Fin 2010, deux ressortissants britanniques acquièrent pour 2,5 millions d’euros un domaine situé autour du château de la Cazine, à Noth, en Creuse. Leur projet, présenté comme ambitieux, prévoyait la construction d’un golf, d’un spa, de courts de tennis et de 200 appartements haut de gamme. Pour financer ce programme immobilier, les promoteurs promettent à leurs investisseurs un rendement annuel de 6 % pendant cinq ans, puis de 8 % pour les cinq années suivantes, selon Capital.
Plusieurs années plus tard, force est de constater que rien ne s’est concrétisé. Le chantier est aujourd’hui à l’abandon, et les victimes, principalement des retraités, dénoncent une vaste escroquerie. Une information judiciaire pour « escroquerie et blanchiment en bande organisée » a été ouverte, menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux et soutenue par Europol. L’un des deux hommes a été interpellé fin avril 2026 à Marbella, en Espagne, avant d’être placé en détention en attendant son extradition vers la France. Son complice reste activement recherché, tout comme les sommes détournées.
Ce qu'il faut retenir
- 200 000 euros perdus par une victime belge ayant investi dans ce projet immobilier fictif en Creuse.
- 2,5 millions d’euros dépensés en 2010 pour l’acquisition du domaine autour du château de la Cazine à Noth.
- 200 appartements luxueux, un golf, un spa et des courts de tennis promis par les promoteurs, jamais réalisés.
- 6 % de rendement annuel promis pendant cinq ans, puis 8 % les cinq années suivantes aux investisseurs.
- Une information judiciaire ouverte pour « escroquerie et blanchiment en bande organisée » à Bordeaux, avec le soutien d’Europol.
- Un suspect interpellé fin avril 2026 à Marbella (Espagne), en attente d’extradition, tandis que son complice est toujours recherché.
Un projet immobilier présenté comme une opportunité en or
À l’époque, le projet des deux Britanniques semblait prometteur. Installés dans la Creuse, ils avaient acquis un domaine historique pour y développer une infrastructure hôtelière et résidentielle. Les documents présentés aux investisseurs mettaient en avant des rendements attractifs, séduisant notamment des retraités en quête de placements sécurisés. Pourtant, dès les premières années, les signes de dysfonctionnement se sont multipliés. Aucun chantier n’a été lancé, et les premiers versements promis aux investisseurs – un « cashback » de 16 000 euros pour l’une des victimes – n’étaient en réalité que des leurres pour gagner la confiance des participants.
Selon Capital, une victime belge, qui a investi plus de 200 000 euros dans ce projet, a déclaré : « C’était très professionnel. Directement après mon investissement, j’ai reçu ce qu’ils appelaient un cashback, environ 16 000 euros. Aujourd’hui, je suis très en colère. J’ai eu affaire à des irresponsables, des gens qui ne mesurent pas le mal qu’ils peuvent causer. » Son témoignage illustre le sentiment d’injustice partagé par des centaines de victimes, principalement des particuliers ayant placé leurs économies dans ce qui s’est révélé être une pure escroquerie.
La mairie de Noth parmi les lésés : des promesses non tenues
La commune de Noth, dirigée par la maire Stéphanie Montagnac, a également été trompée par les deux promoteurs. « Nous les avons rencontrés trois ou quatre fois, explique l’édile. Ils nous promettaient la création de 200 emplois. On ne pouvait qu’être ravi, mais rien n’a abouti. Aujourd’hui, ils nous doivent même de l’argent au titre de la taxe d’aménagement et du permis de construire. » Ces engagements non tenus ont laissé la municipalité avec des dettes et des projets avortés, aggravant le préjudice local.
Les deux hommes ont pris la fuite au moment où la liquidation judiciaire de leur société a été prononcée, en février 2026. Depuis, les autorités françaises, assistées par Europol, ont mené une enquête approfondie. Les enquêteurs tentent désormais de retracer le parcours des fonds détournés, estimés à plusieurs millions d’euros, tout en recherchant activement le second suspect, toujours en fuite.
Une enquête internationale et des moyens renforcés
L’affaire, qui dépasse les frontières françaises, a mobilisé la JIRS de Bordeaux et Europol. L’interpellation du premier suspect à Marbella, en Espagne, souligne l’ampleur des recherches et la volonté des autorités de démanteler ce réseau d’escroquerie. « Une information judiciaire a été ouverte pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, précise un communiqué des autorités. Les investigations se poursuivent pour identifier l’ensemble des victimes et récupérer les fonds détournés. »
Les victimes, pour la plupart des particuliers, devront désormais se tourner vers les procédures de recouvrement. En France, les associations de défense des consommateurs et les services spécialisés de la répression des fraudes (DGCCRF) appellent à la prudence face aux offres d’investissement immobiliers trop alléchantes. Cette affaire rappelle les risques liés aux placements non régulés et aux projets présentés sans garanties solides.
Cette affaire met en lumière les dangers des investissements immobiliers non encadrés et l’importance de vérifier la solidité des projets avant d’engager des fonds. Les promesses de rendements élevés, sans preuve concrète de faisabilité, doivent alerter les épargnants, surtout lorsqu’elles émanent d’interlocuteurs étrangers ou peu connus localement.
Les victimes sont invitées à déposer plainte pour escroquerie auprès des services de police ou de gendarmerie, puis à se constituer partie civile pour suivre l’information judiciaire. Elles peuvent également contacter la DGCCRF ou des associations de défense des consommateurs pour obtenir un accompagnement. Il est conseillé de rassembler tous les documents relatifs à l’investissement (contrats, relevés bancaires, échanges avec les promoteurs) afin de faciliter les investigations.