À partir de ce 16 avril, les hommes traités contre la calvitie avec du finastéride devront obtenir une attestation signée de leur médecin pour renouveler leur ordonnance. Cette mesure, annoncée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), vise à renforcer l’information des patients sur les risques psychiatriques et sexuels associés à ce médicament, selon Franceinfo - Santé.
Ce qu'il faut retenir
- 30 000 hommes en France utilisent le finastéride à 1 mg pour lutter contre l’alopécie.
- L’attestation, cosignée par le médecin et le patient, devra être présentée en pharmacie pour tout renouvellement d’ordonnance.
- L’ANSM a recensé 110 cas graves d’effets secondaires entre 1985 et 2024, dont un décès par suicide.
- Les effets indésirables peuvent persister jusqu’à huit ans après l’arrêt du traitement pour un quart des patients.
- Une carte d’information sera incluse dans les boîtes de médicament pour rappeler les risques encourus.
Un renforcement des mesures face aux effets secondaires graves
L’ANSM a décidé de durcir les conditions de prescription du finastéride, un traitement couramment utilisé pour ralentir la chute des cheveux. Ce médicament, qui agit en bloquant l’action de la testostérone sur les follicules pileux, expose les patients à des troubles psychiatriques et sexuels pouvant mener à des idées suicidaires. Ces effets, bien que rares, ont conduit l’agence sanitaire à prendre des mesures supplémentaires pour protéger les utilisateurs.
Dès le 16 avril, chaque patient souhaitant renouveler son traitement devra présenter en pharmacie une attestation cosignée par son médecin. Ce document atteste que le patient a été informé des risques encourus et qu’il en a pris conscience. Pour les patients déjà sous traitement, un délai supplémentaire est accordé jusqu’à la mi-juin pour régulariser leur situation.
Des effets secondaires persistants et sous-estimés
Les données recueillies par l’ANSM révèlent l’ampleur des risques associés au finastéride. Entre 1985 et 2024, 110 dossiers d’effets secondaires ont été recensés, dont deux tiers jugés graves. Parmi ces cas, un décès par suicide et trois tentatives de suicide ont été enregistrés. Les profils des patients concernés sont majoritairement des hommes jeunes, âgés en moyenne de 30 ans.
Les conséquences ne s’arrêtent pas là : la moitié des patients ayant déclaré des troubles sexuels ou psychiatriques en souffrent encore trois ans après l’arrêt du traitement. Pour un quart d’entre eux, ces effets persistent même huit ans plus tard. Ces chiffres soulignent la nécessité d’une vigilance accrue, d’autant que le finastéride reste l’un des rares traitements efficaces contre l’alopécie masculine.
Une décision qui va au-delà des recommandations européennes
En septembre 2025, l’ANSM avait déjà demandé à l’Agence européenne du médicament (EMA) de renforcer les informations fournies aux patients. Les notices des boîtes de finastéride 1 mg ont été modifiées pour inclure des avertissements sur les risques de dysfonction érectile et de baisse de libido, deux effets pouvant entraîner des troubles de l’humeur. Cependant, l’ANSM estimait que ces mesures ne suffisaient pas à réduire efficacement le risque d’idées suicidaires.
Pour pallier cette insuffisance, une carte d’information sera désormais jointe aux boîtes de médicament. Elle rappelle aux patients les symptômes à surveiller et la conduite à tenir en cas de trouble. Cette initiative s’ajoute à l’obligation de cosigner une attestation, une mesure qui n’est pas imposée au niveau européen mais jugée nécessaire par l’agence française.
« Les résultats de l’expertise de pharmacovigilance montrent que les risques psychiatriques et sexuels liés au finastéride ne doivent pas être minimisés. Une information renforcée des patients est indispensable pour limiter ces effets », a déclaré un porte-parole de l’ANSM.
Quelles alternatives pour les patients concernés ?
Face à ces contraintes, certains hommes pourraient envisager des solutions non médicamenteuses pour limiter la perte de cheveux. Les lotions topiques, les greffes capillaires ou encore le recours à des perruques et prothèses capillaires gagnent en popularité, notamment chez les jeunes générations. Ces alternatives, bien que parfois coûteuses, évitent les risques liés aux traitements pharmaceutiques.
Reste à voir si ces nouvelles mesures inciteront les patients à consulter davantage leur médecin avant de commencer ou de poursuivre un traitement à base de finastéride. Pour l’instant, l’accent est mis sur la prévention et l’information, deux piliers essentiels pour garantir la sécurité des utilisateurs.
Non, il existe plusieurs alternatives, comme les lotions à base de minoxidil, les greffes capillaires ou encore les prothèses capillaires. Chaque solution présente des avantages et des inconvénients en termes d’efficacité et de risques.
Il est recommandé de consulter immédiatement son médecin ou un professionnel de santé. L’ANSM rappelle que les effets secondaires peuvent persister plusieurs années après l’arrêt du traitement.
Pour toute question ou besoin d’écoute, des services spécialisés sont disponibles 24h/24 et 7j/7, comme la ligne Suicide écoute au 01 45 39 40 00. D’autres ressources sont accessibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.
