Les ex-dirigeants du groupe Lafarge, dont l’ancien PDG Bruno Lafont, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, plus de six semaines après leur incarcération à la suite de leur condamnation pour financement du terrorisme. Cette décision intervient après leur demande de mise en liberté provisoire, formulée mi-mai auprès de la cour d’appel de Paris, alors qu’un nouveau procès en appel est attendu, comme le rapporte BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Neuf anciens responsables de Lafarge, dont Bruno Lafont et Christian Herrault, ont été condamnés le 13 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir versé près de 5,6 millions d’euros à des groupes jihadistes en Syrie entre 2013 et 2014.
- Ces paiements, réalisés via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), visaient à maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors en pleine guerre civile.
- Les neuf prévenus, reconnus coupables de financement du terrorisme, ont été incarcérés mi-avril, mais ont obtenu leur libération sous contrôle judiciaire après leur demande de mise en liberté provisoire.
- Cette décision intervient dans l’attente d’un nouveau procès en appel, dont les modalités restent à préciser par la cour d’appel de Paris.
Un financement controversé au cœur de l’affaire
En avril 2026, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans une affaire qui secoue le secteur industriel français depuis des années. Neuf anciens responsables du groupe Lafarge, dont l’ex-PDG Bruno Lafont et son adjoint Christian Herrault, ont été déclarés coupables de financement du terrorisme pour avoir versé près de 5,6 millions d’euros à des groupes jihadistes syriens entre 2013 et 2014. Ces paiements, effectués via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), avaient pour objectif de garantir la poursuite de l’activité d’une cimenterie située à Jalabiya, dans une zone alors ravagée par la guerre civile.
Selon les éléments du dossier, ces transactions ont été réalisées alors que l’entreprise était confrontée à des difficultés d’approvisionnement et à l’insécurité croissante dans la région. Les sommes versées auraient été destinées à des groupes armés, dont l’État islamique, comme l’a révélé l’enquête judiciaire menée par les autorités françaises.
Une incarcération de six semaines suivie d’une libération sous contrôle
Mi-avril 2026, Bruno Lafont et Christian Herrault, parmi les neuf condamnés, ont été placés en détention provisoire après leur condamnation. Leur incarcération a duré plus de six semaines, jusqu’à ce que leur avocat dépose, mi-mai, une demande de mise en liberté provisoire auprès de la cour d’appel de Paris. Cette demande visait à leur permettre d’attendre le procès en appel dans des conditions moins restrictives, comme le précise BFM Business.
La cour a finalement statué en leur faveur, leur accordant une libération sous contrôle judiciaire. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire qui reste en cours, avec un nouveau procès en appel dont les modalités restent à définir. Les neuf condamnés, désormais libres sous conditions, restent sous surveillance judiciaire en attendant cette échéance.
Les implications d’un verdict historique
Cette affaire marque un tournant dans la gestion des risques industriels à l’étranger, notamment dans des zones de conflit. Le groupe Lafarge, aujourd’hui intégré au géant Holcim, a été mis en cause pour avoir privilégié la continuité de son activité économique au détriment du respect des sanctions internationales contre le financement du terrorisme. Les peines prononcées en première instance reflètent la gravité des faits reprochés, même si les condamnés conservent la possibilité de faire appel.
Les répercussions de cette décision dépassent le cadre judiciaire. Elles soulèvent des questions sur la responsabilité des entreprises opérant dans des environnements instables, ainsi que sur les mécanismes de contrôle interne mis en place pour prévenir de telles dérives. Les autorités françaises ont depuis renforcé les dispositifs de surveillance des filiales à l’étranger, une mesure qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs industriels.
Enfin, le groupe Lafarge, désormais intégré à Holcim, pourrait faire l’objet de nouvelles investigations internes ou externes pour évaluer sa responsabilité dans cette affaire et mettre en place des mesures correctives.
Les neuf condamnés libérés doivent respecter des mesures strictes, telles que l’obligation de se présenter régulièrement aux autorités judiciaires, l’interdiction de quitter le territoire sans autorisation préalable, et le respect d’un contrôle judiciaire imposé par la cour d’appel de Paris. Ces conditions visent à garantir leur présence lors du procès en appel.