Un patient de 35 ans, Maxime K, a subi une erreur médicale particulièrement grave lors d’une intervention des sinus à la clinique Paris-Bercy, située à Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne. Selon Futura Sciences, il s’est réveillé sans son œil gauche après une opération censée durer une heure mais qui a finalement duré cinq heures.
Ce qu'il faut retenir
- Un patient de 35 ans, Maxime K, a perdu son œil gauche lors d’une opération des sinus à la clinique Paris-Bercy (Charenton-le-Pont, Val-de-Marne).
- L’intervention, prévue pour une heure, a duré cinq heures en raison d’une hémorragie abondante et de complications.
- La chirurgienne a utilisé un shaver, un outil aspirant, qui a aspiré par erreur le globe oculaire du patient.
- Le patient a été transféré dans un autre établissement pour une greffe dermo-graisseuse et un nettoyage des sinus non effectué lors de la première intervention.
- La clinique a reconnu que « ce type d’événement est très rare » et que c’est la première fois qu’un accident de ce type survient dans ses locaux.
Une intervention banale devenue dramatique
Maxime K souffrait depuis plusieurs mois de sinusites chroniques et de sinus encombrés. Malgré les traitements prescrits par son médecin, ses symptômes persistaient. Une opération de méatotomie moyenne endonasale du sinus maxillaire gauche lui a donc été proposée. Cette technique, réalisée sous anesthésie générale, consiste à agrandir l’ouverture naturelle des sinus à l’aide d’une caméra insérée dans la voie nasale, afin d’améliorer leur drainage.
Le 6 janvier 2026, alors que Paris était paralysé par une tempête de neige, Maxime s’est rendu à la clinique Paris-Bercy. « Paris était bloqué par la neige. Je me souviens avoir hésité à me rendre à l’hôpital, mais j’y suis finalement allé », a-t-il expliqué à Futura Sciences. Pourtant, tout ne s’est pas passé comme prévu.
Une complication majeure et une erreur aux conséquences irréversibles
Prévue pour durer une heure, l’opération a finalement nécessité cinq heures. Une hémorragie abondante, impossible à stopper malgré des méchages répétés, a compliqué l’intervention. La chirurgienne a également constaté la présence de polypes, ce qui l’a poussée à utiliser un shaver, un instrument équipé d’une lame rotative et d’un système d’aspiration. C’est à ce moment-là que l’erreur s’est produite : l’outil a aspiré le globe oculaire gauche de Maxime.
Dans son compte-rendu, la chirurgienne a simplement mentionné avoir constaté « un saignement palpébral », sans préciser l’origine de l’hémorragie. Ce n’est qu’au retrait du pansement, après l’opération, qu’elle a réalisé l’ampleur du drame : « une absence clinique de globe oculaire ». Le patient, encore sous l’effet de l’anesthésie, n’a pas immédiatement pris conscience de ce qui s’était passé.
« Elle croyait qu’il s’agissait d’un polype. C’était en réalité mon globe oculaire. Elle a vidé mon œil comme un raisin. »
Maxime K, patient victime de l’erreur médicale
Transfert en urgence et reconstruction partielle
Maxime a été transféré dans un hôpital spécialisé en ophtalmologie pour une prise en charge d’urgence. Les médecins ont comblé la cavité oculaire vide en réalisant une greffe dermo-graisseuse. Ils ont également nettoyé ses sinus — une étape qui n’avait pas été effectuée lors de la première intervention — et retiré une dent, identifiée comme la cause de ses sinusites à répétition. « On m’a aussi enlevé une dent, qui était la cause de mes sinusites. Ils ont tout fait d’un coup », a-t-il précisé.
Malgré l’ampleur de l’erreur, Maxime affirme ne pas ressentir de haine envers la chirurgienne. « Je ne ressens aucune haine, mais de la déception. Je sais qu’elle n’a pas fait exprès », a-t-il déclaré. En revanche, il regrette qu’elle n’ait jamais reconnu explicitement son erreur. La médecin s’est contentée de lui présenter des excuses dans une lettre, sans plus de détails.
Un quotidien marqué par les séquelles physiques et psychologiques
Depuis l’accident, Maxime porte une prothèse oculaire, qu’il dissimule le plus souvent derrière un patch. « Mon œil ne bouge pas, mon regard est mort à gauche, un peu comme une poupée. Mon reflet est difficile à accepter sans le patch. Avec la prothèse, mon fils a peur de moi », a-t-il confié. Ces propos illustrent le poids des séquelles psychologiques et sociales liées à cette erreur médicale.
Côté clinique, la direction a tenu à exprimer sa « plus grande compassion envers le patient ». Elle a également souligné que « ce type d’événement est très rare » et que c’est la première fois qu’un accident de ce genre survient dans l’établissement. Quant à la chirurgienne, elle ne travaille plus dans cette clinique.
Contexte et enjeux de la chirurgie des sinus
Les interventions sur les sinus, bien que courantes, ne sont pas dénuées de risques. Elles visent principalement à traiter des sinusites chroniques ou des polypose naso-sinusiennes. Selon les spécialistes, les complications majeures restent exceptionnelles, mais peuvent survenir en cas d’anatomie complexe ou de pathologies sous-jacentes non détectées. Cette affaire rappelle l’importance d’un diagnostic précis et d’une préparation rigoureuse avant toute intervention chirurgicale.
La chirurgie endonasale, technique utilisée pour Maxime, est largement répandue en raison de sa précision et de sa faible invasivité. Elle repose sur l’utilisation d’endoscopes et d’instruments miniaturisés pour accéder aux cavités sinusiennes. Pourtant, même avec ces outils, les risques de complications — comme les hémorragies ou les lésions des structures adjacentes — existent et doivent être systématiquement anticipés.
Réactions et suivi de l’affaire
Interrogée par Futura Sciences, la clinique Paris-Bercy a confirmé qu’aucune sanction n’avait été prise contre la chirurgienne, celle-ci ayant quitté l’établissement avant toute évaluation formelle. Aucune information n’a filtré concernant d’éventuelles mesures disciplinaires ou une révision des protocoles internes.
Côté patient, Maxime K espère obtenir gain de cause dans ses démarches d’indemnisation. « Je souhaite me faire indemniser pour ce préjudice. Je ne cherche pas à détruire sa carrière, mais je veux que justice soit faite », a-t-il indiqué. Son avocat n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles poursuites judiciaires.
La méatotomie moyenne endonasale est une intervention chirurgicale des sinus qui consiste à agrandir l’ouverture naturelle du sinus maxillaire (situé dans la joue) pour améliorer son drainage. Elle est souvent réalisée à l’aide d’un endoscope, un instrument muni d’une caméra, permettant une visualisation précise des cavités sinusiennes. Cette technique est couramment employée pour traiter les sinusites chroniques ou les polypes naso-sinusiens.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer une erreur médicale en chirurgie des sinus. Parmi les plus fréquents, on retrouve une hémorragie difficile à contrôler, une mauvaise visualisation des structures anatomiques due à un saignement ou à des polypes, ou encore une méconnaissance de l’anatomie du patient. Dans le cas de Maxime K, c’est l’utilisation d’un shaver en présence d’une hémorragie abondante qui a conduit à l’aspiration accidentelle de son globe oculaire. Ces erreurs soulignent l’importance d’une préparation minutieuse et d’un respect strict des protocoles opératoires.