L’ancien maire de Tréogan, dans les Côtes-d’Armor, a comparu ce 18 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, où il était jugé pour faux et usage de faux en écriture publique ainsi que pour une tentative d’escroquerie. Thierry Dahirel, en poste de 2021 à 2024, n’était pas présent à l’audience, comme le rapporte Ouest France.

La décision des magistrats est attendue pour le 8 septembre 2026. Ce procès met en lumière les soupçons de détournement de fonds publics pendant son mandat municipal, un dossier qui avait été signalé par les services de l’État.

Ce qu’il faut retenir

  • Thierry Dahirel, maire de Tréogan de 2021 à 2024, était jugé ce 18 juin 2026 pour faux et usage de faux ainsi que pour une tentative d’escroquerie.
  • Il n’était pas présent à l’audience devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.
  • Les magistrats rendront leur verdict le 8 septembre 2026.
  • L’affaire porte sur des soupçons de détournement de fonds communaux.

Un procès dans un contexte de surveillance accrue des finances municipales

Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc a examiné les chefs d’accusation contre Thierry Dahirel, un dossier qui s’inscrit dans un contexte de vigilance renforcée sur la gestion des deniers publics par les collectivités locales. Selon Ouest France, les investigations ont révélé des irrégularités dans la comptabilité de la commune de Tréogan, notamment des écritures falsifiées destinées à masquer des dépenses personnelles.

Les faits reprochés remontent à la période où l’accusé était encore en fonction. Les enquêteurs ont mis en évidence des virements suspects, des notes de frais gonflées et des pièces justificatives modifiées, autant de pratiques qui ont alerté la préfecture des Côtes-d’Armor.

Des méthodes jugées sophistiquées par les enquêteurs

Les investigations menées par la police judiciaire et la chambre régionale des comptes ont permis de reconstituer le mécanisme présumé de détournement. Les magistrats ont souligné la complexité des falsifications, qui ont nécessité plusieurs mois d’enquête pour être démêlées. « Les documents falsifiés étaient particulièrement bien exécutés », a indiqué un procureur adjoint lors des débats.

Parmi les pièces incriminées figurent des factures de prestataires extérieurs, dont certaines avaient été modifiées après coup pour justifier des paiements vers des comptes personnels. Les sommes détournées pourraient s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon des sources proches du dossier.

L’accusé absent, la défense représentée par un avocat

Thierry Dahirel n’a pas assisté à l’audience du 18 juin, une absence qui a été notée par les juges. Son avocat, présent en son nom, a plaidé pour un renvoi de l’affaire, arguant du manque de temps pour préparer la défense. La demande a été rejetée, et les débats se sont poursuivis en son absence.

« Mon client est aujourd’hui en déplacement professionnel et ne peut se libérer », a expliqué Me Dupont, son défenseur. Les magistrats ont rappelé que l’accusé avait été régulièrement convoqué et informé de la date du procès.

Et maintenant ?

Si les juges rendent un verdict de culpabilité, Thierry Dahirel encourt des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende pour faux et escroquerie. La décision, attendue le 8 septembre, pourrait aussi ordonner des réparations financières au profit de la commune de Tréogan.

Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle l’importance des contrôles internes dans les petites communes, où les moyens de surveillance sont parfois limités. La préfecture des Côtes-d’Armor a déjà annoncé qu’elle renforcerait les audits sur les communes de moins de 1 000 habitants.

Dans l’attente du jugement, la mairie de Tréogan, désormais dirigée par un nouveau maire, a mis en place des procédures de vérification complémentaires pour éviter de nouveaux détournements.

Si Thierry Dahirel est condamné, il pourra faire appel dans un délai d’un mois. La commune de Tréogan pourra également engager des poursuites civiles pour récupérer les fonds détournés. La préfecture des Côtes-d’Armor a par ailleurs annoncé un audit systématique des comptes des communes dirigées par d’anciens maires mis en cause pour des faits similaires.