Alors que les marchés américains affichent une sixième semaine consécutive de hausse, les investisseurs s’interrogent sur la meilleure stratégie pour profiter de cette dynamique avec des ETF Amérique : faut-il privilégier une exposition en euros ou en dollars, et surtout, dans quel horizon temporel ? Ce jeudi 7 mai, Grégoire Kounowski, conseiller en stratégie d’investissement chez Norman K, a apporté des éléments de réponse dans le cadre de la chronique Culture Bourse animée par Julie Cohen-Heurton sur BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Kounowski recommande une exposition en euros pour limiter les risques de change sur un horizon de court terme.
  • La sixième semaine de hausse consécutive de Wall Street a été analysée par John Plassard, qui a évoqué plusieurs facteurs macroéconomiques.
  • Les anticipations de chiffre d’affaires d’ARM et le blocage des négociations commerciales entre l’UE et les États-Unis ont également été abordés.
  • Les inscriptions au chômage aux États-Unis et la reprise des discussions sur le détroit d’Ormuz ont influencé les marchés.

Une sixième semaine de hausse pour Wall Street

Dans sa chronique USA Today, publiée ce 7 mai, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a passé en revue les principaux facteurs ayant soutenu la sixième semaine consécutive de hausse des marchés américains. Parmi eux, la hausse des inscriptions au chômage aux États-Unis, qui a atteint 3,9 % en avril selon les dernières données disponibles, reste un indicateur scruté de près. « Les chiffres du chômage montrent une légère détérioration du marché du travail, mais sans alerte majeure pour l’instant », a-t-il précisé.

Autre élément clé : la reprise des discussions diplomatiques concernant le déblocage du détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le transport du pétrole. « Toute avancée dans ce dossier pourrait stabiliser les cours des matières premières, ce qui bénéficierait aux marchés », a-t-il ajouté. Les anticipations autour des résultats d’ARM, le concepteur de puces électroniques, ont également alimenté l’optimisme des investisseurs, avec des prévisions de chiffre d’affaires supérieur aux attentes du marché.

ETF Amérique : euros ou dollars, quel choix pour le court terme ?

Interrogé sur la stratégie à adopter pour les ETF Amérique en période de court terme, Grégoire Kounowski a mis en garde contre les risques de change. « Pour un investisseur européen, acheter un ETF libellé en dollars expose à une volatilité supplémentaire liée aux fluctuations de la devise », a-t-il expliqué. « Sur un horizon de quelques semaines ou mois, il est souvent préférable de privilégier une exposition en euros, sauf si l’investisseur a une couverture de change en place. »

Selon lui, cette approche permet de se concentrer sur la performance des actifs sous-jacents sans subir les aléas des marchés des changes. « Les ETF en euros offrent une simplicité et une lisibilité accrues, surtout dans un contexte où les incertitudes géopolitiques peuvent peser sur le dollar », a-t-il souligné. Il a également rappelé que les frais de conversion et les écarts de taux d’intérêt entre l’Europe et les États-Unis pouvaient impacter le rendement final.

Les négociations commerciales UE-États-Unis dans l’impasse

John Plassard a également souligné l’impasse persistante dans les négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis. « Les discussions sur la réduction des droits de douane, notamment sur les produits agricoles et industriels, restent bloquées », a-t-il indiqué. « Pourtant, un accord pourrait relancer les échanges transatlantiques et soutenir la croissance des deux côtés de l’Atlantique. »

Côté entreprises, Maersk, géant danois du transport maritime, a maintenu ses prévisions pour 2026 malgré un premier trimestre marqué par des tensions logistiques. « Les résultats trimestriels publiés cette semaine confirment la résilience du secteur, même si les coûts opérationnels restent élevés », a expliqué Olivier de Royère, gérant actions chez Montpensier Arbevel, lors de son passage dans l’émission. Il a ajouté que « la demande en fret maritime reste soutenue, notamment en Asie, ce qui compense partiellement les perturbations locales. »

Un contexte macroéconomique contrasté

Le marché américain bénéficie d’un environnement où la Réserve fédérale (Fed) semble encline à maintenir ses taux directeurs à un niveau élevé pour lutter contre l’inflation, tout en évitant un ralentissement brutal de l’économie. « La Fed marche sur un fil : elle doit éviter à la fois une surchauffe et une récession », a commenté Plassard. « Les indicateurs récents, comme l’inflation sous-jacente ou les dépenses des ménages, suggèrent une croissance modérée mais stable. »

En Europe, la situation est plus contrastée. Les indicateurs économiques pointent vers un ralentissement de l’activité, notamment en Allemagne, où la production industrielle a reculé de 0,4 % en mars. « Les entreprises européennes doivent composer avec un coût de l’énergie toujours élevé et une demande atone, surtout dans l’industrie », a rappelé Plassard.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être marquées par des annonces de la Fed concernant sa politique monétaire, ainsi que par l’évolution des tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE. Les investisseurs devront surveiller de près les données sur l’emploi aux États-Unis, prévues pour le 9 mai, et les résultats trimestriels des grandes entreprises technologiques américaines, dont les publications s’échelonneront jusqu’à la mi-mai. « L’équilibre reste fragile, et une surprise négative pourrait rapidement inverser la tendance actuelle », a conclu Plassard.

Pour les détenteurs d’ETF Amérique, la prudence reste de mise. Les experts recommandent de diversifier les expositions (en euros et en dollars) et de suivre de près les indicateurs économiques clés, notamment les taux d’intérêt et les tensions géopolitiques. « Le court terme exige de la flexibilité, surtout dans un environnement où les surprises ne sont jamais loin », a résumé Kounowski.

Les principaux risques incluent la volatilité du dollar face à l’euro, les frais de change, et l’impact des taux d’intérêt américains sur la valorisation de l’ETF. Un affaiblissement du dollar pourrait réduire le rendement final en euros, tandis qu’un renforcement du billet vert pourrait, à l’inverse, le booster. « Tout dépend de la stratégie de couverture mise en place », a souligné Grégoire Kounowski.

Les prochaines statistiques sur l’emploi américain, notamment le rapport mensuel sur les créations d’emplois (Non-Farm Payrolls), seront publiées le 9 mai 2026 à 14h30 (heure de Paris). Ce chiffre est considéré comme un indicateur clé de la santé de l’économie américaine et pourrait influencer la politique de la Fed.