatifs.
- Annabel Brourhant, quadruple rescapée d’un cancer, s’est inspirée de sa propre expérience avec les chevaux pour lancer cette initiative.
- Les participantes, comme Annie-Rose ou Lydie, décrivent ces rencontres comme un « libératoire » et une « renaissance ».
- Depuis trois mois, l’association s’appuie aussi sur des bénévoles, comme Muriel Verdon, pour pérenniser son action.
Une thérapie par le cheval, un lien sans jugement
Dans un haras savoyard, une douzaine de femmes, toutes anciennes patientes atteintes d’un cancer, participent à un séjour organisé par l’association Hope. Leur objectif : se reconstruire, entre rires et larmes, grâce à la présence des chevaux et aux ateliers artistiques. « L’un est non-jugeant, l’autre se pose plein de questions », explique Annabel Brourhant, fondatrice de l’association. « Et tout d’un coup, si la bulle se fait, c’est comme si c’était un libératoire. »
Pour Annie-Rose, le premier face-à-face avec un cheval a été une révélation. « Je ne pensais pas me laisser envahir par autant d’émotions. Je n’ai plus rien qui compte, mis à part lui et moi », confie-t-elle, émue. Lydie, elle, évoque une « ouverture du cœur ». « Avec la maladie, je me suis coupée du monde. Je mettais tout de côté pour être forte », précise-t-elle. Ces témoignages illustrent l’impact immédiat de l’équithérapie sur leur moral.
Annabel Brourhant, une fondatrice inspirée par son propre combat
Annabel Brourhant n’est pas une simple observatrice : elle a elle-même survécu à quatre cancers, dont un cancer du sein et des mélanomes. C’est grâce à sa passion pour les chevaux qu’elle a trouvé la force de se battre. « Je me suis aperçue qu’être auprès de mes chevaux me faisait complètement oublier la maladie », explique-t-elle. « J’avais envie de bouffer la vie parce que je me suis dit peut-être que je ne serais pas là demain ou l’année prochaine. »
Fort de cette expérience, elle a créé Hope en 2024 pour offrir aux femmes un espace où se reconstruire, « une petite boîte à outils » pour « redémarrer autre chose ». Son engagement repose sur une conviction : après un cancer, il faut plus que des mots pour se relever. Il faut une communauté, des activités porteuses de sens, et un environnement bienveillant.
Un groupe qui soigne autant que les chevaux
Le séjour ne se limite pas aux interactions avec les animaux. Les participantes partagent aussi des moments forts autour d’ateliers artistiques. Ce matin-là, elles participent à un atelier chant avec des chevaux, où « les émotions et les voix se libèrent ». « Je n’arrivais plus à chanter, et là, avec cette bienveillance, c’est revenu avec encore beaucoup plus d’émotions. C’est un nouveau départ, certainement », confie Emilie Chanel, l’une des bénéficiaires. « C’est un endroit où on peut tout déposer et on se ressource énormément », ajoute Marie Elise Chetail, autre participante.
Pour Muriel Verdon, ancienne patiente devenue bénévole en cuisine, ces séjours sont aussi l’occasion de briser un tabou. « Il y a des familles pour lesquelles le mot ‘cancer’, c’est tabou. On ne veut pas entendre, parce que ça fait peur », souligne-t-elle. « Ici, on partage tout : la chambre, les bobos et tout ce qui blesse. » Un échange qui, selon elle, permet de « vider son sac » et de tourner une page.
Un modèle en expansion, mais encore fragile
Depuis son lancement, l’association Hope a accompagné plusieurs centaines de femmes à travers la France. Chaque année, de nouvelles sessions sont organisées, avec l’objectif d’accueillir toujours plus de participantes. Pourtant, le modèle reste fragile : il dépend entièrement des dons et du bénévolat. « On ne compte pas s’arrêter là », assure Annabel Brourhant. « Mais pour grandir, il nous faut des moyens. »
L’association collabore avec des haras partenaires, comme celui de Savoie où se déroule actuellement le séjour, pour offrir un cadre naturel et apaisant. « On leur donne le moyen de redémarrer autre chose », explique la fondatrice. Une phrase qui résume à elle seule la mission de Hope : transformer l’épreuve en opportunité, et la peur en confiance.
Selon les dernières données disponibles, près de 400 femmes ont déjà bénéficié des séjours Hope depuis sa création. Un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2027, si les financements suivent. Une chose est sûre : pour ces « guerrières », comme elles se surnomment entre elles, chaque journée dans le haras est une victoire.
Les séjours sont ouverts aux femmes ayant terminé leur traitement contre le cancer. Les candidatures se font en ligne sur le site de l’association Hope, où un formulaire permet de décrire son parcours et ses attentes. Les places sont attribuées selon les disponibilités et les besoins exprimés.