Ce vendredi 15 mai, l’émission BFM Bourse diffusée sur BFM Business a consacré une partie de son programme à l’analyse du rebond inattendu de l’indice Empire State aux États-Unis, ainsi qu’aux tensions persistantes sur les taux des marchés obligataires. L’émission, présentée par Antoine Larigaudrie, a réuni plusieurs experts pour décrypter ces mouvements de marché et leurs implications pour les investisseurs. BFM Business propose cette analyse quotidienne du lundi au vendredi, offrant un éclairage sur les tendances macroéconomiques et les opportunités d’investissement.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indice Empire State enregistre un rebond surprenant, selon les experts de l’émission BFM Bourse.
  • Les marchés obligataires restent sous tension, reflétant une incertitude persistante sur les taux d’intérêt.
  • Plusieurs chroniqueurs de l’émission ont également abordé d’autres sujets, comme la taxe sur les holdings patrimoniales ou la valorisation d’Anthropic à 900 milliards de dollars.
  • La chronique USA Today de John Plassard a mis en lumière les désaccords feutrés entre Donald Trump et Xi Jinping avant leur rencontre en Chine.

Un rebond de l’indice Empire State qui surprend les observateurs

Lors de l’émission BFM Bourse, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a souligné le rebond inattendu de l’indice Empire State, un indicateur clé de l’activité manufacturière dans l’État de New York. Ce retournement de tendance a surpris les analystes, qui tablaient plutôt sur un ralentissement en raison des incertitudes économiques persistantes aux États-Unis. « L’indice Empire State a connu une hausse significative ce mois-ci, ce qui contraste avec les anticipations pessimistes des marchés », a-t-il indiqué. Ce rebond pourrait refléter une résilience inattendue du secteur industriel américain, malgré un contexte marqué par des tensions commerciales et des politiques monétaires restrictives.

Les marchés obligataires sous pression : un climat d’incertitude persistant

Parallèlement, les experts de l’émission ont pointé la tension croissante sur les taux obligataires. Kevin Le Nouail, directeur associé en gestion de fortune chez Avant-Garde Family Office, a rappelé que « les obligations rassurent plus qu’elles ne protègent ». Selon lui, la volatilité des taux reflète une incertitude persistante quant à la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Les investisseurs restent prudents, alors que les perspectives de baisse des taux se font attendre, malgré des signaux économiques mitigés.

Cette tension sur les taux s’inscrit dans un contexte plus large de remous sur les marchés obligataires mondiaux. Plusieurs chroniqueurs de BFM Bourse ont souligné que cette situation pourrait peser sur les valorisations des actifs financiers, notamment dans les secteurs sensibles aux taux, comme l’immobilier ou les infrastructures.

D’autres sujets abordés lors de l’émission : de la taxe sur les holdings aux valorisations records

Au-delà de l’indice Empire State, plusieurs intervenants ont exploré d’autres thèmes marquants de la semaine. Pierre-Yves Lagarde, associé gérant chez Cyrus Hérez, s’est penché sur les actifs susceptibles de déclencher la fameuse « taxe de 20 % sur les holdings patrimoniales », un dispositif fiscal français qui suscite des interrogations chez les investisseurs. Il a également mis en garde contre les « erreurs courantes dans les décisions patrimoniales des couples », souvent liées à une méconnaissance des dispositifs fiscaux ou à une mauvaise allocation des actifs.

De son côté, Hugo Voillaume, co-gérant analyste financier chez GAY-LUSSAC GESTION, a analysé le cas de l’entreprise ABP Nocivelli, une société italienne spécialisée dans les composants automobiles, dont les performances récentes ont retenu l’attention des marchés. Son analyse a permis de mieux comprendre les leviers de croissance et les risques associés à ce secteur en pleine mutation.

Les désaccords feutrés entre Trump et Xi avant leur rencontre en Chine

Dans sa chronique USA Today, John Plassard a analysé les tensions sous-jacentes entre les États-Unis et la Chine à l’approche de la visite officielle de Donald Trump en Chine. Selon lui, « les désaccords entre Trump et Xi sont réels, même s’ils restent feutrés ». Ces tensions portent notamment sur les questions commerciales, technologiques et géopolitiques, dans un contexte où les deux puissances cherchent à renforcer leur influence respective. Plassard a également évoqué la « grande IPO de Cerebras », une entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs, ainsi que les « levées de fonds potentielles d’OpenAI » et la hausse spectaculaire de la valorisation d’Anthropic, estimée à 900 milliards de dollars. Ces éléments illustrent l’intensité de la compétition technologique entre les deux pays.

Et maintenant ?

Les prochains jours devraient apporter des éclairages supplémentaires sur la trajectoire de l’indice Empire State et l’évolution des taux obligataires. Les investisseurs surveilleront de près les indicateurs économiques américains, notamment les données sur l’emploi et l’inflation, qui pourraient influencer la politique monétaire de la Fed. Par ailleurs, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en Chine, prévue dans les prochaines semaines, pourrait révéler des avancées ou des reculs dans les relations sino-américaines, avec des répercussions sur les marchés financiers. Enfin, les résultats trimestriels d’entreprises comme Applied Materials, qui a déjà affiché des performances solides au premier trimestre, pourraient confirmer ou infirmer les anticipations de croissance dans le secteur des semi-conducteurs.

Les tensions sur les taux obligataires et les incertitudes liées aux politiques monétaires mondiales devraient continuer de peser sur les marchés dans les semaines à venir. Les investisseurs devront rester attentifs aux signaux envoyés par les banques centrales, notamment la Fed et la Banque centrale européenne, ainsi qu’aux évolutions géopolitiques qui pourraient influencer les flux de capitaux et les valorisations boursières.

Selon John Plassard, le rebond de l’indice Empire State s’explique par une résilience inattendue du secteur manufacturier américain. Malgré un contexte économique marqué par des tensions commerciales et des politiques monétaires restrictives, certaines entreprises semblent avoir mieux résisté que prévu, notamment grâce à des commandes accrues ou à des ajustements stratégiques. Ce rebond contraste avec les anticipations pessimistes des analystes, qui tablaient plutôt sur un ralentissement.