Le chef de l’État a récemment suscité la polémique en affirmant que l’épicentre de la langue française se situait désormais « sur le bassin du fleuve Congo » plutôt que « sur les quais de la Seine ». Une déclaration prononcée lors de l’inauguration d’un campus de l’université Senghor en Égypte, sous les applaudissements d’un public conquis. Selon Le Figaro, cette sortie reflète une vision du rayonnement international de la langue française, mais aussi une reconnaissance implicite du déclin démographique de la population francophone historique.

Dans une chronique publiée ce vendredi 15 mai 2026, l’éditorialiste Ferghane Azihari interroge la portée de ces propos. Pour lui, derrière l’apparente célébration de l’expansion mondiale du français se cache une forme de résignation face à la place de la France sur la scène internationale. Une analyse qui s’inscrit dans un débat plus large sur l’influence culturelle et politique de l’Hexagone, notamment en Afrique.

Ce qu'il faut retenir

  • Emmanuel Macron a déclaré, lors de l’inauguration d’un campus de l’université Senghor en Égypte, que « l’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo » plutôt que sur les quais de la Seine, soulignant le nombre croissant de locuteurs francophones en Afrique subsaharienne.
  • Cette affirmation, accueillie par des applaudissements, a été perçue comme une reconnaissance du relatif déclin démographique de la population francophone en Europe, notamment en France.
  • Ferghane Azihari y voit une forme de « joie secrète » face à l’abaissement de l’influence française, dans une chronique publiée par Le Figaro ce 15 mai 2026.

Une déclaration qui interroge le rayonnement du français

« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs », a déclaré Emmanuel Macron, souriant, devant un parterre de personnalités. Selon Le Figaro, cette phrase, à double sens, célèbre autant la vitalité du français en Afrique que la réduction de son ancrage historique en Europe. Une ambiguïté qui n’a pas manqué de susciter des interprétations divergentes.

Pour certains observateurs, cette déclaration illustre la volonté de Paris de s’adapter à une réalité démographique où l’Afrique subsaharienne compte désormais le plus grand nombre de francophones. Pour d’autres, elle révèle une forme de fatalisme face à la montée en puissance d’autres puissances linguistiques et culturelles, comme l’anglais ou l’arabe, dans les anciennes colonies françaises.

Un constat qui rappelle des siècles de domination culturelle européenne

L’historien des Lumières Jaucourt écrivait au XVIIIe siècle : « L’Europe est la plus petite des quatre parties du monde, mais elle est parvenue à un si haut degré de puissance que l’histoire n’a presque rien à lui comparer là-dessus ». Une époque où le Vieux Continent, fort de sa démographie et de son hégémonie, imposait ses normes sans contestation. Aujourd’hui, cette domination s’effrite, et la France, autrefois puissance coloniale majeure, doit composer avec une nouvelle donne géopolitique.

Ferghane Azihari rappelle, dans sa chronique, une citation de Rivarol : « Quand on arrive chez un peuple, et qu’on y trouve la langue française, on peut se croire chez un peuple poli ». Une époque révolue où le français symbolisait l’élégance et la civilisation. Désormais, son avenir se joue davantage en Afrique qu’en Europe, où son usage recule face à la montée de l’anglais ou des langues locales.

L’Afrique, nouveau terrain de jeu de la diplomatie française

Emmanuel Macron cultive depuis plusieurs années un « domaine réservé » africain, multipliant les initiatives pour renforcer les liens culturels et économiques avec le continent. L’inauguration du campus de l’université Senghor en Égypte s’inscrit dans cette stratégie, visant à positionner la France comme un acteur clé dans l’enseignement supérieur francophone. Pourtant, cette approche suscite des débats au sein même de la classe politique française.

Certains y voient une opportunité de renforcer l’influence française sur un continent en pleine croissance démographique. D’autres, comme Ferghane Azihari, y décèlent une forme de renoncement, où la France accepterait de devenir une « province » culturelle et politique de l’Afrique, plutôt que de défendre son héritage européen.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de cette stratégie seront observées de près, notamment lors du sommet France-Afrique prévu en octobre 2026. Plusieurs observateurs s’interrogent sur la capacité de Paris à concilier son ambition culturelle et les réalités d’un continent où l’influence française n’est plus hégémonique. La question de l’avenir du français comme langue mondiale restera un enjeu central, tant pour la France que pour ses partenaires africains.

Reste à voir si cette déclaration d’Emmanuel Macron marquera un tournant dans la politique linguistique française, ou si elle restera un simple constat, sans lendemain. Une chose est sûre : le débat sur la place de la France dans un monde où l’Afrique gagne en influence ne fait que commencer.

La phrase du président français a été perçue comme une reconnaissance du déclin relatif de la francophonie en Europe, au profit de l’Afrique. Elle a également soulevé des questions sur la stratégie culturelle de la France, certains y voyant une forme de renoncement face à l’émergence de nouvelles puissances linguistiques et géopolitiques.