Des supportrices venues encourager les Girondins de Bordeaux lors d’un match de National 2 à Bayonne, samedi 3 mai 2026, dénoncent des fouilles jugées abusives et humiliantes à l’entrée du stade Jean-Dauger. Selon Franceinfo - Sport, plusieurs témoignages recueillis par ICI Gironde évoquent des palpations allant jusqu’aux parties intimes, ainsi que des actes décrits comme « dégradants » par les victimes. L’association Her Game Too, spécialisée dans la lutte contre le sexisme dans le sport, recense une vingtaine de signalements sur sa plateforme en ligne, dont deux concernant des mineures. Certaines victimes ont d’ores et déjà indiqué leur intention de porter plainte.

Ce qu'il faut retenir

  • Une vingtaine de femmes, dont deux mineures, dénoncent des fouilles abusives lors du match Girondins de Bordeaux-Bayonne à Jean-Dauger le 3 mai 2026.
  • Plusieurs témoignages évoquent des palpations jugées humiliantes, allant jusqu’aux parties intimes et à la poitrine.
  • L’association Her Game Too a recensé ces signalements sur sa plateforme, tandis que les Ultramarines Bordeaux 1987 appellent à une action commune.
  • Les Girondins de Bordeaux affirment suivre la situation et réclament une enquête rapide.

Des témoignages accablants sur les contrôles à l’entrée du stade

Plusieurs supportrices, dont Sophie* (prénom modifié), mère d’une adolescente de 15 ans, décrivent des scènes traumatisantes lors des contrôles policiers à l’entrée du stade Jean-Dauger. Sophie raconte que sa fille « s’est effondrée en larmes » après avoir subi des palpations invasives de la part d’une policière. « Elle a carrément mis la main dans le pantalon [de ma fille] et a fait tout le tour de sa taille avec la main toujours à l’intérieur. Elle lui a aussi soulevé le t-shirt avant de lui toucher la poitrine », précise-t-elle. De son côté, Maëva Lagarde, supportrice et ambassadrice de Her Game Too, évoque une CRS qui « s’est permise de rester assez longtemps au niveau de [sa] poitrine avec des mains dans le soutien-gorge ».

L’association Her Game Too et les Ultramarines Bordeaux 1987 mobilisées

L’association Her Game Too, qui lutte contre le sexisme dans le sport, a recensé une vingtaine de signalements depuis samedi via sa plateforme en ligne. Deux mineures figurent parmi les victimes. « Certaines parlent de palpations exagérées jusqu’aux parties intimes », souligne l’Ultramarines Bordeaux 1987, une association de supporters dont plusieurs jeunes femmes sont membres. Dans un message publié sur X le 5 mai 2026, le groupe appelle à la mobilisation : « Nous invitons toutes les personnes ayant été victimes de ces agissements scandaleux à nous écrire à l’adresse [email protected] afin d’envisager une action commune. Nous nous tenons aux côtés des victimes et leur apporterons tout le soutien nécessaire. »

Le club et les autorités face aux accusations

Contactés par Franceinfo - Sport, les Girondins de Bordeaux indiquent suivre « de très près la situation » et espèrent que « toute la lumière sera rapidement faite ». Du côté des autorités, aucune réaction officielle n’a encore été communiquée concernant ces allégations. Les associations et les victimes appellent désormais à une enquête transparente pour établir les responsabilités et éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Et maintenant ?

Plusieurs victimes ont annoncé leur intention de déposer plainte, ce qui pourrait entraîner des poursuites judiciaires dans les prochaines semaines. L’association Her Game Too et les Ultramarines Bordeaux 1987 devraient publier un bilan plus détaillé d’ici la fin du mois, tandis que les Girondins de Bordeaux pourraient prendre des mesures internes si les enquêtes confirment les abus. Une conférence de presse ou une déclaration officielle des autorités locales ou du ministère de l’Intérieur n’est pas exclue dans les prochains jours.

Cette affaire intervient dans un contexte où le sexisme dans le sport reste un enjeu majeur, comme en témoignent les récents travaux de Her Game Too. Selon une enquête publiée en 2024, près d’une femme sur six a déjà subi un comportement inapproprié dans une salle de sport.

Her Game Too agit comme un relais pour recueillir les témoignages et orienter les victimes vers des recours juridiques. Les Ultramarines Bordeaux 1987, quant à eux, jouent un rôle de soutien moral et logistique en appelant à une mobilisation collective. Les deux structures ne disposent pas de pouvoir judiciaire, mais leur action vise à amplifier la pression pour obtenir des réponses.

Le club a indiqué suivre « de très près la situation » et espère que « toute la lumière sera rapidement faite ». Aucune mesure concrète n’a été annoncée pour l’instant, mais une déclaration plus détaillée pourrait intervenir dans les prochains jours, notamment si les plaintes déposées apportent des éléments nouveaux.