Une exposition à Villeurbanne met en lumière les œuvres de deux artistes contemporaines majeures, Mire Lee et Pipilotti Rist, dans un dialogue où l’anatomie et la violence deviennent des terrains d’exploration communs. Selon Libération, cette manifestation artistique, présentée à la Biennale d’art contemporain, propose une réflexion sur le corps à travers des sculptures crépusculaires et des vidéos délurées.

Ce qu'il faut retenir

  • L’exposition se tient à Villeurbanne, au cœur de la Biennale d’art contemporain, jusqu’au 28 septembre 2026.
  • Elle rassemble les œuvres de Mire Lee, artiste sud-coréenne connue pour ses sculptures organiques et perturbantes, et de Pipilotti Rist, plasticienne suisse célèbre pour ses vidéos psychédéliques et engagées.
  • Les deux artistes explorent le rapport au corps humain, entre attraction et répulsion, dans un parcours conçu comme un labyrinthe sensoriel.
  • Le thème central interroge la frontière entre beauté et violence, à travers des œuvres qui jouent sur les échelles et les matières.
  • L’exposition est organisée par le Musée d’art contemporain de Lyon en collaboration avec des institutions culturelles locales.

Un dialogue artistique entre deux univers distincts

Mire Lee, originaire de Corée du Sud, est reconnue pour ses installations où se mêlent chair, fluides et structures métalliques, créant un univers à la fois poétique et dérangeant. Ses œuvres, souvent monumentales, invitent le visiteur à une immersion dans un corps à corps entre organique et artificiel. De son côté, Pipilotti Rist, artiste suisse dont le travail est exposé dans les plus grands musées internationaux, propose des vidéos où le corps féminin est célébré, mais aussi parfois malmené par des images provocatrices ou oniriques.

À Villeurbanne, les deux univers se rencontrent dans un parcours conçu comme un labyrinthe où le visiteur est invité à se perdre entre ces visions opposées mais complémentaires. Selon les organisateurs, cette confrontation vise à interroger la perception que l’on a de son propre corps, mais aussi des corps des autres, dans une société où l’image et la violence sont omniprésentes. « On a voulu créer un espace où les œuvres dialoguent entre elles, sans hiérarchie », a précisé la commissaire d’exposition, Sophie Kaplan.

Le corps, entre fascination et malaise

Les œuvres de Mire Lee, souvent réalisées à partir de silicones, de liquides et de structures métalliques, évoquent des organes internes ou des blessures ouvertes. Elles suscitent une forme de fascination mêlée de répulsion, poussant le spectateur à s’interroger sur la frontière entre vie et mort, beauté et monstruosité. Quant aux vidéos de Pipilotti Rist, elles jouent sur la déformation des corps, les couleurs saturées et les mouvements fluides pour évoquer, parfois avec humour, parfois avec une certaine brutalité, la relation complexe que l’on entretient avec son propre corps.

Dans ce labyrinthe, le visiteur est confronté à des sensations contradictoires : attirance pour la beauté des formes, mais aussi malaise face à la violence sous-jacente. « Ce qui nous intéresse, c’est la manière dont ces œuvres nous renvoient à notre propre vulnérabilité », a expliqué Kaplan. « On ne cherche pas à choquer, mais à provoquer une réflexion honnête sur ce que signifie être un corps dans le monde d’aujourd’hui. »

Une exposition ancrée dans l’actualité artistique

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon, un événement majeur du calendrier culturel français qui attire chaque année des milliers de visiteurs. L’édition 2026 met l’accent sur les artistes émergents et établis dont le travail interroge les enjeux sociétaux contemporains, à commencer par la relation au corps et à l’identité. Comme le souligne Libération, cette exposition s’adresse aussi bien aux amateurs d’art qu’au grand public, grâce à une scénographie accessible et immersive.

Parmi les autres artistes présentés dans la Biennale, on retrouve Julie Curtiss et Kader Attia, dont les œuvres complètent cette réflexion sur la corporéité et la violence structurelle. « Villeurbanne est un choix symbolique », a rappelé Emmanuel Daydé, directeur du Musée d’art contemporain de Lyon. « C’est une ville où l’art contemporain est ancré dans le quotidien, et où les questions de corps et d’identité sont particulièrement prégnantes. »

Et maintenant ?

L’exposition « Corps à corps » se poursuit jusqu’au 28 septembre 2026, avec des visites guidées et des ateliers ouverts au public. Une programmation parallèle, incluant des rencontres avec les artistes et des projections de films, est prévue tout au long de la Biennale. Les organisateurs espèrent attirer un public varié, tout en suscitant des débats autour des thèmes abordés. Les retours des premiers visiteurs, majoritairement positifs, pourraient inciter d’autres institutions à s’emparer de ces questions dans les mois à venir.

Reste à voir si cette exposition marquera un tournant dans la réception de l’œuvre de Mire Lee et Pipilotti Rist en France, ou si elle restera une parenthèse artistique éphémère. Une chose est sûre : son approche audacieuse et sans concession laisse peu de place à l’indifférence.

L’exposition aborde des thèmes forts, notamment à travers les œuvres de Mire Lee qui évoquent des organes et des blessures. Cependant, la scénographie est conçue pour guider le visiteur dans une réflexion plutôt que dans un choc gratuit. Des panneaux d’avertissement sont présents à l’entrée, et un médiateur est disponible pour répondre aux questions.