Lionel Messi, octuple Ballon d’or encore sous contrat avec l’Inter Miami à 39 ans, a fait l’acquisition ce jeudi 16 avril 2026 de l’UE Cornellà, un club de cinquième division espagnole évoluant en périphérie de Barcelone, selon RMC Sport. Une initiative qui s’inscrit dans une tendance croissante où des joueurs en activité diversifient leurs investissements dans le monde du football en prenant des parts dans des clubs, parfois modestes, parfois plus ambitieux.

Ce qu'il faut retenir

  • Lionel Messi devient propriétaire de l’UE Cornellà (D5 espagnole) pour « dynamiser son développement sportif et institutionnel ».
  • Kylian Mbappé a racheté le SM Caen à l’été 2024, un investissement marqué par une descente en National et des tensions avec les supporters.
  • Thibaut Courtois, Novak Djokovic et Felipe Massa figurent parmi les actionnaires du Mans FC (Ligue 2).
  • Vinicius Junior a investi au FC Alverca (Portugal), promu en élite en 2025, tandis que Luka Modrić est copropriétaire de Swansea (Championship).
  • L’économiste Jean-Pascal Gayant explique cette tendance par la recherche de diversification des actifs par les footballeurs fortunés.

Des joueurs-actionnaires en quête de nouveaux défis

Le profil de Lionel Messi s’ajoute à une liste déjà fournie de footballeurs en activité impliqués dans la gestion ou la propriété de clubs. En France, Kylian Mbappé reste l’exemple le plus médiatisé depuis son rachat du SM Caen à l’été 2024. Son passage à la tête du club normand a été marqué par une descente en National 1, des tensions avec une partie des supporters et des déclarations publiques, comme son clash avec le rappeur Orelsan, figure locale du club.

Au Real Madrid, plusieurs joueurs ont également franchi le pas. Thibaut Courtois a rejoint cette année le capital du Mans FC, troisième de Ligue 2, aux côtés d’autres personnalités comme Novak Djokovic, Felipe Massa ou encore le pilote de F1 Kevin Magnussen. De son côté, Vinicius Junior a choisi le Portugal en investissant début 2025 dans le FC Alverca, promu en première division lors de la saison 2025-2026. Plus surprenant encore, Luka Modrić, légende du Real, est devenu copropriétaire minoritaire de Swansea, club gallois évoluant en Championship, depuis avril 2025.

Des investissements variés, de l’Europe à l’Afrique

Les choix de cibles reflètent des stratégies personnelles. Moussa Dembélé, passé par l’OL et désormais en Arabie saoudite, a opté pour le FK Minija Kretinga en Lituanie. N’Golo Kanté a surpris en 2023 en rachetant le Royal Excelsior Virton, pensionnaire de Division 3 belge, tandis que Sadio Mané a pris les rênes du Bourges Foot 18 (National 2). Son coéquipier en sélection sénégalaise, Kalidou Koulibaly, a rejoint le projet du CS Sedan Ardennes, évoluant en Régional 1. Ces initiatives rappellent celle de Gerard Piqué, champion du monde en 2018, qui avait racheté le FC Andorra alors qu’il était encore joueur au FC Barcelone.

Cristiano Ronaldo, quant à lui, a pris 25 % du capital de l’UD Almería en mars 2026, quelques semaines seulement après l’arrivée de Messi à Cornellà. Ces mouvements illustrent une tendance où les stars du ballon rond cherchent à s’investir dans des structures qu’elles affectionnent, parfois en dehors de leur pays d’origine.

Pourquoi investir dans un club de football ?

L’attrait des joueurs pour les clubs de football s’explique en partie par une logique de diversification patrimoniale. Comme l’a analysé Jean-Pascal Gayant, économiste spécialisé dans le sport, auprès du Monde en 2024 : « Il y a quarante ans, les joueurs de football étaient beaucoup moins payés. Pour préparer leurs carrières post-professionnelles, ils achetaient généralement des restaurants ou des bars. Désormais, ceux qui ont accumulé beaucoup d’argent se positionnent naturellement comme des investisseurs et diversifient leur portefeuille en achetant de l’immobilier, des actions dans des entreprises et en investissant dans le champ du spectacle sportif. »

Il ajoute : « Avec l’augmentation des ventes de clubs et une progression des revenus au sein de ces institutions, le secteur économique du sport est attractif malgré les rares bénéfices que retirent les investisseurs. » Cette attractivité s’explique aussi par l’effet de notoriété et l’opportunité de laisser une trace dans un univers qui les a portés au sommet. Le football, par son ampleur médiatique, offre une visibilité immédiate, bien au-delà de la simple rentabilité financière.

« C’est une opportunité passionnante. Swansea a une identité forte, une communauté de supporters incroyable et l’ambition de rivaliser au plus haut niveau. »
— Luka Modrić, copropriétaire de Swansea, avril 2025

Les prochains noms à surveiller

La liste des footballeurs en activité susceptibles de s’engager dans ce type de projet pourrait s’allonger dans les mois à venir. Sergio Ramos, 40 ans et toujours actif malgré un départ progressif du haut niveau, est régulièrement cité par la presse espagnole comme le prochain investisseur majeur. Plusieurs médias évoquent son implication dans un groupe d’investisseurs pressenti pour racheter le Séville FC, club où il a débuté avant de rejoindre le Real Madrid. Une opération qui marquerait une nouvelle étape dans cette tendance.

Cette dynamique soulève des questions sur l’impact réel de ces investissements. Si l’objectif affiché est souvent sportif, les résultats concrets peinent parfois à suivre. À Caen, la descente en National a relancé les débats sur la capacité des joueurs à gérer des clubs en difficulté. À Swansea, malgré le soutien de Modrić, le club reste englué dans le ventre mou de Championship, malgré les 21 buts de Zan Vipotnik, ancien Bordelais, lors de la saison en cours.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient apporter des éléments de réponse sur la pérennité de ces investissements. À Caen, Mbappé a désormais deux saisons pour prouver que son engagement peut inverser la tendance. À Cornellà, Messi pourrait s’appuyer sur ses réseaux pour attirer des talents et structurer un projet ambitieux. Quant à Swansea, la saison 2026-2027 sera déterminante pour évaluer l’influence de Modrić sur les performances sportives. Une chose est sûre : la mode des joueurs-actionnaires est loin d’être terminée, et le football pourrait bien voir émerger de nouveaux visages dans les mois à venir.

Reste à savoir si ces initiatives se traduiront par un renouveau sportif ou resteront avant tout des placements symboliques pour des athlètes en quête de nouveaux horizons.

Les avantages sont multiples : visibilité médiatique accrue grâce à la notoriété du joueur, accès potentiel à un réseau international de contacts (agents, sponsors, autres joueurs), et une crédibilité renforcée auprès des supporters et des institutions locales. Certains clubs misent aussi sur l’effet d’entraînement pour attirer des talents ou des investisseurs complémentaires. Cependant, ces avantages ne garantissent pas nécessairement une amélioration sportive ou financière immédiate, comme en témoignent certains exemples récents.

La rentabilité n’est pas toujours au rendez-vous, car la majorité des clubs de divisions inférieures ou moyennes affichent des bilans financiers fragiles. Les joueurs y voient surtout un placement à long terme, une diversification de leur patrimoine ou une manière de s’investir dans une passion. Certains clubs, comme Almería avec Ronaldo, pourraient générer des plus-values à la revente, mais cela reste exceptionnel. L’enjeu est davantage symbolique et stratégique qu’économique.