Près d’un quart des agents de la fonction publique envisageraient de quitter leurs postes, malgré un attachement jugé « profond et massif » à leur métier. C’est ce que révèle un récent baromètre de la CFDT, qui qualifie cette tendance de « préoccupante ». Les motifs invoqués par les agents sont multiples, allant des conditions de travail aux perspectives d’évolution professionnelle, en passant par la rémunération.

Ce qu'il faut retenir

  • 25 % des agents de la fonction publique envisageraient de démissionner, selon le baromètre 2026 de la CFDT.
  • Un attachement « profond et massif » à la fonction publique reste néanmoins constaté, malgré cette tendance.
  • Les raisons évoquées par les agents sont variées, incluant salaires, conditions de travail et perspectives d’évolution.
  • La CFDT qualifie la situation de « préoccupante » et appelle à une réflexion sur les politiques publiques.

Selon Le Monde – Politique, qui publie ces données, le syndicat met en garde contre un risque de « grande démission » dans la fonction publique. Ce phénomène, bien que latent, s’inscrit dans un contexte où les agents expriment une lassitude croissante face à des réformes successives et des contraintes budgétaires toujours plus strictes. Les résultats de ce baromètre, réalisés auprès de milliers d’agents, confirment une tendance qui préoccupe les organisations syndicales depuis plusieurs années.

Parmi les facteurs les plus souvent cités par les agents, on retrouve l’insuffisance des salaires, jugés incompatibles avec le coût de la vie actuel. Les conditions de travail, notamment la charge administrative et le manque de moyens, sont également pointées du doigt. « On constate une usure professionnelle accrue, avec des agents qui se sentent dépassés par des objectifs toujours plus ambitieux dans un cadre de plus en plus contraignant », explique un responsable syndical sous couvert d’anonymat. Le manque de perspectives d’évolution et de formations adaptées est un autre motif récurrent de mécontentement.

« L’attachement à la fonction publique reste fort, mais la lassitude gagne du terrain. Sans réponse rapide, le risque est réel de voir partir des compétences essentielles pour le service public. »
Un porte-parole de la CFDT, selon Le Monde – Politique

Ce baromètre intervient dans un contexte où le gouvernement a annoncé plusieurs réformes visant à moderniser la fonction publique, notamment en matière de gestion des ressources humaines. Pourtant, les syndicats dénoncent un manque de concertation et des mesures perçues comme défavorables aux agents. La CFDT, qui représente près de 1,6 million de fonctionnaires, a d’ailleurs appelé à une mobilisation pour défendre les droits des agents, sans exclure la possibilité de grèves si les revendications ne sont pas entendues.

Les résultats de cette enquête soulignent également une fracture générationnelle au sein de la fonction publique. Les agents les plus jeunes, souvent moins attachés à l’idée de carrière à vie dans la fonction publique, seraient plus enclins à envisager un départ vers le secteur privé. À l’inverse, les agents expérimentés, bien que critiques, restent majoritairement attachés à leur métier, malgré les difficultés. « Il y a une sorte de découragement chez les nouveaux entrants, qui voient peu d’opportunités d’évolution ou de reconnaissance », confie un jeune fonctionnaire interrogé par Le Monde – Politique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour les négociations entre le gouvernement et les syndicats. Une réunion est prévue d’ici la fin du mois de mai 2026 pour évoquer les revendications des agents, notamment sur les salaires et les conditions de travail. La CFDT a d’ores et déjà prévenu qu’elle n’excluait pas de recourir à des actions plus radicales si aucune avancée concrète n’est constatée. Par ailleurs, le gouvernement devrait dévoiler d’ici l’été un plan de revalorisation des carrières, dont les contours restent encore flous.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser la tendance ou si, au contraire, la crise de confiance s’aggravera. Une chose est sûre : la fonction publique, pilier de l’État, ne peut se permettre de perdre massivement ses agents sans risquer un affaiblissement durable de ses missions.

Les agents citent principalement l’insuffisance des salaires, les conditions de travail difficiles, le manque de perspectives d’évolution et la charge administrative accrue. La lassitude face aux réformes successives est également un facteur clé.